Le 20° cosmonaute, Vladislav N. Volkov
, est né le 23 novembre 1935 à Moscou (Terre) dont le cœur reste le Kremlin, cette forteresse prodigieuse qui renferme des palais, des églises et des musées.

Pour Vladislav, il semble qu’il n’existe rien d’autre que l’aviation dans ce monde. Son père est ingénieur en aéronautique, sa mère travaille dans une usine d’assemblage d’avions, sa maison se trouve près de l’aéroport de Moscou et ses voisins exercent un métier dans le transport aérien. Son père plaisante à peine lorsqu’il affirme que le premier mot prononcé par Vladislav, est « avion ».

C’est donc tout naturellement que Volkov s’inscrit, pour ses 17 ans, à l’aéroclub de l’Institution d’Aviation de Moscou afin de prendre des leçons de pilotage. Il y rencontre Patsaïev qui sera cosmonaute et dont il devient l’ami. En 1953, sur les conseils de ses parents et de ses professeurs, il entre dans cette institution en vue de poursuivre un cycle d’études supérieures. Il continue cependant à fréquenter l’aéroclub où il pratique aussi le parachutisme.

volkov-2.jpg En 1959, Volkov obtient son diplôme d’ingénieur en aéronautique et, désireux de faire carrière dans la cosmonautique, il est heureux d’être admis au Bureau d’études (OKB-1) de Moscou crée par Korolev, le Constructeur Principal des fusées et le patron du programme spatial soviétique. Il rejoint Feoktistov, Elisseïev et Koubassov, de futurs cosmonautes qui travaillent déjà sur le Vostok, le premier vaisseau spatial au monde qui amène le légendaire Youri Gagarine autour de la Terre, le 12 avril 1961.

Volkov surveille la construction et les essais de cet engin et il assiste, ému, aux lancements des Vostok 3 et 4, en août 1962. Il oeuvre ensuite sur le nouveau véhicule Soyouz, avant d’être affecté sur le Voskhod, un Vostok modifié pour accueillir deux à trois cosmonautes. Il se met au service de Feoktistov qui dirige ce programme et tous les deux se portent volontaires pour effectuer le vol inaugural. C’est Feoktistov qui est choisi pour embarquer sur Voskhod 1 en octobre 1964.

Si Volkov n’a pas eu la chance d’être retenu, il a du moins la possibilité d’être détaché, provisoirement, à la Cité des étoiles. Il éprouve beaucoup de satisfaction à s’entraîner avec l’équipage de support du vol Voskhod 2. Il peut même suivre, comme son collègue Elisseïev, la même formation aux sorties spatiales que Leonov qui devient le premier piéton du Cosmos, en mars 1965.

De retour au Bureau d’études, Volkov reprend sa tâche sur le Soyouz, le cœur rempli d’espérance. Il sait que Korolev souhaite ardemment que ses ingénieurs volent à bord de ce vaisseau, mais il n’a pas le temps de finaliser les démarches nécessaires auprès des autorités ministérielles. Il décède en janvier 1966 et c’est Michine, son successeur, qui termine les négociations.

En mai 1966, Volkov est ainsi recruté, à l’âge de 31 ans, dans l’équipe des huit cosmonautes-ingénieurs. Surnommé « Vadim », il devient très vite populaire en raison de son désir permanent d’aider les autres. Toujours enthousiaste, il aime chanter et jouer de la guitare. Ses aptitudes physiques sur le gazon ou sur la glace auraient pu faire de lui un footballeur ou un hockeyeur, de haut niveau.

Quatre mois après, Volkov rallie le groupe qui se familiarise, depuis un an, avec le Soyouz. Michine veut qu’il s’envole sur Soyouz 2 avec deux autres ingénieurs qui ont participé à la conception du vaisseau. Kamanine, le Directeur des équipages, et les anciens cosmonautes contestent fortement cette proposition. Seul Elisseïev est sélectionné et Volkov est désigné comme sa seconde doublure. Soyouz 2 doit s’amarrer au Soyouz 1 lancé le 23 avril 1967 avec Komarov, mais son départ est annulé après les sérieuses défaillances du premier vaisseau qui s’écrase malheureusement sur Terre, un jour plus tard.

Volkov suit également un entraînement de copilote sur le Soyouz lunaire pour un survol de l’astre des nuits dans le cadre du programme L1, annulé en 1969. Cette année-là, il est, à nouveau, la seconde doublure d’Elisseïev qui effectue une sortie dans l’Espace entre Soyouz 5 et Soyouz 4, en janvier.

Après la réalisation de ces missions, Volkov est nommé membre de Soyouz 7, la cible d’amarrage de Soyouz 8 surveillée par Soyouz 6, une opération qui prépare la jonction de la station orbitale Saliout par des Soyouz pour la relève des équipages. Au cours de cette expédition, il doit échanger sa place avec celle d’Elisseïev de Soyouz 8, mais en sortant dans le vide.

Du 12 au 17 octobre 1969, Volkov accomplit sur Soyouz 7 (6,57 tonnes/6,98 mètres) son 1er vol de 4 j 22 h 40 mn autour de la Terre, en compagnie de Gorbatko et de Filiptchenko, le commandant de bord. La veille de son lancement, Chonine et Koubassov sont partis volkov-5.jpg dans Soyouz 6 et le lendemain de sa mise en orbite, c’est au tour de Chatalov et d’Elisseïev sur Soyouz 8. Mais cette première spatiale, avec l’envoi de 3 vaisseaux et de 7 cosmonautes, ne se termine pas comme prévu. Soyouz 8 ne peut s’amarrer à Soyouz 7 en raison d’une panne du système de rendez-vous automatique, à 500 mètres de l’objectif. Ce n’est pas l’accomplissement parfait du programme d’observation de la Terre et de l’univers qui va consoler Volkov d’avoir perdu une occasion de devenir un marcheur du Cosmos.

En avril 1970, Volkov est attaché au nouveau programme de stations Saliout. Pour la troisième fois, il est sélectionné comme seconde doublure d’Elisseïev pour la mission Soyouz 10. La pièce d’amarrage endommagée de ce vaisseau empêche les cosmonautes de pénétrer dans Saliout 1, la première station au monde lancée le 19 avril 1971. Volkov s’entraîne ensuite comme première doublure de Koubassov pour le vol Soyouz 11, en attendant de prendre place sur Soyouz 12.

Deux jours avant le décollage de Soyouz 11, Volkov se trouve à Baïkonour avec ses deux autres collègues doublures. Ils apprennent, avec un mélange de surprise et de joie, mais aussi de compassion pour Koubassov, qu’ils vont partir à la place de l’équipage principal. Koubassov est, en effet, déclaré inapte, car les médecins croient (à tort) qu’il est atteint de tuberculose et la réglementation prévoit que tout l’équipage doit être remplacé si un des cosmonautes est exclu sur le lieu du lancement.

volkov-4.jpg Du 6 au 30 juin 1971, Volkov effectue sa 2ème et dernière mission de 23 j 18 h 21 mn sur Soyouz 11 (6,79 tonnes/6,98 mètres) et dans Saliout 1 (18,50 tonnes/15 mètres) autour de la Terre, en compagnie de Patsaïev, son ami de vingt ans, et de Dobrovolsky, le commandant de bord. C’est la première fois qu’une station est occupée et le record de durée réalisé est celui qui a été fixé le jour du départ. Il est supérieur de six jours au précédent exploit décroché, un an plus tôt, par Nikolaïev et Sevastianov sur Soyouz 9.

