Le 20° cosmonaute, Vladislav N. Volkov, est né le 23 novembre 1935 à Moscou (Terre) dont le cœur reste le Kremlin, cette forteresse prodigieuse qui renferme des palais, des églises et
des musées.
Pour Vladislav, il semble qu’il n’existe rien d’autre que l’aviation dans ce monde. Son père est ingénieur en aéronautique, sa mère travaille dans une usine d’assemblage d’avions, sa maison se trouve près de l’aéroport de Moscou et ses voisins exercent un métier dans le transport aérien. Son père plaisante à peine lorsqu’il affirme que le premier mot prononcé par Vladislav, est « avion ».
C’est donc tout naturellement que Volkov s’inscrit, pour ses 17 ans, à l’aéroclub de l’Institution d’Aviation de Moscou afin de prendre des leçons de pilotage. Il y rencontre Patsaïev qui sera cosmonaute et dont il devient l’ami. En 1953, sur les conseils de ses parents et de ses professeurs, il entre dans cette institution en vue de poursuivre un cycle d’études supérieures. Il continue cependant à fréquenter l’aéroclub où il pratique aussi le parachutisme.
En 1959,
Volkov obtient son diplôme d’ingénieur en aéronautique et, désireux de faire carrière dans la cosmonautique, il est heureux d’être admis au Bureau d’études (OKB-1) de Moscou crée par Korolev, le
Constructeur Principal des fusées et le patron du programme spatial soviétique. Il rejoint Feoktistov, Elisseïev et Koubassov, de futurs cosmonautes qui travaillent déjà sur le Vostok, le premier
vaisseau spatial au monde qui amène le légendaire Youri Gagarine autour de la Terre, le 12 avril 1961.
Volkov surveille la construction et les essais de cet engin et il assiste, ému, aux lancements des Vostok 3 et 4, en août 1962. Il oeuvre ensuite sur le nouveau véhicule Soyouz, avant d’être affecté sur le Voskhod, un Vostok modifié pour accueillir deux à trois cosmonautes. Il se met au service de Feoktistov qui dirige ce programme et tous les deux se portent volontaires pour effectuer le vol inaugural. C’est Feoktistov qui est choisi pour embarquer sur Voskhod 1 en octobre 1964.
Si Volkov n’a pas eu la chance d’être retenu, il a du moins la possibilité d’être détaché, provisoirement, à la Cité des étoiles. Il éprouve beaucoup de satisfaction à s’entraîner avec l’équipage de support du vol Voskhod 2. Il peut même suivre, comme son collègue Elisseïev, la même formation aux sorties spatiales que Leonov qui devient le premier piéton du Cosmos, en mars 1965.
De retour au Bureau d’études, Volkov reprend sa tâche sur le Soyouz, le cœur rempli d’espérance. Il sait que Korolev souhaite ardemment que ses ingénieurs volent à bord de ce vaisseau, mais il n’a pas le temps de finaliser les démarches nécessaires auprès des autorités ministérielles. Il décède en janvier 1966 et c’est Michine, son successeur, qui termine les négociations.
En mai 1966, Volkov est ainsi recruté, à l’âge de 31 ans, dans l’équipe des huit cosmonautes-ingénieurs. Surnommé « Vadim », il devient très vite populaire en raison de son désir permanent d’aider les autres. Toujours enthousiaste, il aime chanter et jouer de la guitare. Ses aptitudes physiques sur le gazon ou sur la glace auraient pu faire de lui un footballeur ou un hockeyeur, de haut niveau.
Quatre mois après, Volkov rallie le groupe qui se familiarise, depuis un an, avec le Soyouz. Michine veut qu’il s’envole sur Soyouz 2 avec deux autres ingénieurs qui ont participé à la conception du vaisseau. Kamanine, le Directeur des équipages, et les anciens cosmonautes contestent fortement cette proposition. Seul Elisseïev est sélectionné et Volkov est désigné comme sa seconde doublure. Soyouz 2 doit s’amarrer au Soyouz 1 lancé le 23 avril 1967 avec Komarov, mais son départ est annulé après les sérieuses défaillances du premier vaisseau qui s’écrase malheureusement sur Terre, un jour plus tard.
