Le 7° astronaute, John W. Young, est né le 24 septembre 1930 à San Francisco (Terre). En 1952, il obtient sa licence en ingénierie aéronautique du
Georgia Institute of Technology et devient ingénieur. Il s’engage ensuite dans la Navy et navigue sur le destroyer USS Laws pendant la guerre de Corée. Après un stage de pilote d’essai à l’US
Navy Test Pilot School, Young est affecté au Naval Air Test Center de 1959 à 1962. Il participe aux essais du chasseur F8D Crusader et du F4B Phantom. C’est aux commandes de ce dernier appareil
qu’il établit en 1962, des records du monde de vitesse pour atteindre les altitudes de 3 000 m et de 25 000 m.
En septembre 1962, Young est admis dans la 2ème équipe d’astronautes à l’âge de 32 ans. C’est un homme tranquille qui parle peu, connu pour son sens de l’humour. Il aime le surf et la bicyclette, la lecture et le jardinage.
Le 23 mars 1965, Young à bord de Gemini 3 (3,22 tonnes/5,74 mètres), accomplit un 1er vol de 4 h 52 mn autour de la Terre, en compagnie de Grissom.
C’est le premier essai habité de la nouvelle cabine et pour la première fois, un engin spatial effectue des changements d’orbite. Lors d’un repas, Young présente à un Grissom stupéfait et amusé, son sandwich préféré au corned beef, embarqué clandestinement grâce à la complicité de Schirra. Au retour, le parachute principal s'ouvre si brutalement que Young cogne son hublot où la visière de son casque se fend, tandis que Grissom heurte un bouton de commande qui s'enfonce dans son casque.
La capsule amerrit la tête en bas sur une mer houleuse et loin du porte-avions de récupération. Elle s’enfonce sous l’eau, se redresse
et ballotte sur des vagues d’un mètre cinquante de haut. " Ce machin, c’est pas un bateau " commente Young.
Du 18 au 21
juillet 1966, Young réalise sa 2° mission de 2 j 22 h 46 mn à bord de Gemini 10 (3,75 tonnes) autour de la Terre, avec Collins. Il amarre la cabine à l’étage-fusée
Agena 10 mais la poursuite a consommé les 2/3 du carburant.
Pour économiser le tiers
restant, Young doit annuler les autres arrimages et on décide de laisser la capsule amarrée à l’Agena 10 dont les moteurs seront utilisés aussi longtemps que possible. Comme prévu au
départ, ils sont mis à feu pour propulser l’ensemble Agena-Gemini à une altitude record de 763 km.
L’équipage redescend ensuite pour un rendez-vous avec Agena 8. Auparavant, Collins effectue une
sortie, debout sur son siège. Il prend des photos, mais il est contraint d’interrompre sa sortie au bout de 49 mn. Lui et Young ont une irritation des yeux et respirent l’odeur âcre du hydroxyde
de lithium qui s’est infiltré dans le système d’oxygène de leur combinaison. On envisage un retour avant que la situation redevienne normale grâce à une augmentation de
l’oxygène dans la cabine. Puis, Young se désarrime d’Agena 10 et se positionne au-dessus d’Agena 8 afin de permettre à Collins de sortir pour détacher sur l’étage-fusée, un piège à poussière
météoritique qu’il ne peut pas remplacer. Young demande à Collins de rentrer après 39 mn car le vol en formation avec Agena consomme trop de carburant. Dans la précipitation, il échappe la
caméra.
Du 18 au 26 mai 1969, Young effectue son 3° vol de 8 j 3 mn à bord d’Apollo 10 (42,77 tonnes/18,12 mètres), en compagnie de Stafford et Cernan. Il met en orbite
lunaire le vaisseau pour une durée record de 2 j 13 h 37 mn. Stafford et Cernan préparent leur module lunaire (LM) et constatent que son collier d’amarrage a subi un vrillage de 3°. Les
astronautes doivent annuler l’unique essai du LM autour de la Lune si la torsion s’accentue et dépasse 6°.
Elle reste fixe et le LM se détache à 112 km d’altitude. Young avertit ses compagnons " Attention,
grand-frère vous surveille…amusez-vous bien tous les deux mais surtout n’acceptez aucun rendez-vous galant en cours
de route ". Un contrôleur demande à Young si la séparation a bien eu lieu. Il lui
répond " Ils volent tellement bas qu’ils soulèvent la poussière sur leur passage ". Une dernière orbite amène le LM jusqu’à 15 km du sol lunaire comme prévu. Mais alors que l’équipage
va larguer l’étage de descente, le LM est pris d’une folle rotation que Stafford et Cernan parviennent à stopper, pour éviter que l’engin ne tombe en vrille sur la Lune. Ils rejoignent à bord de
l’étage de remontée la cabine Apollo, après un vol de 8 h 10.