En rentrant dans Saliout, Volkov fait sourire les contrôleurs assis devant leur écran. Ils le voient en train de baisser la tête tout en décrivant un demi-cercle avec sa main droite ouverte comme s’il saluait, devant lui, la propriétaire de la maison spatiale. Pour les trois locataires, le travail à réaliser est considérable : surveillance et réparation éventuelle des appareillages, télédétection des ressources terrestres et photographie des formations atmosphériques, expériences biologiques et médicales, observation des étoiles.

Le dévouement de Volkov pour ses deux camarades, touche Dobrovolsky qui fait part de sa satisfaction au Centre de contrôle : « C’est un chic type et un excellent ingénieur. Il nous aide beaucoup, Patsaïev et moi, dans notre premier vol. Il consacre toute son énergie à la réussite de notre mission ». Mais peu à peu, Volkov se comporte comme un commandant de bord. Dobrovolsky va alors montrer quelques signes d’agacement, surtout le 16 juin.

Ce jour-là, c’est Volkov qui signale aux contrôleurs une odeur de brûlé et de fumée dans la station. Instruction est donnée à l’équipage de se réfugier immédiatement dans le Soyouz et de se préparer à abandonner Saliout, si la situation l’exigeait. Mais Volkov veut découvrir l’origine de cette émanation, ignorant les ordres répétés de Dobrovolsky. Finalement, il obéit. Au préalable, le système électrique de secours et celui de purification de l’air sont actionnés. Après un contrôle de la composition de l’atmosphère, l’équipage réintègre la station quarante minutes plus tard. Les cosmonautes constatent effectivement la disparition de l'odeur, mais ils trouvent inquiétant que ce soit un câble électrique qui ait pris feu.

Bien que cet incendie mineur se soit éteint de lui-même, ils redoutent d’autres accidents de ce type qui pourraient être beaucoup plus graves. Ils demandent alors s’il ne serait pas plus prudent d’interrompre le vol. Ils sont rassurés après les explications données par les experts du câblage de la station. Le lendemain, Kamanine et Michine profitent que Volkov soit de veille, pour lui rappeler avec insistance qu’il n’est pas le commandant de bord et qu’il doit suivre les ordres de Dobrovolsky. Il faut qu’il respecte également les consignes communiquées par les contrôleurs de vol.

Après deux semaines en orbite, les médecins craignent que les cosmonautes ne puissent arriver au terme de leur mission, car ils ne font pas assez d’exercice pour rester en forme et pour supporter les conditions de la rentrée atmosphérique. Mais le très lourd plan de vol ne leur laisse pas beaucoup de temps pour s’entraîner avec des équipements imparfaits. Ainsi, la combinaison Pingouin qui oblige les muscles à se contracter, ne remplit plus son rôle. Ses bandes élastiques sont usées ou déchirées. Quant au tapis roulant sur lequel courent les cosmonautes, il fait vibrer les panneaux solaires et il agite le carburant dans les réservoirs. Pourtant l’équipage se sent en si bonne condition physique qu’il souhaite rester un mois en orbite, ce que refuse Kamanine.

Puis, le jour du retour arrive. Les cosmonautes quittent la station, pénètrent dans le module orbital du Soyouz, puis dans le module de descente. Ils ferment le sas qui relie ces deux modules, mais ils doivent recommencer cette opération plusieurs fois. Un voyant leur signale qu’il est toujours ouvert. Après vingt minutes d’efforts qui mettent les nerfs de l’équipage à rude épreuve, le Soyouz se sépare de Saliout et s’éloigne.

Plus tard, les moteurs s’allument pendant trois minutes pour que le Soyouz quitte son orbite et effectue sa rentrée automatique. Le Centre de contrôle reçoit la télémétrie indiquant le succès de cette manœuvre. Neuf minutes après l’extinction des rétrofusées, le module orbital, le module de service et le module de descente doivent se séparer. Les contrôleurs se demandent si ces opérations ont bien eu lieu, car ils ne reçoivent aucune confirmation verbale des cosmonautes. Seize minutes plus tard, ils sont soulagés : un radar vient de détecter le module de descente. La plupart d’entre eux pensent que l’absence de communications avec l’équipage est causée par une panne du système d’émission ou une détérioration des antennes sur le vaisseau.

L’équipe de récupération voit enfin Soyouz 11 accroché sous son parachute. Apentchenko décrit la scène : « Quelle belle matinée ! Tout est si calme. Tout se déroule si bien, selon le programme et l’horaire. Le vaisseau se pose doucement, sans briser une seule fleur. Il n’y a que cette interruption de liaisons avec eux, pour une raison inconnue. Et puis, on ouvre l’écoutille ». Quelqu'un dit alors : « Ils ont l’air de dormir ». Il croit un instant qu’ils sont évanouis et on s’empresse de les sortir du vaisseau pour les réanimer. Hélas, toute étincelle de vie a déjà quitté leurs corps. Les médecins constatent qu'ils sont morts par anoxie, un manque d’oxygène. 
Les enquêteurs ont noté des anomalies relevées à l’intérieur de la cabine par les membres de l'équipe de récupération. Avant d'évacuer les trois cosmonautes, ils se sont aperçus que les sangles de leurs couchettes étaient relâchées, davantage pour celles de Dobrovolsky. Ensuite, l'examen de l'habitacle a montré le déplacement d'une pièce de la soupape de mise à l’air libre située sous le siège central du commandant de bord. Enfin, la radio était fermée. A partir de ces indices, le film tragique des évènements est reconstitué en partie.
Alors que le Soyouz se trouve encore dans l’Espace, des charges explosives détachent les trois modules qui le constituent. Mais la séparation avec le module de descente, est beaucoup trop brutale. Le contrecoup déloge une articulation qui ouvre, prématurément, une soupape destinée au passage d’air frais lors de la rentrée dans l'atmosphère. La cabine commence alors à se vider de son oxygène. Pendant seulement quinze secondes, les trois cosmonautes restent conscients. Ils sont alertés par la baisse de pression, signe d’une fuite. Ils éteignent la radio pour localiser le bruit. Ils desserrent les sangles pour atteindre, sans doute, la soupape défaillante. Les malheureux cosmonautes sont ensuite dans l’incapacité de bouger. Ils sombrent dans le coma et meurent.
Dans son livre, Volkov avait écrit : « La pendule étoilée qui compte les heures de l’existence du cosmonaute, doit s’arrêter un jour. Mais pour un temps seulement, car d’autres viendront… ».


Le 20° astronaute, Donn Eisele
, est né le 23 juin 1930 à Columbus (Terre) dans l’Etat de l’Ohio qu’un explorateur des espaces terrestres, Cavelier de La Salle, a découvert en 1670 et qui fut administré, pendant près d'un siècle, par des Français du Canada.

Amoureux des animaux, Donn passe une grande partie de ses vacances scolaires comme gardien de zoo, sans envisager pour autant de devenir dompteur ou vétérinaire. A 18 ans, il réussit brillamment son examen d’entrée à l’Académie Navale d’Annapolis, alors que d’autres, munis d’une lettre de recommandation, en sont dispensés. eisele-2.jpg Il quitte cette institution en 1952, avec sa licence en sciences. Il préfère alors naviguer dans les cieux, plutôt que de voguer sur les eaux. Il s’engage donc dans l’Armée de l’air.