Volkov suit également un entraînement de copilote sur le Soyouz lunaire pour un survol de l’astre des nuits dans le cadre du programme L1, annulé en 1969. Cette année-là, il est, à nouveau, la seconde doublure d’Elisseïev qui effectue une sortie dans l’Espace entre Soyouz 5 et Soyouz 4, en janvier.
Après la réalisation de ces missions, Volkov est nommé membre de Soyouz 7, la cible d’amarrage de Soyouz 8 surveillée par Soyouz 6, une opération qui prépare la jonction de la station orbitale Saliout par des Soyouz pour la relève des équipages. Au cours de cette expédition, il doit échanger sa place avec celle d’Elisseïev de Soyouz 8, mais en sortant dans le vide.
Du 12 au 17
octobre 1969, Volkov accomplit sur Soyouz 7 (6,57 tonnes/6,98 mètres) son 1er vol de 4 j 22 h 40 mn autour de la Terre, en compagnie de Gorbatko et de Filiptchenko, le
commandant de bord. La veille de son lancement, Chonine et Koubassov sont partis
dans Soyouz 6 et le lendemain de sa mise en orbite, c’est au tour de Chatalov et d’Elisseïev sur Soyouz 8. Mais cette première spatiale, avec l’envoi de 3 vaisseaux et de 7
cosmonautes, ne se termine pas comme prévu. Soyouz 8 ne peut s’amarrer à Soyouz 7 en raison d’une panne du système de rendez-vous automatique, à 500 mètres de l’objectif. Ce n’est pas
l’accomplissement parfait du programme d’observation de la Terre et de l’univers qui va consoler Volkov d’avoir perdu une occasion de devenir un marcheur du Cosmos.
En avril 1970, Volkov est attaché au nouveau programme de stations Saliout. Pour la troisième fois, il est sélectionné comme seconde doublure d’Elisseïev pour la mission Soyouz 10. La pièce d’amarrage endommagée de ce vaisseau empêche les cosmonautes de pénétrer dans Saliout 1, la première station au monde lancée le 19 avril 1971. Volkov s’entraîne ensuite comme première doublure de Koubassov pour le vol Soyouz 11, en attendant de prendre place sur Soyouz 12.
Deux jours avant le décollage de Soyouz 11, Volkov se trouve à Baïkonour avec ses deux autres collègues doublures. Ils apprennent, avec un mélange de surprise et de joie, mais aussi de compassion pour Koubassov, qu’ils vont partir à la place de l’équipage principal. Koubassov est, en effet, déclaré inapte, car les médecins croient (à tort) qu’il est atteint de tuberculose et la réglementation prévoit que tout l’équipage doit être remplacé si un des cosmonautes est exclu sur le lieu du lancement.
Du 6 au
30 juin 1971, Volkov effectue sa 2ème et dernière mission de 23 j 18 h 21 mn sur Soyouz 11 (6,79 tonnes/6,98 mètres) et dans Saliout 1 (18,50 tonnes/15 mètres) autour
de la Terre, en compagnie de Patsaïev, son ami de vingt ans, et de Dobrovolsky, le commandant de bord. C’est la première fois qu’une station est occupée et le record de durée réalisé est celui
qui a été fixé le jour du départ. Il est supérieur de six jours au précédent exploit décroché, un an plus tôt, par Nikolaïev et Sevastianov sur Soyouz 9.
