Le 10° cosmonaute, Pavel I. Belaïev, est né le 26 juin 1925 à Chelishchevo (Terre). Au cours de son adolescence, sa résistance physique va être mise à l’épreuve. L’école qu’il fréquente se trouve éloignée de son lieu d’habitation et durant le long et rude hiver, Pavel chausse ses skis pour effectuer le trajet aller-retour de cinq kilomètres. La physique ainsi que la géographie sont ses matières favorites et il rêve de devenir plus tard explorateur ou chasseur, car dès l’âge de douze ans, il suit les adultes dans la forêt où il apprend très vite à tirer à la carabine.
A sa seizième année, Belaïev veut s’engager pour défendre sa patrie, alors que débute la seconde guerre mondiale. Il est trop jeune et, dans l’attente de son incorporation, il termine sa scolarité en 1942 pour entrer comme tourneur sur métaux dans une fabrique de tuyauterie. L’année suivante, il est accepté au Collège militaire Sarapul, en vue de suivre des cours de pilote. En 1944, il commence son entraînement à l’Ecole aéronavale d’Eisk d’où il sort diplômé, un an après.
A la fin du conflit international, Belaïev sert comme pilote de chasse dans la Flotte du Pacifique. Il mène des actions de combat contre les Japonais sur des Yak et des Mig, en attaquant notamment à la mitrailleuse, les fortifications nippones du sud de l’île de Sakhaline. Puis, il est affecté dans de nombreuses unités des Forces aéronavales du Pacifique, sur une période de onze ans. C’est au cours d’un vol de reconnaissance au-dessus de l’océan, qu’il fait preuve de sang-froid. La pompe d’alimentation automatique en carburant de son appareil, cesse de fonctionner. Belaïev ramène alors son avion d’une main, tout en actionnant la pompe de l’autre main, qui va rester ensuite paralysée plusieurs jours. En 1956, il rentre à l’Académie de l’Armée de l’Air du Drapeau Rouge, qu’il quitte trois ans plus tard, avec son diplôme en aéronautique. Il est alors nommé Chef d’escadrille dans la Flotte de la Mer Noire.
En mars 1960, Belaïev est admis à l’âge de 35 ans dans le 1er groupe de vingt cosmonautes. C’est le plus diplômé avec Komarov et il cumule le plus grand nombre d’heures de vol. C’est aussi le doyen et à cause de son âge, il va vivre dans la crainte de ne pas connaître la grande aventure. Belaïev est calme et réservé, sérieux et très compétent. Il rit peu souvent et ne cause pas beaucoup. " Je m’exprime difficilement et, de plus, je n’aime pas parler. Peut-être parce que je n’ai pas la parole facile " reconnaît-il. Passionné par la peinture et il aime aussi écrire des poèmes.
Belaïev devient le premier Commandant de l’équipe des cosmonautes et comme ses collègues, il se prépare aux vols. Lors d’un test dans la chambre d’isolation (Appelée également chambre des horreurs dans laquelle un silence oppressant alterne avec des bruits d’explosions, de gémissements et de hurlements), un court-circuit déclenche un début d’incendie que Belaïev, maître de lui, parvient à éteindre au lieu de s’enfuir de la pièce.
Son entraînement comporte aussi des sauts en parachute. En août 1961, il se prépare à se poser pour la vingt-deuxième fois, lorsqu’une bourrasque de vent s’engouffre dans la voilure, le pousse rapidement vers le sol et le traîne sur plusieurs mètres. Le bas de sa jambe gauche heurte violemment une grosse pierre. Le diagnostic est terrible : une double fracture au-dessus de la cheville que les chirurgiens ne peuvent pas opérer. Belaïev voit sa carrière sérieusement compromise, car les instructeurs ne lui laissent pas espérer sa réintégration dans le groupe d’entraînement aux épreuves physiques.