Eisele entreprend une formation de pilote au Texas, en Arizona et à la base aérienne de Tyndall en Floride où il rencontre Stafford, un futur astronaute. En 1954, il est affecté pour quatre années à Ellsworth, en tant que pilote-intercepteur. Très attiré par les techniques spatiales, il est admis ensuite à l’Institut de Technologie de Wright-Patterson qui lui décerne sa maîtrise en astronautique en 1960. En qualité d’ingénieur, il reste dans cet établissement pour travailler sur le moteur-fusée.

C'est en 1961 qu'Eisele est reçu à l’Ecole des pilotes d’essai d’Edwards où il retrouve son ami Stafford. Il devient instructeur, puis il est muté à la base de Kirtland, comme ingénieur de projet et pilote d’essai. En juin 1963, il apprend que la Nasa cherche de nouveaux astronautes. Il se met en rapport avec Stafford recruté neuf mois plus tôt et il lui fait part de son intention de le rejoindre. Ce dernier le patronne auprès des astronautes Slayton et Shepard, membres du jury de sélection. Mais leur appui n’est pas nécessaire, étant donné l’excellence des résultats du candidat.

En octobre 1963, Eisele rentre, à l’âge de 33 ans, dans la 3ème équipe des quatorze astronautes. Il est d’un caractère conciliant, avec un comportement empreint de bonnes manières. Il possède aussi un don d’imitateur qui réjouit tous ses collègues.

Affecté sur le programme Apollo, Eisele est pressenti pour participer au premier vol de la cabine lunaire, avec Grissom et Chaffee. Dans le cadre de son entraînement, il effectue, avant la Noël 1965, des vols paraboliques à bord d’un avion KC-135. A l’issue d’une phase de chute libre créant une impesanteur d’une vingtaine de secondes, il se luxe l’épaule. La gêne et la douleur s’aggravent brusquement après une partie de hand-ball. Eisele doit alors subir une intervention chirurgicale en janvier 1966.

Deux mois plus tard, Eisele prend connaissance de la composition officielle de l’équipage d’Apollo 1. Il est remplacé par White qui devait voler sur Apollo 2 ! Sa déception est si grande qu’il se rend, un soir, au domicile de Stafford pour verser quelques larmes sur l’épaule de son ami, comme un sportif qui vient de perdre sa qualification pour les Jeux Olympiques. Il le console en l’assurant qu’il aura une autre chance d’être désigné sur une prochaine expédition, lorsque sa convalescence sera terminée.

Effectivement, en septembre 1966, Slayton, le Directeur des équipages, le nomme pilote de la cabine Apollo 2. Mais son contentement ne dure que deux mois, car ce vol est annulé, la Nasa jugeant finalement inutile une répétition de la première mission. Désappointé, Eisele se retrouve comme doublure de White sur Apollo 1.

Le 26 janvier 1967, au Centre spatial Kennedy, il réalise, avec Schirra et Cunningham, des essais à bord de la cabine remplie d’une atmosphère azote-oxygène. Le jour suivant, c’est au tour de l’équipage principal de prendre place dans l’habitacle. Un court-circuit déclenche alors l’enfer dans l’atmosphère composée, cette fois-ci, d’oxygène pur pour simuler les conditions réelles de vol. En huit secondes et demie, les malheureux Grissom, White et Chaffee meurent asphyxiés par les gaz et les poussières toxiques des matériaux en combustion.

En mai 1967, Eisele est ainsi désigné pilote de la première cabine Apollo qui va être transformée après le tragique incendie dans lequel il aurait du périr. Le trio, chargé d’apprivoiser le nouveau vaisseau lunaire, s’appelle « 3 W » : Wally (Walter Schirra), Walter (Walter Cunningham) et Whatisname (Donn Eisele). Comme beaucoup de personnes ont du mal à prononcer correctement son patronyme, ses collègues ont baptisé Eisele « Quel est son nom ».

Du 11 au 22 octobre 1968, Eisele effectue son unique mission de 10 j 20 h 09 mn autour de la Terre, sur Apollo 7 (14,67 tonnes/11,14 mètres) avec Cunningham et Schirra, le commandant de bord. Près de trois heures après la mise en orbite, Eisele détache la cabine du 2° étage S-IVB, s’éloigne de 15 m, puis fait un demi-tour pour s’approcher à 1,20 m de lui. Il répète la manœuvre qui précède l’extraction du module lunaire (LM) fixé sur l’étage-fusée. Les astronautes constatent alors qu’une des quatre pétales de 6,60 m de long qui protègeront le LM, n’est ouvert qu’à 25° au lieu des 45°. A l'avenir, ces panneaux seront éjectés pour que l’amarrage ait lieu sans problème. Le vol en formation avec le S-IVB dure 15 mn au lieu des 40 mn prévues, en raison d’une dépense excessive de combustible.

Le lendemain, après une poursuite de 160 km, Eisele réalise un rendez-vous avec l’étage-fusée pour simuler un sauvetage : la jonction, en orbite lunaire basse, de la cabine Apollo et de l’étage supérieur du LM incapable de remonter sur une orbite haute pour rejoindre le vaisseau-mère. La manœuvre intervient grâce aux deux premières des huit mises à feu du SPS de 9,3 tonnes de poussée effectuées au cours de la mission. Surpris par la puissance du moteur principal, Eisele lâche un commentaire imagé : « Un vrai coup de pied dans le derrière ! ». Pendant l’opération, Apollo ne peut rester qu’à 21 mètres du S-IVB de 17,80 m de long qui culbute dangereusement. Le vol de conserve prend fin vingt minutes plus tard au lieu de la demi-heure souhaitée, toujours à cause d’une consommation trop importante de carburant.

Après Schirra et avant Cunningham, Eisele attrape un gros rhume de cerveau. Le responsable principal est le système de climatisation dont un des radiateurs est tombé en panne, entraînant une baisse de la température. Leur état de santé et le très lourd plan de vol sans cesse modifié par les contrôleurs, provoquent la mauvaise humeur des astronautes. Si Schirra est le plus contestataire, Eisele, d’ordinaire si courtois, a son mot à dire sur un exercice qu’il doit exécuter : « J’aimerais avoir une conversation avec l’homme - si c’est le mot - qui a demandé cette procédure particulièrement stupide ! ». Plus tard, il refuse de remettre le harnais porteur des électrodes qui enregistrent les battements de son cœur, car il juge ce système mal adapté.

Kraft, un des responsables du Centre spatial de Houston et le Chef des opérations en vol, est indigné par l’attitude des astronautes. Il demande à Slayton, le Directeur des équipages, Shepard, le Chef du Bureau des astronautes et Stafford, la doublure de Schirra, d’intervenir pour mettre fin à cette mutinerie. Mais aucun d’entre eux ne veut prendre le risque d’aggraver la situation. Kraft annonce à son entourage que ces astronautes ne revoleront plus (Avant son départ, Schirra a déjà fait savoir qu’Apollo 7 est sa dernière mission).