En rentrant dans Saliout, Volkov fait sourire les contrôleurs assis devant leur écran. Ils le voient en train de baisser la tête tout en décrivant un demi-cercle avec sa main droite ouverte comme s’il saluait, devant lui, la propriétaire de la maison spatiale. Pour les trois locataires, le travail à réaliser est considérable : surveillance et réparation éventuelle des appareillages, télédétection des ressources terrestres et photographie des formations atmosphériques, expériences biologiques et médicales, observation des étoiles.
Le dévouement de Volkov pour ses deux camarades, touche Dobrovolsky qui fait part de sa satisfaction au Centre de contrôle : « C’est un chic type et un excellent ingénieur. Il nous aide beaucoup, Patsaïev et moi, dans notre premier vol. Il consacre toute son énergie à la réussite de notre mission ». Mais peu à peu, Volkov se comporte comme un commandant de bord. Dobrovolsky va alors montrer quelques signes d’agacement, surtout le 16 juin.
Ce jour-là, c’est Volkov qui signale aux contrôleurs une odeur de brûlé et de fumée dans la station. Instruction est donnée à l’équipage de se réfugier immédiatement dans le Soyouz et de se préparer à abandonner Saliout, si la situation l’exigeait. Mais Volkov veut découvrir l’origine de cette émanation, ignorant les ordres répétés de Dobrovolsky. Finalement, il obéit. Au préalable, le système électrique de secours et celui de purification de l’air sont actionnés. Après un contrôle de la composition de l’atmosphère, l’équipage réintègre la station quarante minutes plus tard. Les cosmonautes constatent effectivement la disparition de l'odeur, mais ils trouvent inquiétant que ce soit un câble électrique qui ait pris feu.
Bien que cet
incendie mineur se soit éteint de lui-même, ils redoutent d’autres accidents de ce type qui pourraient être beaucoup plus graves. Ils demandent alors s’il ne serait pas plus prudent d’interrompre
le vol. Ils sont rassurés après les explications données par les experts du câblage de la station. Le lendemain, Kamanine et Michine profitent que Volkov soit de veille, pour lui rappeler avec
insistance qu’il n’est pas le commandant de bord et qu’il doit suivre les ordres de Dobrovolsky. Il faut qu’il respecte également les consignes communiquées par les contrôleurs de vol.
Après deux semaines en orbite, les médecins craignent que les cosmonautes ne puissent arriver au terme de leur mission, car ils ne font pas assez d’exercice pour rester en forme et pour supporter les conditions de la rentrée atmosphérique. Mais le très lourd plan de vol ne leur laisse pas beaucoup de temps pour s’entraîner avec des équipements imparfaits. Ainsi, la combinaison Pingouin qui oblige les muscles à se contracter, ne remplit plus son rôle. Ses bandes élastiques sont usées ou déchirées. Quant au tapis roulant sur lequel courent les cosmonautes, il fait vibrer les panneaux solaires et il agite le carburant dans les réservoirs. Pourtant l’équipage se sent en si bonne condition physique qu’il souhaite rester un mois en orbite, ce que refuse Kamanine.
Puis, le jour du retour arrive. Les cosmonautes quittent la station, pénètrent dans le module orbital du Soyouz, puis dans le module de descente. Ils ferment le sas qui relie ces deux modules, mais ils doivent recommencer cette opération plusieurs fois. Un voyant leur signale qu’il est toujours ouvert. Après vingt minutes d’efforts qui mettent les nerfs de l’équipage à rude épreuve, le Soyouz se sépare de Saliout et s’éloigne.
Plus tard, les moteurs s’allument pendant trois minutes pour que le Soyouz quitte son orbite et effectue sa rentrée automatique. Le Centre de contrôle reçoit la télémétrie indiquant le succès de cette manœuvre. Neuf minutes après l’extinction des rétrofusées, le module orbital, le module de service et le module de descente doivent se séparer. Les contrôleurs se demandent si ces opérations ont bien eu lieu, car ils ne reçoivent aucune confirmation verbale des cosmonautes. Seize minutes plus tard, ils sont soulagés : un radar vient de détecter le module de descente. La plupart d’entre eux pensent que l’absence de communications avec l’équipage est causée par une panne du système d’émission ou une détérioration des antennes sur le vaisseau.