Pourtant, il va montrer sa volonté et prendre en charge sa guérison qui dure un an. Il suit la partie théorique de sa formation et il continue ses études à l’Académie de l’Armée de l’Air, aidé par des béquilles dans ses déplacements. Le reste du temps, il effectue des exercices de rééducation, en mettant en pratique les conseils de son père, médecin de campagne : pour souder une fracture, il faut accroître la charge sur le membre cassé. Alors, Belaïev va quotidiennement lever sa jambe valide, pour que l’autre jambe handicapée porte le poids de son corps. Puis, il soulève des haltères de plus en plus lourds et enfin, il attache, avant de s’endormir, des masses de plomb autour de sa cheville. Le résultat stupéfie les médecins : les os se sont ressoudés correctement. Des massages, des bains de boue et d’eau chaude complètent son rétablissement. Cependant, les docteurs de la Cité des Etoiles hésitent à lui donner l’autorisation de sauter à nouveau en parachute. Finalement, ils acceptent et il arrive à vaincre son appréhension, en réussissant parfaitement le saut de sa résurrection. Il reprend alors toutes ses activités physiques au milieu de l’année 1962.
Début 1963, Belaïev supervise la sélection de nouveaux cosmonautes et, en ce qui le concerne, le retard qu’il a pris dans son entraînement, l’a empêché d’être retenu sur un des six premiers vols du programme Vostok. La bonne nouvelle arrive en septembre 1963 : il est désigné pour participer à une des quatre missions suivantes, qui pourrait être Vostok 8, mais en février 1964, on décide de ne pas réaliser ces vols et de transformer le Vostok en un vaisseau appelé Voskhod. Belaïev est affecté à ce nouveau programme en avril 1964 et il espère être choisi comme le futur premier piéton du Cosmos. Trois mois après, il est nommé commandant du Voskhod 2 et le marcheur de l’Espace s’appelle Leonov qui est son coéquipier.
Il se demande toutefois s’il va vraiment partir, car des obstacles vont se dresser devant lui jusqu’à la veille de son vol. La première alerte intervient en janvier 1965. Durant un essai en centrifugeuse, Belaïev éprouve des difficultés à résister aux accélérations. Si cela se reproduit, son remplacement sera décidé par Kamanine, le Directeur des équipages. Plus tard, ce dernier reçoit des pressions de sa hiérarchie, pour que Beregovoï prenne la place de Belaïev. Kamanine refuse vu qu’il ne fait pas partie de l’équipage de remplacement, qu’il n’a pas les six mois d’entraînement nécessaires pour ce vol, qu’il est trop grand et trop lourd pour embarquer dans le Voskhod.
Une seconde alerte a lieu en février 1965. Lors d’un examen, les médecins découvrent sur le cardiogramme de Belaïev, une extra-systole qui est une contraction supplémentaire du cœur. La Commission de sélection s’interroge alors sur son maintien ou non pour la mission Voskhod 2. Le vote est positif, compte tenu que Komarov atteint du même problème, a parfaitement supporté son vol en octobre 1964. La dernière alerte surgit neuf jours à peine avant le départ. Korolev, le Directeur du programme spatial, est furieux d’apprendre qu’on cherche encore à remplacer Belaïev, cette fois-ci par Khrounov, la doublure de Leonov.
Du 18 au 19 mars 1965, Belaïev effectue enfin à bord de Voskhod 2 (5,68 tonnes/5,42 mètres), son unique mission
d’1 j 2 h 02 autour de la Terre, en compagnie de Leonov. C’est le premier vol d’un équipage de deux cosmonautes et à une altitude record de 475 km. Peu avant le lancement, Belaïev sourit et son
visage rayonne de bonheur, mais il ne peut s’empêcher de dire à Leonov : " Je n’y croirai que lorsqu’on aura fermé dernière nous, la porte de la cabine ". C’est fait. Le vol
commence et il va se terminer comme dans un film d’aventures.