L’autorité pesante du vétéran Schirra sur ses jeunes coéquipiers se trouve aussi, un instant, ébranlée. Il s’énerve sur la durée d’un test de navigation en train d’être réalisé par Eisele. Ce dernier se redresse alors sur son siège et, en regardant son commandant, il lui dit : « Juste une fichue minute, Monsieur Schirra ! ».
Tout au long du vol, Eisele va très peu dormir. Il est toujours de veille lorsque ses deux compagnons sont assoupis, mais quand vient son tour, son sommeil est fréquemment interrompu par le bruit des activités de ses deux collègues et par les chuchotements de Schirra, d’un naturel bavard. Eisele est, quant à lui, plus respectueux du repos des autres. Ainsi, lorsque intervient une panne de courant, il va chercher et trouver, en silence, la cause. Pour remédier au mauvais fonctionnement de la climatisation, les astronautes avaient branché tous les ventilateurs en même temps. Eisele répare alors, avec succès, le circuit électrique endommagé, en prenant soin de ne pas réveiller ses deux camarades.

Mis à part les tests concluants sur le fonctionnement des divers moteurs et de l’appareillage de bord, l’équipage photographie remarquablement bien et de façon intensive la surface de la Terre. Les astronautes mettent au point les techniques de prise de vues du prochain programme des satellites d’applications terrestres Erts et celui de la future station habitée Skylab. C’est au cours de la sixième émission télévisée qu’Eisele peut enfin apparaître devant la caméra pour commenter les images. Il s’explique : « On ne m’a pas montré souvent, car il fallait bien quelqu’un qui actionne les pédales pour que la machine marche ! ».

Lors de l’amerrissage, une méchante vague et le vent dans les trois parachutes de 25 m de diamètre provoquent le basculement de la cabine Apollo. Pris d’une nausée, Eisele doit attendre treize minutes avant que le gonflement des trois ballons de flottaison redresse la capsule. Il déboucle alors les sangles de sa couchette et se dirige vers la baie des équipements pour sortir l’antenne radio qui émet un signal capté par l’hélicoptère de récupération.

Low, le Directeur du programme Apollo à Houston, va résumer le vol d‘une phrase : « Cette mission a atteint 101 % des objectifs que nous nous étions fixés au départ ». Le 1 % supplémentaire concerne la réalisation d’expériences non prévues à l’origine. L’équipage d’Apollo 8 peut donc partir passer les fêtes de Noël 1968 autour de la Lune.

En novembre 1968 et suite à une disposition arrêtée six mois plus tôt, Eisele est nommé doublure de Young, le pilote de la cabine Apollo 10 pour la mission en orbite lunaire de mai 1969. Mais, pour une sélection dans un équipage principal, Eisele s’inquiète sérieusement, car il a appris que Kraft éprouve du ressentiment à l’égard des astronautes indisciplinés d’Apollo 7. Ses craintes sont fondées. En juin 1969, il n’est pas désigné par Slayton comme pilote de la cabine dans l’équipage d’Apollo 13 qui deviendra celui d’Apollo 14. C’est Roosa qui est choisi. Le Directeur des équipages est, en effet, persuadé que Kraft aurait refusé sa nomination à cause de sa conduite sur Apollo 7 et de son prochain divorce, très mal vu à l’époque.

Eisele est accablé par cette décision qui lui interdit définitivement de survoler les mers et les cratères lunaires aux commandes de sa cabine. Il est alors transféré sur le programme Apollo Applications pour une mission dans la station orbitale Skylab prévue dans quatre ans, le temps que s’effacent les griefs contre lui. Cependant, Slayton et Stafford, devenu Chef du Bureau des astronautes, sont soucieux en constatant qu’Eisele, remarié, délaisse de plus en plus souvent son entraînement. Ils lui demandent de se ressaisir, mais Eisele éprouve un sentiment de désenchantement pour son nouveau travail moins excitant que celui sur Apollo. Philipps, le Directeur-général du programme lunaire à Washington, prend Eisele en sympathie et lui propose, par l’intermédiaire de Stafford, un autre poste à la Nasa qu’il accepte.

Eisele démissionne du Corps des Astronautes en juin 1970 et il rentre, comme Assistant Technique pour les vols habités, au Centre de recherches de Langley, connu pour ses importantes recherches sur la dynamique, la stabilité, la navigation et la rentrée des capsules dans l’atmosphère. Deux ans plus tard, il décide de s’engager dans l’humanitaire.

En juillet 1972, Eisele quitte la Nasa et part en Thaïlande agitée par une grave crise économique, sociale et politique. En tant que Directeur de l’U.S. Peace Corps, il s’occupe de l’aide américaine avec un dévouement sans borne. Pendant cinq ans, il se charge de l’approvisionnement alimentaire et il supervise les travaux de construction d’écoles et d’hôpitaux. Ses qualités de gestionnaire avisé vont le servir dans la suite de sa carrière.

En 1977, il retourne aux Etats-Unis pour prendre les fonctions de Directeur des ventes de la Marion Power Shovel Compagny, spécialisée notamment dans la fabrication d’engins d’exploitation minière. En juin 1978, Eisele participe au Congrès Espace et Civilisation de Lyon, avec d’anciens astronautes et des cosmonautes. L’année suivante, il devient Vice-président de la compagnie aérienne Trans Carib Air et, en mars 1981, il dirige le Service comptabilité des particuliers et des entreprises, clients de la société d’investissements Oppenheimer and Compagny. Il crée aussi sa propre firme de consultants, la Space Age America.

Le 1er décembre 1987, Eisele est retrouvé inanimé dans sa chambre d’hôtel à Tokyo, terrassé par une crise cardiaque, à l’âge de 57 ans. En qualité de consultant technique, il était venu annoncer, avec ses anciens collègues Slayton et Shepard, l’ouverture d’un « Space camp » pour les enfants japonais, parrainé par le Centre Marshall de la Nasa.


Le 21° cosmonaute, Victor V. Gorbatko
, est né le 3 décembre 1934 à Ventsi-Zaria (Terre) dans le nord du Caucase, cet impressionnant rempart montagneux entre l’Europe et l’Asie, coupé de hautes vallées difficiles d’accès, avec des gorges sombres et des arbres aux formes fantastiques.

Après des études secondaires, Gorbatko entre, en 1952, dans un établissement de formation des pilotes militaires où il rencontre, pour la première fois, Khrounov, un futur cosmonaute qu’il suivra comme son ombre pendant une grande partie de sa carrière. Une fois leur entraînement terminé sur le Yak-18, ils se retrouvent, un an plus tard, à la Grande Ecole de l’Armée de l’Air de Bataïsk. Diplômés en aéronautique en 1956, ils servent alors dans la même escadrille, comme pilote de chasse. Puis, sur une période de quatre ans, Gorbatko est affecté dans divers régiments aériens, avant d’être contacté, comme Khrounov, pour devenir un « voyageur de l’Espace ».

En mars 1960, Gorbatko est accepté, à l’âge de 26 ans, dans le 1er groupe des 20 cosmonautes retenus sur un total de 3 000 volontaires questionnés par des agents recruteurs visitant les bases militaires. Il va être le douzième et dernier de cette équipe à connaître le grand frisson spatial. Souriant et aimable, il pratique le tennis et collectionne les timbres.