L’équipe de récupération voit enfin Soyouz 11 accroché sous son parachute. Apentchenko décrit la scène : « Quelle belle matinée !
Tout est si calme. Tout se déroule si bien, selon le programme et l’horaire. Le vaisseau se pose doucement, sans briser une seule fleur. Il n’y a que cette interruption de liaisons avec eux, pour
une raison inconnue. Et puis, on ouvre l’écoutille ». Quelqu'un dit alors : « Ils ont l’air de dormir ». Il croit un instant qu’ils sont évanouis et on s’empresse de les
sortir du vaisseau pour les réanimer. Hélas, toute étincelle de vie a déjà quitté leurs corps. Les médecins constatent
qu'ils sont morts par anoxie, un manque d’oxygène.
Les enquêteurs ont noté des anomalies relevées à l’intérieur de la cabine par les membres de l'équipe de récupération. Avant d'évacuer les trois cosmonautes, ils se
sont aperçus que les sangles de leurs couchettes étaient relâchées, davantage pour celles de Dobrovolsky. Ensuite, l'examen de l'habitacle a montré le déplacement
d'une pièce de la soupape de mise à l’air libre située sous le siège central du commandant de bord. Enfin, la radio était fermée. A partir de ces indices, le film tragique des
évènements est reconstitué en partie.
Alors que le Soyouz se trouve encore dans l’Espace, des charges explosives détachent
les trois modules qui le constituent. Mais la séparation avec le module de descente, est beaucoup trop brutale. Le contrecoup déloge une articulation qui ouvre, prématurément, une soupape
destinée au passage d’air frais lors de la rentrée dans l'atmosphère. La cabine commence alors à se vider de son oxygène. Pendant seulement quinze secondes, les trois cosmonautes restent
conscients. Ils sont alertés par la baisse de pression, signe d’une fuite. Ils éteignent la radio pour localiser le bruit. Ils desserrent les sangles pour atteindre, sans doute, la
soupape défaillante. Les malheureux cosmonautes sont ensuite dans l’incapacité de bouger. Ils sombrent dans le coma et meurent.
Dans son livre, Volkov avait écrit : « La pendule étoilée qui compte les heures de l’existence du cosmonaute, doit s’arrêter un jour. Mais
pour un temps seulement, car d’autres viendront… ».
Il quitte cette institution en 1952, avec sa licence en sciences. Il
préfère alors naviguer dans les cieux, plutôt que de voguer sur les eaux. Il s’engage donc dans l’Armée de l’air.
Affecté sur le programme Apollo, Eisele est pressenti
pour participer au premier vol de la cabine lunaire, avec Grissom et Chaffee. Dans le cadre de son entraînement, il effectue, avant la Noël 1965, des vols paraboliques à bord d’un avion KC-135. A
l’issue d’une phase de chute libre créant une impesanteur d’une vingtaine de secondes, il se luxe l’épaule. La gêne et la douleur s’aggravent brusquement après une partie de hand-ball. Eisele
doit alors subir une intervention chirurgicale en janvier 1966.
Du 11 au 22
octobre 1968, Eisele effectue son unique mission de 10 j 20 h 09 mn autour de la Terre, sur Apollo 7 (14,67 tonnes/11,14 mètres) avec Cunningham et Schirra, le commandant de
bord. Près de trois heures après la mise en orbite, Eisele détache la cabine du 2° étage S-IVB, s’éloigne de 15 m, puis fait un demi-tour pour s’approcher à 1,20 m de lui. Il répète la manœuvre
qui précède l’extraction du module lunaire (LM) fixé sur l’étage-fusée. Les astronautes constatent alors qu’une des quatre pétales de 6,60 m de long qui protègeront le LM, n’est ouvert qu’à 25°
au lieu des 45°. A l'avenir, ces panneaux seront éjectés pour que l’amarrage ait lieu sans problème. Le vol en formation avec le S-IVB dure 15 mn au lieu des 40 mn prévues, en raison d’une
dépense excessive de combustible.
