Le 13° cosmonaute, Vladimir A. Chatalov, est né le 8 décembre 1927 à Petropavlosk (Terre) dans la future province spatiale du Kazakhstan d’où il décollera une première
fois, quarante-deux ans plus tard. Son enfance et le début de sa jeunesse s’écoulent à Leningrad, une des plus grandes villes d’art du monde par le nombre de ses riches musées, appelée aussi
la Venise du Nord pour la multitude de ses ponts courbes qui enjambent les canaux. En 1941, Vladimir a 14 ans lorsqu'il quitte, avec nostalgie et angoisse, la cité que les troupes allemandes et
finlandaises vont assiéger et bombarder pendant trente mois. Il retourne à Petropavlosk et il passe ses moments de loisir à construire des modèles réduits d’avions si réalistes que des experts en
la matière conseillent à ses parents de l’orienter vers l’aéronautique.
En 1942, Vladimir s'inscrit à une école de l’Armée de l’Air, transférée plus tard à Lipetsk, dans laquelle il va suivre un enseignement secondaire et technique. De 1945 à 1949, il apprend à piloter au centre de formation de Kachinsk, sur des UT-2 et des Yak-3, 9 et 11. Doué pour l’enseignement, il devient instructeur de vol dans cet établissement, tout en s’initiant au maniement de l’avion de combat MiG-15. En 1953, Chatalov est accepté à l’Académie de l’Armée de l’Air du Drapeau Rouge d’où il sort, trois ans plus tard, diplômé en aéronautique avec mention très bien. Il découvre ensuite le MiG-17, puis il occupe des postes de commandement dans diverses unités, avant de devenir inspecteur de l’Armée de l’Air. En 1962, alors qu’il entreprend un entraînement de pilote d’essai, aux commandes notamment du chasseur bombardier supersonique Su-7B, il est informé qu’un nouveau groupe de voyageurs du Cosmos va être constitué.
En janvier 1963, Chatalov entre, à l’âge de 35 ans, dans la 2° équipe des quinze cosmonautes et il se révèle rapidement comme le leader. Très instruit, il a la réputation d’un brillant ingénieur et d’un chercheur infatigable. D’une nature calme et aimable, il pratique l’exploration sous-marine.
Sa formation de base terminée, Chatalov est nommé comme doublure du copilote Chonine pour la mission de 20 jours de Voskhod 3. En mai 1966, ce vol et les trois suivants sont supprimés pour ne pas retarder le déroulement du prochain programme Soyouz sur lequel il va être affecté. Il poursuit aussi un entraînement sur l’avion spatial Spiral qui sera abandonné, ainsi que sur les projets L1 de survol lunaire et L3 d’atterrissage sur la Lune. Après le retour tragique de Komarov à bord de Soyouz 1, le 24 avril 1967, Chatalov est désigné comme la doublure de Beregovoï pour la mission suivante Soyouz 3 qui intervient en octobre 1968.
Nommé pilote de Soyouz 4, il se prépare à participer, avec l’équipage de Soyouz 5, à une simulation autour de la Terre, d’une phase du vol lunaire L3. Ce 24 décembre 1968, Chatalov se trouve à Baïkonour. Il est onze heures du soir et les deux équipages, accompagnés de Kamanine, leur Directeur, discutent vivement à l’intérieur du bus qui les ramène vers leur résidence, après une longue journée de travail. Le sujet concerne l’ordre de lancement des vaisseaux pour que le pilote, chargé de l’amarrage, ait le temps de s’adapter à l’apesanteur. Chatalov, d’ordinaire si tranquille, se met soudain en colère : " C’est la dixième fois que l’on parle de ce problème, alors que les Américains tournent autour de la Lune ! ". Le calme revient et on demande au chauffeur d’arrêter l’autocar. Les passagers descendent par une nuit claire et glaciale, puis ils lèvent leur regard vers l’astre au front d’argent. Ils ressentent aussitôt des sentiments d’amertume et d’admiration, mais surtout de tristesse à la pensée de leurs camarades qui ont perdu la vie pour atteindre ce but.