Une fois en orbite, Belaïev déploie le sas dans lequel Leonov se glisse pour sortir dans le vide et devenir, pendant 12 mn, le 1° homme à marcher dans l’Espace. Son scaphandre prend alors du volume et pour repasser dans le sas, il est contraint de réduire dangereusement la pression de sa combinaison. Leonov retourne ensuite dans la cabine, mais l’écoutille ne se referme pas hermétiquement. L’atmosphère de nitrogène et d’oxygène s’échappe lentement et les systèmes de bord compensent la perte par un complément d’oxygène qui atteint un taux critique dans la composition de l’air. Les cosmonautes craignent qu’une étincelle sur un circuit électrique ne provoque une explosion dans ce milieu inflammable.
En baissant la température pour diminuer l’humidité, Belaïev parvient à stabiliser l’atmosphère à un niveau de sécurité plus sûr. Devenu inutile, le
sas est éjecté et cette action va accélérer la rotation du Voskhod que les deux hommes supportent
difficilement.
Elle va être corrigée seulement avant le retour sur Terre, pour économiser le carburant du contrôle d’attitude du vaisseau. A la 13° orbite, la pression dans les réservoirs d’air tombe de 75 à 25
atmosphères.
Les techniciens indiquent que si la chute continue, il restera de l’oxygène pour trois heures de temps, soit jusqu’à la 17° orbite durant laquelle doit s’effectuer la rentrée. A la 14° orbite, la pression n’est pas descendue davantage. Heureusement, car les cosmonautes ne peuvent pas revenir à la 17° orbite.
Belaïev annonce calmement : " Allumage automatique négatif ". Il informe le sol de la panne du système d’orientation automatique vers le Soleil, chargé d’aligner correctement le Voskhod, avant la mise en service du rétrofreinage. Le Centre de contrôle, par la voix de Gagarine, transmet alors à Belaïev les données pour une rentrée manuelle à la 18°, la 19° ou la 23° orbite.
Dès la 18° orbite, il va réussir ce que personne avant lui, n’a eu l’occasion de faire, mais au prix d’une acrobatie d’une durée de 46 secondes qui va décaler de 370 km, le site d’atterrissage. Car l’appareil qu’il doit utiliser n’est pas à sa portée. Pour ne pas le gêner, Leonov doit quitter son siège que Belaïev traverse pour atteindre le senseur optique de l’horizon terrestre fixé sur le hublot. Après avoir orienté le Voskhod, il reprend sa place avec Leonov et il allume avec succès les rétrofusées.
Comme lors de certains vols du Vostok, Belaïev constate que le module de service ne se détache pas immédiatement de la cabine qui va alors prendre une trajectoire très raide de rentrée. Les cosmonautes subissent une accélération de 10 g qui fait éclater de petits vaisseaux sanguins dans leurs yeux. Puis, le parachute se déploie et le Voskhod se dirige vers une forêt d’une montagne de l’Oural, en Sibérie. Il passe par miracle entre deux sapins et se pose sur un épais tapis de neige. Belaïev et Leonov sortent de la capsule en forçant la trappe, bloquée par une grosse branche.
Ils sont émerveillés par le spectacle de cette nature endormie, en cette claire matinée d’hiver. Ils respirent à pleins poumons l’air frais et se précipitent dans les bras l’un de l’autre. Pour signaler leur arrivée, Leonov ne peut envoyer qu’un message en morse qui est capté par un avion cargo et retransmis. Quatre heures plus tard, le pilote d’un hélicoptère distingue le parachute du Voskhod avec ses raies orange, étalé sur la cime des arbres et un peu plus loin, Belaïev et Leonov agitant les bras depuis un endroit dégagé, mais pas assez grand pour que l’hélicoptère puisse atterrir.
Une trop fragile échelle de corde est jetée pour des cosmonautes revêtus d’un lourd et rigide scaphandre, qui refusent de la monter. Un second appareil largue ensuite un paquet contenant des bottes fourrées et un autre renfermant des vêtements chauds qui s’accroche malheureusement aux branches des arbres. Pour se protéger du froid, les deux hommes essaient sans succès de récupérer la voilure du parachute, en tirant sur les suspentes. Pendant ce temps, les secouristes débarqués d’un hélicoptère cinq kilomètres plus loin et ceux à bord de véhicules tout terrain, n'arrivent pas à trouver les cosmonautes avant la tombée du jour.