de 9,3 tonnes de poussée effectuées au cours de la mission. Surpris par
la puissance du moteur principal, Eisele lâche un commentaire imagé : « Un vrai coup de pied dans le derrière ! ». Pendant l’opération, Apollo ne peut rester qu’à 21 mètres du S-IVB de
17,80 m de long qui culbute dangereusement. Le vol de conserve prend fin vingt minutes plus tard au lieu de la demi-heure souhaitée, toujours à cause d’une consommation trop importante de
carburant.
Tout au long
du vol, Eisele va très peu dormir. Il est toujours de veille lorsque ses deux compagnons sont assoupis, mais quand vient son tour, son sommeil est fréquemment interrompu par le bruit des
activités de ses deux collègues et par les chuchotements de Schirra, d’un naturel bavard. Eisele est, quant à lui, plus respectueux du repos des autres. Ainsi, lorsque intervient une panne de
courant, il va chercher et trouver, en silence, la cause. Pour remédier au mauvais fonctionnement de la climatisation, les astronautes avaient branché tous les ventilateurs en même temps. Eisele
répare alors, avec succès, le circuit électrique endommagé, en prenant soin de ne pas réveiller ses deux camarades.
astronautes indisciplinés d’Apollo 7. Ses craintes sont fondées. En juin 1969, il n’est pas désigné par
Slayton comme pilote de la cabine dans l’équipage d’Apollo 13 qui deviendra celui d’Apollo 14. C’est Roosa qui est choisi. Le Directeur des équipages est, en effet, persuadé que Kraft aurait
refusé sa nomination à cause de sa conduite sur Apollo 7 et de son prochain divorce, très mal vu à l’époque.
En mars 1960,
Gorbatko est accepté, à l’âge de 26 ans, dans le 1er groupe des 20 cosmonautes retenus sur un total de 3 000 volontaires questionnés par des agents recruteurs visitant
les bases militaires. Il va être le douzième et dernier de cette équipe à connaître le grand frisson spatial. Souriant et aimable, il pratique le tennis et collectionne les timbres.
Du 12 au 17 octobre 1969, Gorbatko réalise sur Soyouz 7 (6,57 tonnes/6,98 mètres) son 1er vol de 4 j 22 h 40 mn autour de la Terre, en
compagnie de Volkov et de Filiptchenko, le commandant de bord.
Il assiste, avec regret, à la rencontre trop lointaine (500 m) avec
Soyouz 8 lancé le 13 et piloté par Chatalov et Elisseïev. La panne de leur système de rendez-vous automatique Igla les empêche de s’amarrer à Soyouz 7, sous la surveillance de Chonine et de
Koubassov en orbite dans Soyouz 6 depuis le 11. Ces deux cosmonautes ne peuvent donc pas filmer non plus le transfert d’Elisseïev et de Volkov, d’une cabine à l’autre.
Du 7 au 25 février 1977, Gorbatko accomplit, avec Glaskov, sa 2° mission de 17 j 17 h 26 mn autour de la Terre, à bord de Soyouz 24 (6,55
tonnes/6,98 mètres) et de Saliout 5 (18,50 tonnes/11 mètres). Arrivés à 80 m de la station, Gorbatko voit soudain s’interrompre le système de rendez-vous automatique Igla. Il prend donc les
commandes manuelles plus tôt que prévu. Avec habileté, il consomme peu de carburant et il réussit l’accrochage avec Saliout 5, pourtant difficile, car la station est plongée dans l’obscurité,
avec son sas d’amarrage à peine éclairé.
l’atmosphère empoisonnée s’est dissipée. Gorbatko s’exclame alors : « C’est comme si
on emménageait dans une belle et grande maison toute propre ! ». Cependant, pour simuler et compenser une perte d’étanchéité, les responsables du vol demandent, plus tard, aux cosmonautes de
vider une partie de l’atmosphère de la station. Ils ouvrent une valve du sas en contact avec l’extérieur. Aussitôt, les bouteilles d’air comprimé libèrent un pur et agréable fluide gazeux que
Gorbatko et Glaskov respirent à pleins poumons.