Parallèlement à son entraînement, Gorbatko commence à suivre, dès 1961, des cours à l’Académie des ingénieurs en aéronautique de l’Armée de l’Air Joukovski, en vue d’obtenir son diplôme. En septembre 1963, il est rattaché au programme Vostok qui prévoit le lancement de quatre autres cabines monoplace, après la mission Vostok 6 de Valentina Terechkova, la première femme cosmonaute, mise en orbite en juin 1963.

En février 1964, Gorbatko rejoint le programme Voskhod suite à l’annulation des vols supplémentaires du Vostok. Ce n’est pas sans lui déplaire, car ce changement multiplie ses chances de partir, le Voskhod pouvant emporter deux à trois cosmonautes. Il connaît alors une suite de déconvenues pour son affectation sur le vol biplace Voskhod 2 de mars 1965.

Gorbatko s’entraîne avec trois autres camarades, dont Khrounov, dans l’espoir d’être le premier piéton de l’Espace. Mais c’est Leonov qui est sélectionné. Il reste en compétition avec ses deux autres collègues pour la place de commandant de bord. Mais c’est Beliaïev qui est choisi. Il devient sa première doublure jusqu’à ce qu’il tombe malade. Victime d’une grave inflammation des amygdales, il est hospitalisé. Les examens révèlent des contractions prématurées de son cœur. Il se voit cloué au sol définitivement. Heureusement, après l’ablation des amygdales, les médecins constatent que les battements de son cœur sont redevenus normaux. Six semaines plus tard, il réintègre l’équipage de Voskhod 2, en tant que seconde doublure de Leonov, la première doublure étant Khrounov.

Par la suite, Gorbatko occupe la fonction de deuxième doublure sur le vol Voskhod 3 et sur le vol féminin Voskhod 5, puis celle de première doublure de Khrounov sur Voskhod 6, avant que les missions Voskhod 3 à 6 soient supprimées, en janvier 1966, pour ne pas retarder le programme Soyouz. Il est alors affecté sur Soyouz 2, à nouveau comme doublure de Khrounov. Ce vol est annulé après le lancement, le 23 avril 1967, du Soyouz 1 piloté par Komarov qui revient précipitamment pour s’écraser sur Terre le lendemain.

Après ce drame, Gorbatko poursuit son entraînement sur le programme Soyouz et aussi sur le programme lunaire L1 (Survol de la Lune) et L3 (Atterrissage lunaire) qui ne se réaliseront pas. Puis, il se retrouve une fois de plus doublure de Khrounov sur la mission Soyouz 5 de janvier 1969. Peu après, il est désigné, enfin, dans un équipage principal, celui de Soyouz 7, afin de préparer le programme de stations orbitales Saliout et pour participer à deux premières spatiales : la mise en orbite de 3 vaisseaux en trois jours avec un total de 7 cosmonautes.

Mais Gorbatko continue à jouer de malchance. Il doit être admis dans un établissement hospitalier pour l’anomalie décelée sur son électrocardiogramme effectué au centre médical de la Cité des étoiles. Rassuré par le diagnostic, il reprend sa préparation pour l’interrompre encore, à cause d’une fêlure de la cheville gauche après son 120° saut en parachute. Il craint alors d’être exclu de l’équipage de Soyouz 7 et du programme spatial. Kamanine, le Directeur des équipages, veut le remplacer. Voilà neuf ans que Gorbatko attend une affectation sur un vol et il n’est pas question pour lui de laisser échapper cette occasion unique. Il n’a pas pour habitude de se mettre en avant, mais il va trouver la force nécessaire pour le faire. Il manœuvre si bien qu’il réussit à garder sa place. Rétabli, il rattrape son retard, d’autant plus facilement qu’il occupe un poste moins critique que celui des deux autres membres du vaisseau.

gorbatko-ds-soyouz-7.jpg Du 12 au 17 octobre 1969, Gorbatko réalise sur Soyouz 7 (6,57 tonnes/6,98 mètres) son 1er vol de 4 j 22 h 40 mn autour de la Terre, en compagnie de Volkov et de Filiptchenko, le commandant de bord. 
Il assiste, avec regret, à la rencontre trop lointaine (500 m) avec Soyouz 8 lancé le 13 et piloté par Chatalov et Elisseïev. La panne de leur système de rendez-vous automatique Igla les empêche de s’amarrer à Soyouz 7, sous la surveillance de Chonine et de Koubassov en orbite dans Soyouz 6 depuis le 11. Ces deux cosmonautes ne peuvent donc pas filmer non plus le transfert d’Elisseïev et de Volkov, d’une cabine à l’autre.

Au cours de cette mission, Gorbatko va tenir le rôle principal dans l’observation et la photographie du ciel et de la surface de la Terre pour la plus grande satisfaction des astronomes, des géologues, des cartographes et des météorologistes.

Après son vol, il est prévu que Gorbatko participe à un accostage en orbite terrestre avec un autre Soyouz, pour tester le nouveau système de rendez-vous Kontakt. Celui-ci doit aider au rapprochement et à la jonction entre le module de retour du sol lunaire et le vaisseau autour de la Lune. Cette opération est reportée, puis supprimée en raison des difficultés rencontrées dans la mise au point de cet appareillage et du lanceur géant lunaire N1.

Dès le mois de juin 1971, Gorbatko entreprend un nouvel entraînement sur le programme de stations orbitales Saliout et plus particulièrement celles baptisées Almaz (Saliout 3 et 5) destinées à l’observation militaire. En attendant d’être désigné sur une mission, il acquiert une excellente réputation de contrôleur de vol pour le suivi des expéditions à bord des stations.

En 1974, Gorbatko est nommé commandant de la dernière occupation de Saliout 5. Pour mieux le préparer, l’ancien cosmonaute Chatalov, le nouveau Directeur des Equipages, le sélectionne sur les deux premières missions, en qualité de seconde doublure de Volynov dans l’équipage de Soyouz 21 lancé en juillet 1976, puis en tant que première doublure de Zoudov dans l’équipage de Soyouz 23 parti en octobre 1976. Ces deux vols ne se déroulent pas comme projeté. Le premier est interrompu à cause d’une atmosphère devenue irrespirable à bord de Saliout 5. Pour le second, un nouveau mauvais fonctionnement du système de rendez-vous Igla interdit au vaisseau de s’amarrer à la station. Il est donc impératif que le troisième et dernier vol soit un succès.

gorbatko-ds-soyouz-24.jpg Du 7 au 25 février 1977, Gorbatko accomplit, avec Glaskov, sa 2° mission de 17 j 17 h 26 mn autour de la Terre, à bord de Soyouz 24 (6,55 tonnes/6,98 mètres) et de Saliout 5 (18,50 tonnes/11 mètres). Arrivés à 80 m de la station, Gorbatko voit soudain s’interrompre le système de rendez-vous automatique Igla. Il prend donc les commandes manuelles plus tôt que prévu. Avec habileté, il consomme peu de carburant et il réussit l’accrochage avec Saliout 5, pourtant difficile, car la station est plongée dans l’obscurité, avec son sas d’amarrage à peine éclairé.