Le 13 janvier 1969, Chatalov s’apprête à quitter la Terre à bord du Soyouz dans lequel il est enfermé depuis deux heures de temps. C’est la première fois qu’une fusée habitée va être lancée en hiver, mais une température de – 24° C porte un coup fatal au fonctionnement de la plate-forme des gyroscopes du lanceur qui doit être changée. Chatalov évacue, contrarié, sa capsule. Le lendemain, il remonte dans sa cabine et, à nouveau, il est sur le point de l’abandonner. Une panne est intervenue sur le système hydraulique d'un propulseur latéral du lance-Soyouz (Sémiorka) qui ne peut être accessible qu’à l’horizontale, après le retour de la fusée dans son bâtiment d’assemblage. Un jeune et souple technicien prend alors une initiative hardie qui rend le sourire à Chatalov. Il se débarrasse d’une partie de ses vêtements malgré le froid polaire, démonte une trappe du booster, se glisse par l’étroite ouverture et se livre à la réparation.
Du 14 au 17 janvier 1969,
Chatalov effectue à bord de Soyouz 4 (6,62 tonnes/6,98 mètres), son 1er vol de 2 jours 23 h 20 en orbite terrestre, seul à l'aller et en compagnie de
Khrounov et d'Elisseev au retour. Le 16, il réussit le
1er amarrage avec un autre vaisseau habité, le Soyouz 5 lancé la veille et occupé par
Volynov, Khrounov, Elisseev. Puis, ces deux derniers réalisent une sortie spatiale de 37 mn et rejoignent Chatalov. Pour la première fois aussi, quatre hommes se trouvent
dans un même train spatial.
Cette opération préfigure autour de la Lune, l’amarrage du module orbital LOK (Soyouz 4) avec le module lunaire LK (Soyouz 5). Elle simule également, à deux reprises, le transfert par l'extérieur du piéton lunaire dans le LOK. Les techniciens ont choisi un passage par l'extérieur pour éviter l'aménagement d'un lourd tunnel entre les deux engins lunaires. Après une jonction d’une durée de 4 h 33, Chatalov redescend sur Terre avec ses compagnons. Ils se posent dans 80 cm de neige et par une température de – 30° C, précédant Volynov qui revient le lendemain dans des conditions périlleuses.
Suite au succès américain d’Apollo 8 autour de la Lune, les responsables spatiaux et politiques veulent apporter au plus vite leur réponse. C’est la station orbitale desservie par des Soyouz et dont le développement va s’accélérer, après l’atterrissage sur la Lune d’Apollo 11, le 20 juillet 1969. Dans le cadre de sa préparation, un plan complexe est élaboré. Il consiste à faire évoluer trois vaisseaux en formation, avec l'amarrage de deux d'entre eux et l’échange d’un membre de chaque équipage, pour répéter la relève d'un équipage de la station. Dans un premier temps, Chatalov est associé à cette entreprise comme doublure des commandants de Soyouz 6, de Soyouz 7 et de Nikolaïev de Soyouz 8. Celui-çi échoue à son dernier examen d’aptitude au vol et Chatalov le remplace, en étant chargé d’assurer la direction de l'ensemble des opérations.
Du 13 au 18 octobre 1969,
Chatalov réalise à bord de Soyouz 8 (6,64 tonnes), son 2ème vol de 4 j 22 h 50 autour de la Terre, en compagnie d’Elisseev. Ils deviennent les 1ers
cosmonautes à effectuer une 2ème mission. Soyouz 8 doit rejoindre le Soyouz 6 de Chonine et Koubassov, parti le 11 ainsi que le Soyouz 7 de Filipchenko, Gorbatko et Volkov, lancé le
12.
Pour la première fois, trois vaisseaux se trouvent en même temps dans l’Espace avec un nombre record de 7 cosmonautes. Le 14, afin de
s’approcher à 100 m de Soyouz 7, Chatalov met en marche le système Igla de rendez-vous automatique par radar, pour prendre ensuite les commandes manuelles et procéder à l’amarrage. Mais Igla, qui
utilise les moteurs principaux, cesse de fonctionner à 1 km de Soyouz 7.
Une autre tentative amène le Soyouz 8 à 1,7 km de sa cible avant que le
système de rendez-vous ne tombe en panne une fois de plus. Avec les moteurs secondaires, Chatalov ne peut arriver qu’à 500 m de
Soyouz 7. D'autres méthodes sont utilisées, mais après quatre rendez-vous d’une durée totale de 34 h 09, il s’avère que la rencontre, suivie de l’amarrage, est impossible, à la grande déception
des cosmonautes. Elisseev et Volkov ne pourront pas sortir pour échanger leur place. A deux reprises, les trois Soyouz volent de conserve, mais à distance pendant 4 h 22. Soyouz 8 atterrit au
milieu d’une violente tempête de neige, le lendemain de la rentrée de Soyouz 7 et deux jours après Soyouz 6.