Du 23 au 31 juillet 1980, Gorbatko effectue avec le Vietnamien Tuan, son 3° et dernier vol de 7 j 20 h 42 mn autour de la Terre, à bord de Soyouz
37 (6,55 tonnes/6,98 mètres) et de Saliout 6-Soyouz 36 (25,05 tonnes/18 mètres). Après s’être amarrés à l’arrière de la station, les deux cosmonautes sont reçus par Popov et Rioumine arrivés
trois mois plus tôt.
Comme près de la moitié des
voyageurs du cosmos, Tuan éprouve le « mal de l’espace », un étrange malaise qui dure quelques heures, le temps qu’il s’adapte au phénomène de l’apesanteur. En l’absence de haut et de
bas, ses yeux et son cerveau sont perturbés et il est pris de nausées, accompagnées de maux de tête et d’une perte d’appétit. A tous ces ennuis se rajoute une rage de dents. Une fois rétabli,
Tuan peut accomplir son programme de travail.
cosmonautes du vol Soyouz 39 qui amène un Mongol dans l’Espace. Sa doublure, le jovial Ganzorik, sympathise avec Jean-Loup qui devient, en
juin 1982 sur un Soyouz, notre premier spationaute suivi de Patrick, trois ans plus tard, à bord de la Navette Discovery.
En septembre 1966, Slayton, le Directeur des équipages, nomme Cunningham sur la mission Apollo 2. Il est ravi, puis désappointé deux mois plus tard en apprenant que son
vol, une répétition du premier, est annulé. Ensuite, il est à moitié consolé lorsqu’il est choisi sur Apollo 1, comme doublure de Chaffee. Ce dernier meurt le 27 janvier 1967 avec ses camarades
Grissom et White, dans l’incendie de leur cabine, lors d’un essai au sol. En mai, Cunningham est ainsi sélectionné pour prendre place sur le premier et prochain vaisseau Apollo, davantage
sécurisé.
Du 11 au
22 octobre 1968, Cunningham réalise son unique vol de 10 j 20 h 09 mn autour de la Terre, sur Apollo 7 (14,67 tonnes/11,14 mètres) avec Eisele et Schirra, le commandant de
bord.
Afin d’arrêter leur rhume, les astronautes dévalisent la pharmacie de bord jusqu’au moment où ils constatent qu’ils n’auront pas assez de décongestionnants pour le reste
de la mission. Ils gardent alors, précieusement, les trois derniers comprimés à prendre avant la rentrée atmosphérique. Car il est important que leur nez et leur sinus soient débouchés pour
éviter que l’augmentation brutale de pression n’abîme leurs tympans.
Mais l’année 1970 va remettre en question tous les espoirs de Cunningham. En janvier, il prend connaissance de la suppression du vol lunaire Apollo 20. Le commandant de bord
pressenti, l'influent Conrad, montre alors un intérêt croissant pour Skylab. Cunningham essaye de se convaincre que si le troisième piéton lunaire est choisi pour diriger la première mission, il
espère commander un des deux autres vols suivants. En août, Cunningham n’est donc pas surpris d’être remplacé à la tête du programme par Conrad, nommé par Slayton. Le mois suivant, l’horizon
s’assombrit davantage pour Cunningham, après l’annulation des missions lunaires Apollo 18 et 19 qui laisse d’autres astronautes sans affectation, en concurrence directe avec lui.