A l’intérieur du module orbital du Soyouz se trouvent du matériel de réparation et des bouteilles d’air comprimé pour renouveler l’atmosphère de la station. Gorbatko et son camarade, équipés d’un masque à gaz, pénètrent dans Saliout 5 et prélèvent des échantillons d’air. Après analyse, ils constatent que l’atmosphère empoisonnée s’est dissipée. Gorbatko s’exclame alors : « C’est comme si on emménageait dans une belle et grande maison toute propre ! ». Cependant, pour simuler et compenser une perte d’étanchéité, les responsables du vol demandent, plus tard, aux cosmonautes de vider une partie de l’atmosphère de la station. Ils ouvrent une valve du sas en contact avec l’extérieur. Aussitôt, les bouteilles d’air comprimé libèrent un pur et agréable fluide gazeux que Gorbatko et Glaskov respirent à pleins poumons.

Après avoir réparé un ordinateur et changé des pièces sur des équipements, les deux cosmonautes exécutent, en un temps record de 18 jours, un travail presque équivalent à celui de l’équipage de Soyouz 21 effectué en 49 jours. Ils réalisent des soudures, des alliages et ils suivent la croissance de cristaux, en vue d’une application future dans la métallurgie et l’électronique. Ils observent les étoiles, le Soleil, la Lune. Avec la puissante caméra, capable de voir des détails de 50 cm, ils prennent des photos du territoire soviétique et surtout des installations militaires des pays étrangers. A la fin de leur séjour, Gorbatko et Glaskov rangent les enregistrements, accumulés depuis le mois de juillet 1976, à l’intérieur de la capsule de rentrée de 85 cm de diamètre et de 400 kg qui va revenir sur Terre, deux jours après le retour tumultueux de l’équipage.

Car un vent violent, sous un ciel agité par une tempête de neige, va s’engouffrer dans le parachute de leur Soyouz et l’entraîner loin de la zone d’atterrissage prévue. La cabine se pose sur un terrain incliné, se renverse et roule quelques mètres, avant de s’immobiliser sur le côté. Blessés légèrement, Gorbatko et Glaskov sont dans une position très inconfortable. Ils détachent les sangles de leur siège et quittent, avec difficulté, le Soyouz. Mais, glacés par une température de - 17° C, ils retournent rapidement à l’intérieur de la cabine en attendant, près d’une heure, l’équipe chargée de les récupérer.

Trois mois plus tard, le 7 juin 1977, Gorbatko se trouve au Salon du Bourget pour participer, avec son collègue Roukavichnikov et l’astronaute Bean, à la journée « Demain l’Espace » organisée par le Cosmos Club de France et son président Albert Ducrocq, en collaboration avec la société Matra.

L’année suivante, Gorbatko est affecté sur le programme de la nouvelle station orbitale Saliout 6. Elle présente l’avantage d’être équipée de deux ports d’amarrage pour accueillir deux Soyouz amenant un équipage pour un long séjour et un autre pour une courte visite réalisée dans le cadre du programme Intercosmos. Ainsi, Gorbatko va faire partie du groupe des neuf cosmonautes soviétiques qui vont accompagner des ressortissants de neuf autres pays socialistes à bord de la station. Il est d’abord nommé comme doublure de Bykovsky pour le vol soviéto-allemand Soyouz 31 d’août 1978.

gorbatko-ds-soyouz-37.jpg Du 23 au 31 juillet 1980, Gorbatko effectue avec le Vietnamien Tuan, son 3° et dernier vol de 7 j 20 h 42 mn autour de la Terre, à bord de Soyouz 37 (6,55 tonnes/6,98 mètres) et de Saliout 6-Soyouz 36 (25,05 tonnes/18 mètres). Après s’être amarrés à l’arrière de la station, les deux cosmonautes sont reçus par Popov et Rioumine arrivés trois mois plus tôt. 
Gorbatko-soyouz-37.jpg Comme près de la moitié des voyageurs du cosmos, Tuan éprouve le « mal de l’espace », un étrange malaise qui dure quelques heures, le temps qu’il s’adapte au phénomène de l’apesanteur. En l’absence de haut et de bas, ses yeux et son cerveau sont perturbés et il est pris de nausées, accompagnées de maux de tête et d’une perte d’appétit. A tous ces ennuis se rajoute une rage de dents. Une fois rétabli, Tuan peut accomplir son programme de travail.

Avec l’aide de Gorbatko, il fabrique des monocristaux qui rentrent dans la composition des semi-conducteurs. Il photographie son pays en vue de la protection des ressources naturelles, pour des recherches hydrologiques et pour déterminer le niveau des crues ainsi que le degré d’infiltration des marées.

A la fin de leur mission, les deux cosmonautes démontent les sièges de leur Soyouz 37 et traversent la station pour les fixer sur le Soyouz 36 avec lequel ils reviennent sur Terre, les poches de leur combinaison remplies de lettres écrites par Popov et Rioumine, en orbite pour trois mois de plus.

Après son dernier vol, Gorbatko est nommé Chef de service au Centre d’entraînement Youri Gagarine. En septembre 1980, il voit arriver Jean-Loup Chrétien et Patrick Baudry, venus se préparer au premier vol d’un Français sur Saliout 7. C’est le très serviable Glaskov, son compagnon de la mission Soyouz 24-Saliout 5, qui va s’occuper d’eux pendant un an. Quant à Gorbatko, il se charge de la formation des gorbatko-d--part.jpg cosmonautes du vol Soyouz 39 qui amène un Mongol dans l’Espace. Sa doublure, le jovial Ganzorik, sympathise avec Jean-Loup qui devient, en juin 1982 sur un Soyouz, notre premier spationaute suivi de Patrick, trois ans plus tard, à bord de la Navette Discovery. 
De janvier à août 1982, Gorbatko est Chef du détachement des cosmonautes, avant de quitter le programme spatial. Il travaille alors au Ministère de la Défense pendant cinq ans. En 1987, il exerce les fonctions de Directeur de faculté et de professeur en aéronautique à l’Académie des Ingénieurs de l’Armée de l’Air Joukovski. Il prend aussi une part active dans la vie publique. Il assure notamment la présidence de la Fédération soviétique de parachutisme et celle de la Société philatélique de l’Union Soviétique. En 1989, Gorbatko est élu député au Parlement soviétique, puis, en 1993, il devient directeur-général de société.

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Le 21° astronaute, R. Walter Cunningham
, est né le 16 mars 1932 à Creston (Terre) dans l’Etat de l’Iowa quadrillé de prairies ondulées et de champs nourriciers où le maïs est roi. C’est en Californie que Walter va grandir et lever les yeux vers le ciel zébré de blancs rubans traînés par les avions. Dès l’âge de neuf ans, il est capable d’identifier le type d’appareil en écoutant le bruit des réacteurs. Plus tard, il prend la décision d’être aviateur dans la Marine. En 1951, il s’engage, mais il lui manque deux années d’études supérieures pour entrer, sans examen, à l’école de formation de Pensacola. Il réussit, cependant, les difficiles épreuves d’admission et, en 1953, il devient pilote de chasse dans le Corps des Marines. Il est alors affecté sur des escadrilles stationnées sur les territoires américain, coréen et japonais. Mais une carrière militaire ne l'enchante pas et il est pris d'une brusque envie d'élargir ses connaissances.

