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popovitch-portrait.jpgLe 4° cosmonaute, Pavel Popovitch, est né le 5 octobre 1930 à Ouzine (Terre). Après une scolarité interrompue en 1941 par la guerre, il retourne dans un établissement d’enseignement à l’automne 1943. Il entre ensuite en 1945 dans une école de menuiserie. En 1947, il est admis dans un centre technique d’où il sort avec son diplôme de technicien du bâtiment en 1951. Cette année-là, Popovitch reçoit également son brevet de pilote avec mention, après avoir pris des leçons sur un UT-2 dans un aéroclub. Il s’engage alors dans l’Armée de l’Air et suit une formation de pilote de chasse à l’école d’aviation de Kacha qu’il quitte en 1954, diplômé en aéronautique. Il sert ensuite dans des escadrilles sur des Mig 15, 17 et 19.

En mars 1960, Popovitch rentre à l’âge de 30 ans dans le 1er Corps de cosmonautes. Il est constamment en mouvement et toujours de bonne humeur, chaleureux et dur travailleur. Ses plaisirs sont la gymnastique, les plaisanteries et le chant pour lequel il possède un répertoire impressionnant de vieilles et nostalgiques chansons d’Ukraine.

popovitch-ds-v1.jpgDu 12 au 15 août 1962, Popovitch effectue un 1er vol de 2 j 22 h 57 mn autour de la Terre, à bord de Vostok 4 (4,72 tonnes/4,40 mètres). C’est le 2° " jumeau " du Cosmos car la veille, Nikolaïev a été mis en orbite dans Vostok 3 dont Popovitch s’approche à 4,8 km. C’est la première fois que deux vaisseaux se trouvent en même temps sur orbite.

" Qu’est-ce-que tu as pour ton dîner ? " demande Nikolaïev. " La même chose que toi et quelque chose en plus " répond Popovitch. " Quelque chose en plus ? Qu’est-ce que c’est donc ? " interroge Nikolaïev. " Du poisson fumé. C’est bon. Un régal ! " réplique Popovitch. " C’est pas juste. Pourquoi ne m’en a-t-on pas donné ? " questionne Nikolaïev. " Tu n’avais qu’à en commander au cuisinier. C’est ce que j’ai fait " dit Popovitch. " Du poisson fumé ! Donne m’en un peu ! " supplie Nikolaïev. " Approche toi alors, on va partager " conclut en riant Popovitch.

undefinedLe 14 août, il accepte que son vol soit prolongé jusqu’au 16. Le 15, la température de la cabine descend à 10°, plus basse que celle de Vostok 3. Plus tard, il annonce au centre de contrôle " J’observe un orage ". En phrase codée, cela signifie " Je souffre de nausées et je dois rentrer ". Puis Popovitch rectifie " Je vais bien et j’ai observé un orage avec des éclairs". On pense à tort qu’il cherche à cacher son malaise et il doit redescendre le jour même, comme prévu au plan de vol fixé au départ.

En septembre 1966, Popovitch dirige les cosmonautes qui voleront à bord du Soyouz 7K-VI, destiné à la recherche militaire. Ce programme est ensuite abandonné et remplacé par le celui des stations Almaz (Saliout 3 et 5) destinées à l'espionnage.

Dès janvier 67, Popovitch est également affecté au programme lunaire qui comprend le survol (L1) et l’atterrissage (L3). Il participe par intermittence au projet Soyouz 7K-VI jusqu’au début 68, date à laquelle il est abandonné. Popovitch est alors nommé commandant d’un futur équipage L1, à bord du Soyouz 7K. En septembre 68, il fait partie avec Sevastianov d’un des trois équipages L1. En novembre 68, Zond 6 (Soyouz inhabité) de retour du 2° survol de la Lune, se dépressurise puis son parachute s’ouvre trop tôt et la cabine s’écrase au sol. Il est prévu à ce moment-là qu’un autre Zond lancé par la fusée Proton parte en janvier 69, avant qu’un équipage ne s’envole en mars 69. Les responsables pensent aussi qu’Apollo 8 qui va s’élancer en décembre 68 vers la Lune a peu de chance de réussir. Mais Apollo 8 parvient à se mettre en orbite lunaire et les autorités décident d’abandonner le programme L1. " A quoi bon être le second pour faire moins bien ? ". On imagine l’immense déception de Popovitch.