Belaïev et Leonov passent donc la nuit dans le Voskhod dont un orifice laisse passer un froid glacial et par lequel ils entendent le hurlement des loups. Au matin, un hélicoptère survole de nouveau le site d’atterrissage et aperçoit un cosmonaute en train de couper des branches, tandis que le second se prépare à les brûler. Dans la journée, Belaïev et Leonov voient enfin arriver deux équipes de secours avec qui ils vont passer la nuit dans des conditions plus confortables que la précédente, puisqu’une hutte est construite près d’un grand feu. Le lendemain, ils repartent avec les secouristes pour parcourir 9 km en ski, afin de rejoindre un hélicoptère M-4 posé sur un terrain dont les arbres ont été abattus pour la circonstance.
L’aventure est terminée. Celle du programme Voskhod également, car Michine, le successeur de Korolev décédé en janvier 1966, va l'interrompre trois mois après sa disparition. Il estime que les quatre autres missions vont retarder le nouveau programme Soyouz et ne présentent aucun intérêt, si on les compare aux vols de la Gemini américaine.
En septembre 1966, Belaïev est désigné Chef de l’entraînement pour les occupants des futures stations d’observation militaire Almaz (Saliout 3 et 5). L'année suivante, il est aussi chargé de la formation des cosmonautes nouvellement recrutés et de ceux qui doivent survoler et atterrir sur la Lune (Programmes L1 et L3). Il est tellement estimé dans ses fonctions que ses collègues demandent vainement en 1968, son affectation en tant que Commandant des équipes de cosmonautes, à la place de Nikolaïev qui ne fait pas l’unanimité. En 1969, une autre occasion se présente à lui de repartir dans l’Espace : il est désigné commandant d’un des quatre équipages de la station Almaz.
Mais en décembre 1969, il tombe gravement malade et les chirurgiens doivent procéder à l’ablation d’une grosse partie de son estomac. Belaïev décède le 10 janvier 1970 à l’âge de 45 ans, suite à des complications consécutives à l’intervention.
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Du 21 au 29 Août
1965, Conrad effectue sa 1° mission de 7 j 22 h 55 à bord de Gemini 5 (3,60 tonnes/5,74 mètres) autour de la Terre, en compagnie de Cooper. Pour la première fois, un vaisseau
emporte une pile à combustibles qui fournit de l’électricité et de l’eau, nécessaire pour les longs vols.
La pile à
combustibles produit trop d’eau et pour éviter qu’elle soit noyée, elle est mise en veilleuse. La consommation d’énergie est donc
considérablement réduite et lorsque le chauffage est débranché, la température tombe au-dessous de 0°. Des glaçons se forment sur les vitres. " Nous sommes ankylosés et même les
rebords de nos fauteuils font mal " communique Conrad. Les astronautes tentent de ranger le compartiment à vivres et Conrad exagère à peine lorsqu’il annonce : " A vrai dire, nous
sommes dans les détritus jusqu’aux oreilles ". Le dernier jour du vol, l’équipage dialogue avec leur collègue Carpenter à bord du laboratoire sous-marin Sealab II. Malgré les incidents, les
astronautes établissent un record de durée équivalent à un aller-retour Terre-Lune.
Du 12 au 15
septembre 1966, Conrad accomplit sa 2° mission de 2 j 23 h 17 sur Gemini 11 (3,79 tonnes) autour de la Terre, avec Gordon. Il va alors réussir le 1° rendez-vous éclair avec un
étage-fusée Agena, en moins d’une révolution, préfigurant ainsi la rencontre de l’étage de remontée du module lunaire avec la cabine Apollo autour de la Lune. Mais les instruments de Gemini n’indiquent pas si la cible Agena est prête pour l’amarrage que Conrad peut réaliser malgré tout. Il sépare ensuite la cabine pour
évoluer autour de l’étage-fusée, puis Gordon procède à quatre autres amarrages, suivis d’un essai du moteur d’Agena.