Du 16 au
27 avril 1972, Young accomplit son 4° voyage de 11 j 1 h 51 mn à bord d’Apollo 16 (46,73 tonnes/18,12 mètres), avec Duke et Mattingly. Le vaisseau se met en orbite autour de la
Lune. Young et Duke dans le LM (6,98 mètres, hauteur identique à celle du Soyouz soviétique) se séparent de la cabine Apollo occupée par Mattingly qui se prépare à allumer le moteur pour
circulariser l’orbite.
Il signale alors que le circuit 2 d’orientation du moteur est défaillant. On demande à l’équipage du LM de revenir près de la cabine Apollo. Mattingly et les techniciens se dépêchent de comprendre la panne avant d’utiliser le circuit 1, sinon le site d’atterrissage ne sera plus accessible et les moteurs du LM devront servir pour la désatellisation. C’est un clapet qui est responsable et le circuit 1 est donc mis en service. Young et Duke descendent et se posent dans la région du cratère Descartes. C’est le 5° atterrissage et Young devient le 9° piéton lunaire.
L’équipage installe la station scientifique Alsep, parcourt 27 km en jeep et ramasse 94 kg de roches. Les trois sorties totalisent 20 h 14 mn. Young et Duke décollent après un séjour
record de 2 j 23 h 02 mn, pour rejoindre Mattingly. En raison du problème survenu sur le circuit 2 du moteur qui pourrait intervenir sur le circuit 1, Apollo quitte l’orbite lunaire un jour plus
tôt, après un temps record de 5 j 5 h 46 mn. Sur le trajet Lune-Terre, Mattingly effectue une sortie de 1 h 24 mn pour récupérer les cassettes des photos et des expériences, situées dans le
module de service d’Apollo…
En 1974, Young est nommé Chef du Bureau des Astronautes.
Du 12 au 14
avril 1981, Young réalise sa 5° mission (Une première) de 2 j 6 h 20 mn à bord de la Navette Columbia (STS 1 : 99,45 tonnes/37,28 mètres) autour de la Terre, en compagnie de
Crippen. C’est la première fois qu’un engin habité est lancé sans avoir été testé à vide. C’est aussi le premier vol d’un vaisseau réutilisable.
Une fois en
orbite, l’équipage s’aperçoit que 17 tuiles de protection des carénages des moteurs orbitaux ont été endommagées ou arrachées mais elles ne sont pas critiques pour la rentrée. Young et Crippen
doivent attendre une journée pour avoir l’assurance que le revêtement ventral n’a pas souffert, grâce aux très puissantes caméras d’observation de l’Armée de l’Air.
Du 28 novembre
au 8 décembre 1983, Young effectue son 6° et dernier vol (Une première) de 10 j 7 h 47 mn à bord de Columbia (STS 9 : 112,17 tonnes) autour de la Terre. Elle emporte pour la
première fois cinq autres astronautes : Shaw, Garriott, Parker, Lichtenberg, l’Allemand de l’Ouest Merbold et le laboratoire européen Spacelab.
Avant la désatellisation, deux des cinq ordinateurs tombent en panne.
L’équipage remet en marche le calculateur n° 2 et on décide de prolonger la mission pour réparer le n° 1 et vérifier si les systèmes pour le retour ne sont pas touchés. Young pose
Columbia sans que la réparation de l’ordinateur n° 1 ait réussi et au moment où le n° 2 retombe en panne.
En 1985, Young est nommé commandant de la Navette qui emportera le télescope Hubble mais l’explosion de Challenger en 1986 reporte ce vol. Young se
plaint publiquement des compromis dans la sécurité des équipages. Il doit quitter en 1987 son poste de Chef du Bureau des Astronautes. Il est nommé Assistant Spécial du Directeur du Centre de
Houston et c’est Shriver qui le remplace pour la mission Hubble de 1990. Young est désigné Directeur Associé Technique en 1996 et il part de la Nasa en décembre 2004, à 74 ans.
Les travaux de
Feoktistov lui ouvrent la porte du Bureau de Construction Expérimental dirigé par Korolev, qui devient le Directeur du programme spatial soviétique, connu sous le nom de " Constructeur en
Chef ". Il est alors affecté dans le groupe chargé de mettre au point le Spoutnik lancé le 4 octobre 1957. Début 58, Feoktistov se trouve à la tête d’une équipe de 20 jeunes ingénieurs,
avec pour mission de concevoir le futur véhicule spatial habité qui aura pour nom " Vostok ". Sans élever la voix, il fait preuve d’une considérable autorité qui l’amène à se heurter à
plusieurs reprises à la forte personnalité de Korolev qui, néanmoins, l’estime beaucoup. Artisan du développement du Vostok, Feoktistov trouve naturel de poser sa candidature pour être le premier
homme du Cosmos, mais les inconnues du vol sont si nombreuses que l’on préfère sélectionner un pilote de l’Armée de l’Air.
Du 12 au
13 octobre 1964, à bord de Voskhod 1 (5,32 tonnes/5,42 mètres), Feoktistov réalise avec succès le rêve de son enfance, son unique vol autour de la Terre en 1 j 17 mn, en
compagnie du commandant de bord Komarov et du médecin Egorov.
première fois aussi qu’un homme vole à bord d’un engin qu’il a conçu.