A son retour, Chatalov est tout naturellement impliqué dans le nouveau programme de stations orbitales Saliout, mais il trouve le temps d’accueillir à Baïkonour, le 8 octobre 1970, le Président français Georges Pompidou à qui il montre les installations du cosmodrome. Il reçoit des éloges sur le succès de cette visite qu’il a lui-même préparée. Afin de le remercier, ses supérieurs veulent le nommer Conseiller Spatial auprès des instances dirigeantes ou Adjoint du Directeur de la Cité des Etoiles. Chatalov décline ces offres, car il veut d’abord repartir dans l’Espace pour prendre sa revanche sur son précédent vol. Il est désigné commandant de la première occupation de Saliout 1, en remplacement de Chonine, malade. La station (18,50 tonnes/15 mètres) est lancée le 19 avril 1971, deux ans avant la station américaine Skylab.
Du 23 au 25
avril 1971, Chatalov accomplit sa 3ème et dernière mission d’1 j 23 h 45 en orbite terrestre, sur Soyouz 10 (6,57 tonnes) avec Roukavichnikov et Elisseev à nouveau, pour le
premier amarrage avec une station. Chatalov et Elisseïev sont les 1ers cosmonautes à exécuter un 3ème vol. Le premier lancement de nuit se passe normalement. Cependant, Chatalov
s’interroge sur le comportement du contrôleur de vol. " Pourquoi votre voix paraît-t-elle si triste ? Vous n’avez pas assez dormi ? " lui
demande-t-il. " Non ! " répond le contrôleur " Tout simplement, je vous ai mal entendu au moment du départ ". Il commence alors à lui donner rapidement les
paramètres de vol. Chatalov l’arrête : " Doucement, doucement. Pas si vite ".
Après
l’injection sur orbite, il est heureux de constater que les manœuvres de rendez-vous se déroulent parfaitement. Le Soyouz s’approche de Saliout 1 et Chatalov procède à l’amarrage, mais les
moteurs d’attitude continuent à fonctionner plusieurs secondes de trop. Cela suffit pour provoquer un roulis momentané du vaisseau sur la pièce d’amarrage de la station, endommageant
les amortisseurs du Soyouz. Le verrouillage entre les deux véhicules ne peut pas s'effectuer correctement. Tout le monde ignore, à ce moment-là, les dégâts causés et Chatalov met à feu les
propulseurs pour un amarrage ferme. En vain.
Les contrôleurs au sol lui demandent de se détacher de la station et de recommencer l’accostage. Mais Chatalov n’arrive pas à décrocher son Soyouz. Le mécanisme est faussé et les cosmonautes commencent à se poser des questions. Finalement, la séparation intervient après une jonction imparfaite de 5 h 30. Le Centre de contrôle leur donne l'ordre de renoncer au second amarrage et de commencer les préparatifs pour une rentrée d’urgence sur Terre, l'autonomie du vaisseau de liaison avec la station, étant limitée.
Le désappointement est profond pour les cosmonautes qui s’apprêtaient à séjourner 30 jours à bord de Saliout 1. Les trois hommes photographient la pièce d’amarrage de la station pour connaître son état, avant l’arrivée de Soyouz 11. Compte tenu des circonstances, seul un atterrissage de nuit est possible sur le territoire soviétique et dans une zone inhabituelle. C’est une première qui nécessite des manœuvres délicates pour la désatellisation. Aussi, les responsables du vol s'orientent vers un retour de jour en Amérique du Sud, en Afrique ou en Australie. Cette perspective n’enchante pas les cosmonautes.
Chatalov va alors convaincre les contrôleurs sur sa capacité à ramener son Soyouz dans son pays. Il réussit magistralement, malgré une inquiétude apparue lors de la descente en parachute de la cabine. Elisseev et Roukavichnikov font remarquer à Chatalov que la capsule se dirige vers un lac qu’ils distinguent grâce aux reflets de la clarté de la Lune sur les eaux. Fataliste, il leur répond en haussant les épaules : " Il n’y a rien que l’on puisse faire, sinon de se préparer et d’attendre ". Il est 2 h 40 lorsque le Soyouz se pose…à 50 m du lac.