Gordon effectue une sortie partielle de 2 h 08, le buste exposé à l’Espace. Il peut ainsi prendre des photos des étoiles et de la Terre. Conrad se sépare enfin de l'Agena et s’éloigne
dans le but de tendre le câble entre les deux engins. Mais le filin s’accroche à une poignée de l'étage-fusée et il doit manœuvrer habilement la cabine pour le dégager et le tirer
lentement. L’allumage des propulseurs de Gemini permet alors au tandem Gemini-Agena de se mettre en rotation, créant pour la première
fois une mini pesanteur à bord d’un engin spatial, comme on pourrait la trouver dans une station spatiale. Mais après que la rotation ait pris de la vitesse, l’attelage commence à se déstabiliser
et Conrad doit faire sauter le câble. A la fin du vol, un dernier rendez-vous intervient avec l'étage-fusée, suivi d’un vol en formation qui va consommer la presque totalité du carburant
disponible, empêchant Gemini de revenir sur une orbite plus basse pour mieux préparer sa rentrée. Elle peut avoir lieu néanmoins pour la première fois en régime automatique comme prévu, avec un
amerrissage à moins de 5 km du point calculé.
Du 14 au 24
novembre 1969, Conrad réalise sa 3° mission de 10 j 4 h 36 à bord d’Apollo 12 (43,84 tonnes/18,12 mètres), en compagnie de Bean et de Gordon. Le décollage de Saturn V a lieu sous
la pluie et dans la brume. Soudain, quelques secondes après, Conrad annonce : " Je crois que nous avons été touchés par un
éclair ". Dans la cabine, tous les signaux d’alarme s’allument, puis toutes les lumières s’éteignent. Conrad continue : " Nous n’avons pas de courant électrique. Les piles à
combustibles n’ont pas l’air de fonctionner ". Le directeur de vol Griffin s’apprête alors à éjecter la cabine Apollo. Mais Conrad rassure le sol : " Ca y est, le courant est
revenu ". Les batteries ont pris le relais des piles, mais sans arriver à tout alimenter. La plate-forme inertielle chargée du guidage, tombe en panne. Puis, tout redevient normal et le
vaisseau lunaire se place en orbite terrestre. Conrad a peur que la foudre, qui a frappé par deux fois, ait endommagé si sérieusement les équipements qu’ils soient obligés de revenir sur
Terre. Gordon réussit à remettre en marche la plate-forme et, après des vérifications, le feu vert est donné pour le départ vers la Lune des trois joyeux astronautes.
Ils
s’approchent de Surveyor pour ramener des pièces que Conrad indique à Bean : " C’est ça, là, en douceur, vas-y, coupe le…je le tiens…Il faudra prendre ça aussi…ils en auront besoin…et
ça aussi. Ca va leur faire plaisir…la caméra…la pelle…oh ! Merveilleux !". Conrad est si heureux du travail accompli à l'issue de ses deux sorties d'un total de 7 h 45,
qu'il entonne la chanson du film Blanche-Neige et les Sept nains : " Aï ho, aï ho, je rentre du boulot ", en grimpant l'échelle du module lunaire. Conrad et Bean décollent après un
séjour record de 1 j 7 h 31 pour rejoindre Gordon à bord de la cabine Apollo qui sort de l’orbite lunaire après 3 j 16 h 56.
Du
25 mai au 22 juin 1973, Conrad effectue son 4° et dernier vol Skylab 2, une mission record de 28 j 50 mn autour de la Terre, en compagnie de Weitz et de Kerwin, médecin de
formation, amenés par une Apollo (19,98 tonnes/11,14 mètres). Les premiers dépanneurs de l’Espace emportent avec eux, une trousse à outils, un parasol thermique et anti-météoritique, en
pièces détachées et des réservoirs supplémentaires pour les piles à combustibles. Conrad s’exclame lors de l’ascension vers l’orbite : " Houston, ici Skylab 2…Skylab 2…Nous réparerons
n’importe quoi…montée parfaite…belle mise en scène ! ".