En 1956, Cunningham quitte l’uniforme et s’inscrit à l’Université de Californie de Los Angeles (UCLA) qui lui décerne une licence en sciences physiques. Ce grade lui permet d’être recruté, en 1960, à la Rand Corporation où il occupe un poste de chercheur. Un an après, il obtient une maîtrise à l’UCLA, puis il prépare une thèse de doctorat dans un institut de géophysique et de sciences planétaires, tout en continuant à travailler à la Rand. Il étudie la magnétosphère, ce domaine spatial soumis à l’influence du champ magnétique terrestre. Pour le mesurer, il collabore à la mise au point d’une expérience embarquée à bord du satellite OGO-1.

L’année 1961 va marquer la vie de Cunningham. Le 5 mai, il se trouve assis dans sa voiture arrêtée en bord de route, au sommet des Santa Monica Mountains qui dominent la ville de Los Angeles. Il écoute, à la radio, le reportage de 15 mn sur le vol suborbital de Shepard, le 1er Américain dans l’Espace. Au cours des deux années suivantes, il éprouve de plus en plus d’attrait pour ce nouveau monde exploré par les cosmonautes de Vostok et les astronautes de Mercury. Il veut, lui aussi, participer à sa découverte. En juin 1963, il se confie à un collègue de retour à la Rand Corporation après un stage d’un an à la Nasa où il a côtoyé Low, un des administrateurs. Ce dernier, mis au courant des aspirations de Cunningham, l’informe d’une prochaine sélection.

En octobre 1963, Cunningham est admis, à l’âge de 31 ans, dans la 3° équipe des quatorze astronautes. C’est un homme franc et fier chez qui prédomine la vie intellectuelle. Sa lecture favorite est le Wall Street Journal, le titre le plus important de la presse financière de New York. Sportif accompli, il aime particulièrement le tennis, la gymnastique et la conduite des voitures de sports.

Cunningham est affecté sur le programme lunaire Apollo. Pour s’adapter plus facilement à l’absence de pesanteur, il est un de ceux qui préconise l’utilisation du trampoline. Cet appareil, constitué d’une toile tendue à une certaine hauteur et fixée par des ressorts à un cadre métallique, permet d’effectuer des bonds. En février 1965, cinq minutes après l’inauguration du nouveau gymnase du Centre spatial de Houston, Cunningham accomplit un difficile exercice de voltige qui se termine mal. En retombant sur le cou, il entend un étrange craquement et il ressent une vive douleur. Hospitalisé, la radio révèle la fracture de deux vertèbres cervicales. Par chance, il n’est pas encore désigné sur un vol, car il est obligé de porter une minerve pendant quatre mois.

cunningham-5-bis.jpg En septembre 1966, Slayton, le Directeur des équipages, nomme Cunningham sur la mission Apollo 2. Il est ravi, puis désappointé deux mois plus tard en apprenant que son vol, une répétition du premier, est annulé. Ensuite, il est à moitié consolé lorsqu’il est choisi sur Apollo 1, comme doublure de Chaffee. Ce dernier meurt le 27 janvier 1967 avec ses camarades Grissom et White, dans l’incendie de leur cabine, lors d’un essai au sol. En mai, Cunningham est ainsi sélectionné pour prendre place sur le premier et prochain vaisseau Apollo, davantage sécurisé.

Dès le mois d’avril 1968, il commence à souffrir de son épaule gauche. Il pense qu’il s’agit d’une déchirure musculaire causée par de trop importants efforts fournis lors des matchs de hand-ball. Il ne veut pas en parler au médecin du Centre spatial, de peur d’être exclu de l’équipage, à six mois de son envol pour l’Espace. Il préfère se rendre chez son docteur de famille qui est aussi son ami. Une radiographie dévoile alors de petites taches sur l’os de l’épaule. Le médecin, qui veut être certain qu’il ne s’agit pas d’un cancer osseux, envoie les clichés à trois spécialistes.

Leur diagnostic tarde à venir et l’attente s’éternise de longues semaines, mais Cunningham n’a pas le temps de s’apitoyer sur son sort, occupé par son entraînement. S’il est atteint par cette grave maladie, il espère que personne ne s’en apercevra avant son vol. Il croise les doigts pour que les médecins de la Nasa n’aient pas la mauvaise idée de lui faire passer une radio. Il cache à ses collègues sa souffrance lorsqu’il joue au hand qu’il ne peut pas arrêter, au risque d’éveiller des soupçons. Dans le secret, il met en ordre ses papiers de famille. Puis, un jour, une très bonne nouvelle arrive. Son docteur l’appelle pour le tranquilliser. Les trois experts lui ont confirmé que ce n’est pas un cancer, mais une perte provisoire d’un des constituants de l’os. Soulagé, Cunningham continue, avec plus d’enthousiasme que jamais, la préparation de sa mission.

Cinq jours avant son lancement, une douleur traverse sa poitrine, puis disparaît. Il se précipite chez son médecin, convaincu qu’il a frisé un infarctus. Il se voit interdit de vol. Par bonheur, l’électrocardiogramme ne montre rien d’inquiétant. C’est une trop forte tension nerveuse qui est responsable de cette alerte trompeuse.

Du 11 au 22 octobre 1968, Cunningham réalise son unique vol de 10 j 20 h 09 mn autour de la Terre, sur Apollo 7 (14,67 tonnes/11,14 mètres) avec Eisele et Schirra, le commandant de bord. En cas d’avortement du tir à basse altitude de la fusée Saturn IB, les règles de sécurité fixent à 33 km/h la vitesse maximun du vent pour lancer un équipage. Cette mesure permet d’éviter qu’un trop grand souffle dans les parachutes ne ramène la cabine sur la terre ferme, en risquant de blesser les astronautes. Pourtant, le directeur du lancement donne l’autorisation de la mise à feu, alors que les vents atteignent une force de 37 à 46 km/h. Pour justifier cette entorse au règlement, il met en avant les précédents décollages réussis des dix Saturn I et des quatre Saturn IB. L’équipage accepte avec résignation cette décision et la phase propulsée se déroule parfaitement bien.

Une fois en orbite, Cunningham est chargé de s’occuper des communications, de la climatisation et de la pressurisation du vaisseau. Il surveille aussi l’approvisionnement en électricité, en combustible et en oxygène. Le moteur principal d’Apollo est testé avec succès à huit reprises avec des durées de fonctionnement allant de la demi-seconde à 67 secondes pour effectuer, notamment, le rendez-vous avec leur étage-fusée S-IVB. Mais les particules des gaz de combustion vont se déposer, en plus ou moins grande quantité, sur quatre hublots. Le cinquième est épargné et les astronautes peuvent ainsi prendre près de 500 photos du sol terrestre, des océans et de l’atmosphère. Cunningham remarque aussi qu’il est impossible de voir les étoiles sur lesquelles doivent être braqués le télescope et le sextant pour la navigation d’Apollo, tant que les gouttelettes des eaux vidangées ne se sont pas dispersées.

Le rhume tenace des trois astronautes et les exigences continuelles des contrôleurs de vol déclenchent la très mauvaise humeur de l’équipage envers le personnel du Centre de contrôle. Cunningham accuse ceux qui l’ont obligé à porter « ce fouillis de câbles » et il plaint de la nourriture qu’il trouve trop riche, à tel point que les trois hommes vont sauter, régulièrement, un repas. Mais, d’une manière générale, Cunningham se montre le moins agressif et, lorsqu’il manifeste ce comportement, il donne l’impression d’être obligé de suivre son commandant de bord.