En mai 1971, Chatalov présente sa candidature pour être l’adjoint de Kamanine, le Directeur des équipages et, le mois suivant, il se retire du Corps des Cosmonautes. Après la rentrée dramatique de Dobrovolsky, Volkov et Patsaïev à bord de Soyouz 11, le 30 juin 1971, Kamanine cède sa place à Chatalov qui va la garder quinze ans. En 1972, il obtient un diplôme en sciences techniques et durant les trois années suivantes, il se rend régulièrement aux Etats-Unis, pour les préparatifs du programme américano-soviétique Apollo-Soyouz. De 1977 à 1980, il remplit aussi son mandat de député au Parlement soviétique et assume également les tâches de Chef de navigation spatiale et de collaborateur du Commandant en Chef de l’Armée de l’Air. En janvier 1987, il prend la succession de Beregovoï, le Directeur de la Cité des Etoiles où travaillent 4 000 personnes. A ce titre et pour l'entraînement à la mission franco-soviétique Aragatz de 1988, il reçoit nos spationautes Michel Tognini et Jean-Loup Chrétien qu'il avait déjà accueilli avec Patrick Baudry, quand il était Directeur des équipages, pour la préparation de son premier vol de 1982.
En septembre 1991, Chatalov est contraint de démissionner à 64 ans, la nouvelle administration russe ayant décidé de fixer à 55 ans, l’âge limite pour occuper certaines fonctions. Très attaché à l'environnement spatial, il décide cependant de continuer à vivre dans la célèbre Cité.
En
septembre 1962, Stafford rentre dans la 2ème équipe des neuf astronautes, à l’âge de 32 ans. Il est d’une nature aimable et connu pour son sens de la diplomatie. Il pratique le
base-ball, la natation et le pilotage acrobatique.
Du 15 au 16
décembre 1965, Stafford, en compagnie de Schirra, effectue enfin son 1er vol d’1 j 1 h 51 mn autour de la Terre, à bord de Gemini 6 (3,54 tonnes/5,74 mètres).
Il vient du nord et se
dirige vers le sud.
Du 3 au 6
juin 1966, Stafford réalise, avec Cernan, sa 2ème mission de 3 j 20 mn autour de la Terre, à bord de Gemini 9 (3,75 tonnes/5,74 mètres).
Alors les techniciens s’emploient à mettre en marche, par saccades, les moteurs d’orientation de l’Atda, dans l’espoir que les secousses entraînent le détachement de la coiffe. Sans
succès. En conséquence, un nouveau programme va être mis en œuvre que Stafford et Cernan vont mener à bien. Deux rendez-vous supplémentaires avec l’Atda, différents et complexes, vont simuler la
rencontre de l’étage de remontée du module lunaire avec la cabine Apollo en orbite lunaire, puis celle d’Apollo avec le module lunaire en perdition sur une orbite basse. Plus tard, la Gemini va
se mettre à pivoter sur elle-même de plus en plus vite, approchant le point de rupture, jusqu’à ce que Stafford parvienne à remettre un interrupteur sur la bonne position.
Du 18
au 26 mai 1969, Stafford effectue son 3ème vol de 8 j 3 mn en compagnie de Cernan à nouveau et de Young, à bord d’Apollo 10 d’une masse au départ de 42,77 tonnes et de
18,12 mètres (28,83 tonnes pour la cabine associée à son module de service et 13,94 tonnes pour le module lunaire (LM). C’est la première fois qu’un vaisseau au complet, propulsé par une Saturn V
de 2.942 tonnes, s'envole vers la Lune autour de laquelle il se met en orbite pour une durée record de 2 j 13 h 57 mn.
Alors
que les astronautes se préparent à larguer l’étage de descente, le module lunaire est soudainement animé d’un violent mouvement de rotation.
Du 15 au
24 juillet 1975, Stafford accomplit son 4° et dernier vol de 9 j 1 h 28 mn, en compagnie de Slayton et de Brand, à bord d'Apollo de 14,76 tonnes et de 14,49 mètres(Mission ASTP :
Apollo Soyuz Test Project), lancé par une Saturn 1B de 593 tonnes, pour le premier amarrage avec le Soyouz 19 occupé par Leonov et Koubassov.
Les quatre
échanges des membres des équipages interviennent et Stafford va séjourner ainsi pendant 4 h 10 m à bord de la cabine soviétique. Ils réalisent des expériences communes et des repas collectifs.
Puis, la première séparation a lieu après une jonction de 43 h 53 mn. Les deux vaisseaux volent de conserve durant 30 mn, à 50 m l’un de l’autre, puis un second accostage a lieu sous la conduite
de Leonov qui a du mal à aligner et à stabiliser son Soyouz sur le module d’amarrage d’Apollo, avant la séparation définitive, 3 h 54 mn après.