Le 2 juin, Conrad
fête son 43° anniversaire et cinq jours après, il effectue une extraordinaire sortie de 3 h 30, avec Kerwin chargé de dérouler son cordon ombilical. Conrad pousse devant lui chacune des cinq
perches télescopiques emboitées qu’il pose sur la paroi de la station, puis il avance péniblement le long de cette rampe de huit mètres.
Le 11°
cosmonaute, Alexei A. Leonov, est né le 30 mai 1934 à Listvianka (Terre) dans un village de Sibérie centrale où la température en hiver peut descendre jusqu’à - 50° C. Quand il sera plus
grand, Alexei veut s’occuper des animaux et entretenir les arbres de la forêt qu’il explore, en cachette de ses parents. Plus tard, il fait l’admiration de son entourage, de ses maîtres d’école
et de ses professeurs, lorsqu’il leur présente ses dessins et ses peintures. Il va notamment croquer les personnages des contes de Charles Perrault, puis ceux des romans de Jules Verne qu’il
dévore.
Du 18 au 19 mars 1965, Leonov effectue à bord de Voskhod 2 (5,68 tonnes/5,42 mètres), sa 1ère mission d’1 j 2 h 02 autour de la Terre, en compagnie de
Belaïev. C’est le premier vol d’un équipage de deux cosmonautes et à une altitude record de 475 km.
Malgré ses efforts, il n’y arrive pas. Ses yeux sont remplis de sueur et la buée commence à recouvrir sa visière. Il décide alors de rentrer la tête la première, mais le reste de son
corps ne suit pas.
Du 15 au 21 juillet 1975, Leonov réalise à bord de Soyouz 19 (6,18 tonnes/7,48 mètres), sa 2° et dernière mission d’une durée de 5 j 22 h 30 en orbite terrestre, en
compagnie de Koubassov, pour le premier amarrage avec une cabine Apollo occupée par Stafford, Slayton et Brand, dans le cadre du programme ASTP (Apollo Soyuz Test Project). La rencontre a lieu le
17 juillet. " Bien joué Tom, c’est du beau travail ! " lance Leonov à Stafford qui dirige l’opération. Les écoutilles entre les deux engins et le module de jonction fixé sur Apollo,
s’ouvrent et les
Du 4 au 18 décembre 1965,
Borman effectue sa 1ère mission record de 13 j 18 h 35 à bord de Gemini 7 (3,65 tonnes/5,74 mètres) autour de la Terre, en compagnie de Lovell. Pendant l'ascension, la poussée de
leur fusée Titan II est légèrement inférieure aux prévisions et place la Gemini sur une orbite dont l’apogée va devoir être relevé grâce aux moteurs du vaisseau. Durant quinze minutes, la cabine
vole en formation entre 20 et 45 m, avec le 2° étage du lanceur qui culbute, en crachant le reste de son carburant. Les astronautes commencent ensuite leurs expériences médicales et prennent des
photos de la Terre et des étoiles.
Ils simulent la rencontre de l’étage de remontée
du module lunaire avec la cabine Apollo en orbite autour de la Lune. Gemini 6 revient sur Terre et Gemini 7 continue sa ronde. Les deux piles à combustibles qui fournissent de l’électricité et de
l’eau, causent des ennuis et on envisage que la mission soit écourtée d’un jour, avec un amerrissage de nuit. Borman et Lovell remarquent qu’une seule cellule sur les trois contenues dans chaque
pile, ne marche pas. Ce n’est pas inquiétant et le vol peut continuer et se terminer comme prévu. A leur arrivée sur le porte-avions, les deux hommes ont la démarche hésitante après être
restés assis quatorze jours. La Nasa a maintenant l’assurance que les vols Apollo de longue durée sont possibles.
Du 21 au 27 décembre
1968, Borman réalise sa 2° et dernière mission, à bord d'Apollo 8 (28,83 tonnes/11,14 mètres), pour le premier vol humain vers la Lune d’une durée de 6 j 3 h, avec un séjour
de 20 h 10 sur orbite lunaire, en compagnie d'Anders et de Lovell, à nouveau. Depuis l’orbite terrestre, le réallumage du moteur du 3° étage de la fusée Saturn V propulse les astronautes
dans un univers où personne n’a pénétré avant eux.