Cependant, le trio contestataire sait aussi apparaître séduisant et populaire auprès des téléspectateurs, lors des sept reportages télévisés. Ce rendez-vous, presque quotidien, pour « The Wally, Walt and Donn Show » va plaire également au syndicat des artistes de la télévision et de la radio qui les nomme membres d’honneur, en attendant leur retour pour la remise d’un trophée. Pourtant, au début, l’équipage fait preuve d’une certaine hostilité à utiliser la caméra, mais il se prend vite au jeu. Avec beaucoup de pédagogie, il explique comment on vit dans l’atmosphère confinée d’une cabine spatiale et il présente des numéros comiques que l’apesanteur permet de réaliser.

cunninham-retour.jpg Afin d’arrêter leur rhume, les astronautes dévalisent la pharmacie de bord jusqu’au moment où ils constatent qu’ils n’auront pas assez de décongestionnants pour le reste de la mission. Ils gardent alors, précieusement, les trois derniers comprimés à prendre avant la rentrée atmosphérique. Car il est important que leur nez et leur sinus soient débouchés pour éviter que l’augmentation brutale de pression n’abîme leurs tympans.

L’ultime allumage du moteur principal provoque la désatellisation. Deux minutes plus tard, une charge explosive sectionne le boîtier contenant les câbles électriques et les canalisations qui relient la cabine au module de service. Cunningham annonce : « Parfait ! Tout est parfait ! Au moment de la séparation, on a cru recevoir une gifle ! ». La capsule prend son autonomie et pénètre dans l’atmosphère. L’air, surchauffé par le freinage, empêche la transmission des ondes radio. A la sortie du black-out, le Centre de contrôle s’étonne, puis s’inquiète de ne recevoir aucune nouvelle des astronautes pendant cinq longues minutes. Apollo, le nouveau véhicule spatial s’est comporté comme « une magnifique machine volante » se réjouit Cunningham et il redonne confiance à la Nasa après le drame d’Apollo 1.

De retour au Centre spatial de Houston, Cunningham s’empresse d’appeler ou de rencontrer tous les contrôleurs de vol qui ont suivi la mission Apollo 7. Ils semblent satisfaits d’apprendre que Cunningham a été gêné par les agissements du commandant de bord. Par contre, il remarque, qu’au sein du Bureau des astronautes, tout le monde n’est pas d’accord sur la seule responsabilité de Schirra.

Fin 1968, Slayton nomme Cunningham, Chef des astronautes du programme de la station orbitale Skylab. Plusieurs fois, par le passé, il lui a déjà confié des tâches scientifiques en raison de sa formation de chercheur. Skylab est un laboratoire équipé d’un appareillage capable d’effectuer près de 300 expériences et Cunningham trouve naturel que Slayton préfère qu’il travaille sur la station, avec l’intention, pense-t-il, de le nommer commandant du premier équipage d’occupation.

Mais, au printemps 1969, Cunningham est mis au courant de la réflexion faite par Kraft, excédé par la conduite des astronautes au cours de l’expédition Apollo 7. Le Directeur des opérations en vol a déclaré s’opposer à une désignation de ces trois hommes sur une autre mission. Dès lors, Cunningham craint que son poste sur Skylab soit, en réalité, une mise à l’écart. Il se rend dans le bureau de Kraft à qui il répète ce qu’il a déjà dit aux contrôleurs à son retour sur Terre. Il sort, rassuré par sa réponse : « Vous aurez, peut-être, une seconde chance de voler ». Pour mériter de partir à nouveau pour l’Espace, Cunningham va beaucoup s’investir dans la préparation de ce nouveau programme qui doit succéder aux expéditions Apollo. Il suit la construction des éléments de la station, la mise au point des expériences scientifiques et il coordonne les activités d’une vingtaine d’astronautes.

Les mois passent et le doute s’empare de Cunningham. Il fait part de son impatience à Stafford, le Chef du Bureau des astronautes : « J’espère que je ne vais pas rester trop longtemps assis sur la banquette en train d’attendre une affectation qui n’arrive pas ». Stafford lui promet alors qu’il sera nommé commandant du premier équipage.

cunningham-2.jpg Mais l’année 1970 va remettre en question tous les espoirs de Cunningham. En janvier, il prend connaissance de la suppression du vol lunaire Apollo 20. Le commandant de bord pressenti, l'influent Conrad, montre alors un intérêt croissant pour Skylab. Cunningham essaye de se convaincre que si le troisième piéton lunaire est choisi pour diriger la première mission, il espère commander un des deux autres vols suivants. En août, Cunningham n’est donc pas surpris d’être remplacé à la tête du programme par Conrad, nommé par Slayton. Le mois suivant, l’horizon s’assombrit davantage pour Cunningham, après l’annulation des missions lunaires Apollo 18 et 19 qui laisse d’autres astronautes sans affectation, en concurrence directe avec lui.

Début 1971, c’est avec une grande amertume qu’il voit disparaître une autre occasion de s'envoler. Avant l’annonce officielle, il apprend que Slayton ne l’a retenu dans aucun des trois équipages. Le commandement du 1er vol Skylab est confié à Conrad et celui du 2ème vol à Bean qui a été Chef du programme Skylab avant de devenir le coéquipier de Conrad sur la Lune, lors d’Apollo 12. La direction du 3ème vol revient à Carr dont la première mission devait être Apollo 19. Pour les autres membres, c’est également leur premier vol. Trois devaient participer aux vols lunaires annulés et trois autres font partie du premier groupe d’astronautes scientifiques.

Cunningham doit se contenter d’être la doublure de Conrad, après deux années d’efforts continus, bien mal récompensées. Il refuse et il démissionne du Corps des Astronautes en mars 1971 persuadé que, s’il ne figure pas parmi les neuf astronautes sélectionnés, c’est parce qu’on a voulu le sanctionner pour la mutinerie survenue lors de la mission Apollo 7. Il quitte la Nasa en août 1971.

Cunningham commence alors une nouvelle vie dans les affaires. Il est nommé Senior vice-président de la Century Development, chargé des opérations de maintenance et de sécurité dans les commerces et les services. En 1974, il suit des cours de management avancé à la célèbre Ecole de commerce d’Harward. Il occupe ensuite, pendant deux ans, le poste de Président d’Hydrotech Development Compagny qui fabrique des raccords pour les pipelines sous-marins qui transportent le pétrole. Il dirige aussi l’équipe qui met au point un robot capable de réparer les canalisations immergées.

En 1976, Cunningham prend les fonctions de Senior Vice-président de la 3D International Corporation et de Directeur de sa division engineering, responsable de la diffusion des méthodes modernes d'organisation et de gestion. C’est en 1978, qu’il se rend à Lyon pour assister au Congrès Espace et Civilisation, avec d’anciens astronautes et des cosmonautes. De 1979 à 1986, Cunningham assure la direction de la société d'investissements, The Capital Group, qu'il a crée pour contribuer financièrement au démarrage des compagnies industrielles et commerciales. De 1986 à 1998, il est Président-fondateur de la firme Acorn Ventures, associée à Genesis Fund, destinée à soutenir les jeunes entreprises de technologie. Il fait partie également de nombreux établissements de production de biens et de services, soit comme investisseur, soit comme dirigeant ou en tant que membre du conseil d’administration. Il est aussi consultant en affaires et conférencier reconnu.

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