Popovitch est transféré au projet de station militaire Almaz. Il prend le commandement des équipages et se prépare à un décollage pour le 13 avril 1973 puis pour le 8 mai, afin de rejoindre la station. Le 3 avril 73, Saliout 2 (Almaz 1) est mise en orbite mais le 15, elle devient incontrôlable. Un allumage défaillant du moteur a provoqué un incendie localisé qui a causé la rupture d’une partie de la coque de Saliout. La station est animée d’un mouvement qui a brisé les panneaux solaires et l’antenne radar. Elle se désintègre lors de la rentrée dans l’atmosphère le 28 mai 73. Le vol de Popovitch est reporté.

popovich-ds-s5.jpgDu 3 au 19 juillet 1974, Popovitch en compagnie d’Artioukhine, s’envole enfin à bord de Soyouz 14 (6,57 tonnes/6,98 mètres) pour accomplir avec succès son 2° et dernier vol de 15 j 17 h 30 mn autour de la Terre, à bord de Saliout 3 (Almaz 2 de 18,5 tonnes/15 mètres) lancée huit jours avant. 

popovitch-saliout3.jpgLeur mission est l’espionnage mais aussi l’observation civile du territoire soviétique ainsi que la réalisation d’expériences médicales et biologiques.

En 1975 et pendant douze ans, Popovitch travaille ensuite sur le développement de la navette Bourane qui effectue un seul vol automatique en novembre 1988, avant d’être abandonnée. Dès 1977, Popovitch occupe aussi sur une durée de onze ans, les fonctions de 2° Directeur-Adjoint de la Cité des Etoiles chargé des expériences scientifiques, après avoir obtenu un diplôme en sciences techniques qui complète celui d’ingénieur en aéronautique obtenu en 1968.

En 1982, Popovitch quitte le Corps des Cosmonautes et en 1990, le programme spatial. Il devient député de l’Ukraine, membre de l’Union des écrivains d’Ukraine et président de la Fédération soviétique de boxe. Popovitch est nommé également Directeur d’un institut de recherche, pour l’étude de l’intérieur de la Terre.

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carpenter-a.JPGLe 4° astronaute, M. Scott Carpenter, est né le 1er mai 1925 à Boulder (Terre). En 1943, il effectue une préparation de pilote dans l’Aéronavale puis en 1945, il entre à l’Université du Colorado pour suivre des cours en science aéronautique et obtenir son diplôme en 1949. Il retourne ensuite dans l’Aéronavale pour terminer ses classes à Pensacola et se perfectionner à Corpus Christi. Carpenter obtient ses ailes en 1951 et débute sur des avions de patrouille en mer PBY-4 basés à Hawaï, puis sur des P2V lors de la guerre de Corée. De retour aux Usa en 1954, Carpenter est admis pour trois ans à l’Ecole des pilotes d’essais de Patuxent River. En 1957-58, il se forme sur les systèmes électroniques dans des centres de recherches aéronautiques de la Marine et les testent lors des vols. Début 1959, il est officier de renseignements sur le porte-avions USS Hornet.

En avril 1959, Carpenter rentre dans la 1ère équipe d’astronautes, à l’âge de 34 ans. Il se passionne pour les questions scientifiques et philosophiques. Il aime la natation, l'acrobatie et la danse. Il joue de la guitare et observe les étoiles avec un télescope, pour se plonger ensuite dans de profondes méditations sur la place de l’Homme dans l’Univers. Lors de son entraînement, il se prête avec curiosité à tous les examens médicaux et psychologiques.

carpenter-ds-mercury2.jpgLe 24 mai 1962, à bord de Mercury 7 (Aurora 7 : 1,34 tonne/3,34 mètres), Carpenter accomplit son unique vol de 4 h 56 autour de la Terre. L’objectif du vol doit permettre la réalisation d’observations à caractère scientifique. Ces expériences exigent qu’il oriente souvent la cabine, ce qui entraîne une consommation de propergol plus importante que prévue avec le nouveau système de pilotage automatique. On conseille donc à Carpenter d’utiliser le pilotage manuel qui va le surcharger de travail.