En regardant la
Terre à 378.504 km, il lui est " difficile de croire que cette petite boule peut contenir tant de problèmes et tant de frustrations ". Les astronautes vont mal dormir, car ils ont soit trop
froid, soit trop chaud, sans compter le bruit causé par le fonctionnement des appareils de bord. La grande fatigue des trois hommes ne les empêche pas de réaliser la presque totalité de leur
programme : photographie de la surface lunaire, relevé topographique des futurs sites d’atterrissage, repérage des positions géographiques où doit s’amorcer la descente des modules lunaires,
mesure du champ de gravité susceptible de modifier la trajectoire des vaisseaux.
Du 26 au 30 octobre 1968, Beregovoï effectue à bord de Soyouz 3 (6,57 tonnes/6,98 mètres), son unique mission de
3 j 22 h 50 mn autour de la Terre. A 47 ans, il est le plus âgé à partir pour le Cosmos avec la lourde tâche d’expérimenter le vaisseau modifié. La cabine est placée à 11 km de distance de Soyouz
2, lancé la veille. Dès sa mise en orbite, Beregovoï souffre du mal de l’espace et il n’a pas le temps de s’adapter à l’apesanteur, car l’amarrage
doit avoir lieu rapidement.
Mais le
vaisseau automatique s’écarte, estimant incorrect l’alignement des deux cabines. Beregovoï recommence alors l’opération qu’il interrompt
malheureusement, car il doit garder 10 kg de propergol pour l’orientation du Soyouz, avant la désatellisation. Beregovoï a réalisé le premier rendez-vous habité soviétique avec un autre engin,
mais l’amarrage est un échec. Il va heureusement constater que les améliorations apportées au vaisseau, sont satisfaisantes. Il effectue ensuite des
expériences scientifiques et des observations de la Terre ainsi que des étoiles.
Du 4 au 18 décembre 1965,
Lovell réalise son 1er vol record de 13 j 18 h 35 à bord de Gemini 7 (3,65 tonnes/5,74 mètres) autour de la Terre, avec Borman. Durant la montée, la puissance des moteurs du
lanceur Titan II est moins forte que prévue et le vaisseau est injecté sur une orbite qui va devoir être relevée par les propulseurs de manœuvre de la cabine. Pendant 15 mn et entre 20 et 45 m,
la capsule navigue de conserve avec le deuxième étage de la fusée qui bascule, en rejetant l’excédent de son propergol. Les astronautes débutent ensuite leurs expériences médicales et
photographient la Terre et les étoiles. Cinq jours après, les deux hommes éprouvent une certaine gêne à porter leur combinaison spatiale. Le directeur de vol leur donne alors la permission de la
retirer, à tour de rôle.
Puis le 15
décembre, Lovell et Borman voient s’approcher Gemini 6 avec Schirra et Stafford à bord. Les deux capsules volent en formation pendant 5 h 18, jusqu’à 30 cm l’une de l’autre. Le premier
rendez-vous spatial se déroule et une autre première est enregistrée avec la présence de quatre astronautes en même temps dans l’Espace. Ils répètent la rencontre de l’étage de remontée du
module lunaire avec la cabine Apollo en orbite autour de la Lune. Puis, Gemini 6 retourne sur Terre tandis que Gemini 7 poursuit ses révolutions. Les deux piles à combustibles qui alimentent en
électricité et en eau le vaisseau, occasionnent des ennuis et on pense raccourcir le vol d’un jour, avec un amerrissage de nuit. Les deux hommes constatent qu’une seule cellule, sur les trois
embarquées dans chaque pile, ne fonctionne pas. Ce n’est donc pas dramatique. De retour, Lovell et Borman marchent avec difficulté sur le pont du porte-avions, après leur immobilisation quatorze
jours durant, dans leur étroite capsule. Et ils ne s’évanouissent pas comme le craignaient les médecins. Désormais, la Nasa est sûre que les missions Apollo de longue durée sont
réalisables.