Feoktistov
critique durement dès 1985, Semenov, le directeur du programme de la " coûteuse " navette spatiale Bourane qui doit servir à remplacer plus tard le module central de Mir lancé en
février 86, puis à assembler et à desservir Mir 2. Il estime que les lanceurs Proton et les Soyouz peuvent effectuer ces missions, pour beaucoup moins cher. Ces opérations n’auront pas lieu, ni
avec des fusées et des Soyouz, ni avec la navette qui n’effectuera qu’un vol automatique en novembre 1988, avant l’abandon du programme.
Du 3 au
7 juin 1965, McDivitt accomplit un 1er vol de 4 j 1 h 56 mn autour de la Terre à bord de Gemini 4 (3,56 tonnes/5,42 mètres), en compagnie de White. Dès la mise en orbite, il
commence les manœuvres pour rejoindre le deuxième étage de la fusée Titan II qui a servi au lancement.
White retourne avec regret dans Gemini dont l’écoutille se ferme avec difficulté, après l’exposition du mécanisme au froid de l’Espace. Les astronautes mécontents sont donc contraints
de ne pas l’ouvrir à nouveau pour se débarrasser de l’équipement de sortie, dans une cabine déjà très encombrée. Pour économiser l’électricité de la batterie, McDivitt éteint l’ordinateur chargé
du retour automatique de Gemini. Au moment voulu, il ne se réallume pas et les astronautes doivent alors effectuer une rentrée manuelle et supporter une accélération de 8 g au lieu de 4 g avec un
amerrissage à 67 km du porte-avions de récupération.
Du 3 au
13 mars 1969, McDivitt effectue sa 2ème et dernière mission de 10 j 1 h autour de la Terre à bord d’Apollo 9 (41,34 tonnes/17,95 mètres), avec Scott et Schweickart.
C’est le premier vol du vaisseau Apollo au complet, dont le module lunaire (LM) qui ressemble à un insecte géant avec ses antennes et ses quatre pattes minces.
Le
module lunaire de 6,98 mètres piloté par McDivitt et Schweickart se sépare d’Apollo occupée par Scott qui s’exclame " Eh ! C’est une bien belle et jolie machine que la
vôtre ! ". " La vôtre de même est bien jolie, Monsieur d’Apollo " lui répond McDivitt. Le LM se met alors à balancer un moment et le vol en formation avec la cabine doit être
annulé, pour plus de sécurité. Durant le premier allumage, le moteur du module lunaire émet un étrange grognement. Inquiet, McDivitt n’augmente pas sa puissance et attend. Le bruit anormal
disparaît et il pousse davantage le moteur sans problème.
En
juin 1972, McDivitt quitte la Nasa et rentre comme Vice-président exécutif chez Consumers Power Co., une compagnie d’électricité. En mars 1975, il est désigné Vice-président
exécutif de la Pullman Standard Division, une entreprise de construction de voitures de chemins de fer. De janvier 1981 à février 1995, il occupe plusieurs postes de responsabilité dont celui des
opérations de la Navette, au sein de la compagnie aérospatiale Rockwell International chargée de la construction de l'avion de l'Espace.
En 1961, Egorov
quitte après six ans d’études et avec son diplôme, le Premier Institut de Médecine pour entrer à l’Institut Central de la Médecine Aérospatiale où il a été stagiaire. Il est alors mis à la
disposition du programme spatial. Après un entraînement poussé de parachutisme dont il est déjà amateur, il est sélectionné comme médecin-parachutiste, afin de secourir les cosmonautes s’ils
atterrissent très loin de la zone de récupération prévue. Egorov fait partie aussi de l’équipe de docteurs qui observe les cosmonautes dans la centrifugeuse, dans la chambre thermique et dans la
chambre sourde. Il est désigné également pour examiner à la Cité des Etoiles, l’état de santé de chaque cosmonaute au retour de leur vol spatial.
Du 12 au 13
octobre 1964, à bord de Voskhod 1 (5,32 tonnes/5,42 mètres), Egorov effectue son unique vol autour de la Terre en 1 j 17 mn, avec le commandant de bord Komarov et
l’ingénieur-scientifique Feoktistov. C’est le premier vol d’un médecin et d’un vaisseau multiplace.
libérée de l’influence de
l’attraction terrestre a abandonné la partie inférieure de son corps et s’est installée dans la partie supérieure. Ensuite, il ressent la fâcheuse sensation de voler la tête en bas car l’absence
de pesanteur empêche les cristaux d’otolithes de son oreille interne de tomber sur la membrane qui doit informer le cerveau du sens de la verticale.
En novembre 1966,
Egorov assiste avec d’autres cosmonautes au lancement de Cosmos 133, le premier vaisseau Soyouz inhabité. Il poursuit sa carrière et obtient en 1967 un diplôme en sciences médicales puis devient
un spécialiste d’oto-rhino-laryngologie. Il se rend en décembre 1968 à Genève, pour le 20° anniversaire de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui organise une conférence sur le thème
" La physiologie de l’homme dans l’Espace ".