Après la
fin mouvementée de son dernier vol spatial, Stafford quitte la Nasa en novembre 1975, pour prendre le commandement du Centre d’essais en vol des nouveaux chasseurs de l'Armée de
l'Air, à Edwards. Promu Lieutenant-général, il rejoint en avril 1978 le Pentagone afin d’occuper le poste de Directeur-adjoint du Bureau de la recherche et du développement. Il s'implique
fortement pour la mise en service de l’avion furtif F-117A (B-2), mais il s’intéresse aussi aux avions d'entraînement étrangers. Ainsi, en juin 1979, Stafford se rend au 33° Salon du Bourget
pendant lequel il effectue un vol sur l’Alpha Jet avec Jean-Marie Saget, chef-pilote d’essai. Lors de son tour d'Europe, il va évaluer aussi les performances du Fouga 90.
Du 15 au 18
janvier 1969, Volynov effectue à bord de Soyouz 5 (6,58 tonnes/6,98 mètres), son 1er vol de 3 j 0 h 54, en compagnie de Khrounov et d’Elisseev à l'aller et seul au
retour.
Après la mise
à feu des rétrofusées, il constate avec inquiétude que le module de propulsion ne s’est pas détaché de la cabine. Au lieu du bouclier thermique, c’est l’avant de la capsule insuffisamment
protégée qui commence à supporter l’échauffement de la rentrée dans l’atmosphère. Tiré vers l’avant, mais retenu par les sangles de son siège, Volynov est soumis à une décélération dans le sens
ventre-dos, moins tolérée que dans le sens habituel dos-ventre. Une odeur de brûlé, provenant du caoutchouc qui ceinture l’écoutille supérieure, pénètre dans la cabine. Il est persuadé alors que
ses chances de survie sont nulles. Avec un sang-froid peu commun, Volynov pense aux contrôleurs de vol qui voudront connaître le déroulement de la mission et les circonstances de sa mort.
Espérant que la capsule sera récupérée, il détache ses notes du carnet de bord, les enroule d’une manière serrée et les coince sous son siège.
Du 6 juillet au 24 août 1976,
Volynov accomplit son 2° et dernier vol de 49 j 6 h 23 avec Jolobov à bord de Soyouz 21 (6,55 tonnes/6,98 mètres) et de Saliout 5 (18,50 tonnes/11 mètres) lancée le 22 juin
précédent. Le système Igla de rendez-vous automatique qui met en marche les moteurs du vaisseau, fonctionne mal à 350 m de la station. La vitesse s’accélère de deux mètres par seconde et Volynov
demande aux contrôleurs de vol l’autorisation de prendre les commandes. Ordre lui est donné d’attendre l’analyse de la situation.
gymnastique
quotidienne. Ils n’arrivent pas à reprendre des forces, car ils ne dorment que quatre heures de temps le plus souvent.
Du 15 au 17
janvier 1969, Elisseev effectue à bord de Soyouz 5 (6,58 tonnes/6,98 mètres) et de Soyouz 4 (6,84 tonnes), son 1er vol de 1 j 23 h 45 mn, en compagnie de Khrounov et
du commandant Volynov à l'aller, puis avec Khrounov et le commandant Chatalov au retour.
LOK) piloté par Chatalov lancé deux jours plus tôt.
Pour la première fois a lieu l’amarrage de deux engins habités. Une autre première intervient : le transfert de cosmonautes d’une cabine à l’autre. Cette opération simule, à deux reprises,
le passage par l’extérieur du piéton lunaire quittant le LK pour rejoindre le LOK.
Du 13 au 18 octobre 1969,
Elisseev réalise à bord de Soyouz 8 (6,84 tonnes), son 2ème vol de 4 j 22 h 50 mn autour de la Terre, accompagné du commandant Chatalov avec qui il fait équipe une
deuxième fois. Ils deviennent les premiers cosmonautes à effectuer une deuxième mission.
Soyouz 7 de Filipchenko, Gorbatko et Volkov, lancé le 12.
Du 23 au 25
avril 1971, Elisseev accomplit sa 3ème et dernière mission d’1 j 23 h 45 mn sur Soyouz 10 (6,57 tonnes) autour de la Terre, avec Roukavichnikov et le commandant
Chatalov (remplaçant de Chonine) qu’il retrouve une troisième fois. Elisseev et Chatalov sont ainsi les premiers cosmonautes à réaliser un troisième vol.