Du 11 au 15 novembre
1966, Lovell effectue sa 2ème mission de 3 j 22 h 34 à bord de Gemini 12 (3,65 tonnes) autour de la Terre, en compagnie d’Aldrin. Dès la mise en orbite, les
astronautes s’aperçoivent du mauvais fonctionnement du radar de bord chargé de détecter l’étage-fusée Agena. Grâce aux compétences d’Aldrin qui va
entrer dans l’ordinateur, les données recueillies avec le sextant qu’il utilise, Lovell va repérer à vue, puis s’approcher et accoster la cible Agena. Il se détache d’elle ensuite pour procéder à
un second amarrage qui va être mal verrouillé. La séparation ne peut intervenir qu’en mettant à feu les moteurs de la Gemini, ce qui va secouer les deux véhicules. Quelques minutes après, Aldrin
réalise, sans aucun problème, le troisième accostage, toujours dans le but de mettre au point les procédures d’accrochage entre l’étage de remontée du module lunaire et la cabine Apollo en orbite
autour de la Lune. Mais les responsables de la
Nasa informent Lovell qu’ils renoncent au réallumage de l’étage-fusée Agena, pour propulser l’attelage Agena-Gemini à une altitude
de 760 km. Lors de son lancement, une perte de poussée de 6 % et une baisse de la vitesse de la turbine du moteur ont été constatées et l’on craint une explosion, lors de sa remise en
marche.
Mais les
astronautes vont mal dormir, car ils ont soit trop froid, soit trop chaud et ils sont dérangés par le bruit du fonctionnement des appareils de bord. La grande fatigue des trois astronautes ne les
empêche pas de réaliser la presque totalité de leur programme : photographie de la surface lunaire, relevé topographique des futurs sites d’atterrissage, repérage des positions géographiques où
doit s’amorcer la descente des modules lunaires, mesure du champ de gravité susceptible de modifier la trajectoire des vaisseaux. Pour le retour, Lovell met de nouveau à feu le moteur principal
d’Apollo pour quitter l’orbite lunaire. A l'amerrissage, la cabine va heurter violemment la surface du Pacifique et se retourner la tête en bas, malmenée par des vagues et des creux d’1,50 m,
avant d’être redressée par des ballons fixés sur le nez de la capsule. Les astronautes attendent pendant 90 mn le lever du jour, afin que les hommes-grenouilles puissent les sortir de la
cabine.
Du 11 au 17 avril 1970,
Lovell effectue sa 4ème et dernière mission de 5 j 22 h 54 à bord d’Apollo 13 (43,92 tonnes/18,12 mètres), en compagnie de Haise et de Swigert, pour un survol lunaire
consécutif à l'annulation de l'atterrissage sur la Lune. Il devient le 1er astronaute à réaliser un 4° vol et le 1er à voler deux fois vers notre satellite, mais c’est une maigre
consolation pour Lovell qui avait " envisagé cette mission comme le couronnement de sa carrière ". Le vol débute sous de mauvais auspices. Lors du lancement, le moteur central du 2°
étage de Saturn V s’éteint trop tôt, mais les quatre autres moteurs corrigent en partie la perte de poussée qui redevient normale grâce au fonctionnement prolongé du 3° étage.
Le réservoir
n°1 est endommagé et ne peut fournir à la cabine Apollo que 80 minutes d’oxygène et de courant électrique par les trois piles à combustibles qui vont cesser de marcher, l’une après l’autre.
Lovell et ses deux compagnons engagent alors une course poursuite pour réactiver le module lunaire qui va assurer la survie de l’équipage par l’apport de son oxygène, de son électricité, de son
eau, de son système de navigation et de ses divers moteurs. Mais ses ressources sont limitées à 1 j 16 h et il faut que les trois hommes survivent pendant 3 j 14 h avant leur retour sur
Terre.