A plusieurs reprises, les contrôleurs au sol lui recommandent d’économiser le propergol pour le retour. Il fait la sourde oreille car il veut continuer le programme scientifique. Il pense qu’il aura assez de propergol pour les observations et pour la rentrée. Trop occupé par les expériences, Carpenter réalise plus tard que sa réserve de propergol a diminué dangereusement. Il laisse donc dériver la capsule aussi longtemps qu’il peut, puis reprend le pilotage manuel.

Pour le retour, il repasse comme prévu au système de contrôle automatique d’attitude mais celui-ci n’arrive pas à aligner correctement la cabine. Carpenter revient donc au pilotage manuel et s’aperçoit qu’il avait oublié auparavant de fermer son circuit d’alimentation en propergol qui a donc été gaspillé.

carpenter-mercury.jpgIl essaie de relever l’angle d’attaque de Mercury, trop bas pour la rentrée et met à feu manuellement les rétrofusées avec trois secondes de retard. Durant la descente, Carpenter encaisse 12 g au lieu de 9 g à cause du mauvais angle de rentrée. La Mercury se balance furieusement : il libère l’ancre flottante et déclenche l’ouverture du parachute plus tôt que prévu, pour la stabiliser.

Puis, pendant 40 minutes, le contrôle terrestre n’a plus aucune nouvelle de Carpenter. Un présentateur télé craint que l’Amérique ait perdu son astronaute. La cabine amerrit au milieu de la mer des Sargasses à 370 km du point prévu, en raison de la mise à feu tardive des rétrofusées.

Carpenter sort péniblement par l’écoutille, avec un canot pneumatique, un filin, la caméra, les pellicules et ses notes. Il gonfle le canot, s’y installe et l’attache à la capsule avec pour " unique compagnon un poisson noir devenu vite familier ". Un avion détecte enfin le signal émis par la balise de Mercury avant qu’un hélicoptère vienne le récupérer une heure après son amerrissage. A son arrivée, il déclare " Je détiens le record d’imprécision pour un retour spatial et j’admets mon entière responsabilité ". Carpenter reçoit les réprimandes du Directeur de vol Kraft et les félicitations des scientifiques.

Après sa mission, Carpenter repart à l’Université du Colorado pour obtenir son diplôme d’ingénieur en aéronautique. De 1963 à 1965, il occupe le poste d’Assistant exécutif du Directeur du Centre de Houston et il est affecté à la conception du module lunaire d’Apollo. En 1964, Carpenter fait preuve d’héroïsme en protégeant des enfants contre la rupture d’une ligne électrique. En août, alors qu’il rentre des Bermudes, il a un accident de motocyclette avec une fracture du pied et une luxation du bras et du genou.

Au printemps 1965, il est mis en congé temporaire de la Nasa pour qu’il puisse participer au programme de la Marine " Man-in-the-Sea ". En août 1965, Carpenter devient aquanaute en séjournant 30 j dans le laboratoire sous-marin SeaLab II et dialogue avec Cooper et Conrad à bord de Gemini 5. De retour à la Nasa, il est agent de liaison avec la Marine, pour l’entraînement aquatique des astronautes. Les séquelles de son accident lui enlèvent l’espoir de repartir un jour pour l’Espace.

En août 1967, Carpenter quitte la Nasa et pour les mêmes raisons, il renonce en 1968 à poursuivre ses activités sous-marines à bord de SeaLab III dont il devient Directeur des opérations. Il se retire de la Marine en juillet 1969, à cause des coupes budgétaires sur SeaLab. Il crée cette année-là, la Sear Sciences Inc., une société pour l’exploitation des fonds marins et navigue sur les océans avec le Commandant Cousteau. En 1978, il est Président de la Pyro-Sol Inc. et en 1985 de la Sea Sciences Corp. Par la suite, Carpenter devient romancier et consultant auprès des entreprises, en aéronautique, en océanographie et en environnement.

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bykovsky-a.JPGLe 5° cosmonaute, Valéri F. Bykovsky, est né le 2 août 1934 à Pavlov-Posad (Terre). A l’âge de 7 ans et jusqu’à 14 ans, il séjourne à Téhéran où son père exerce un métier dans les transports. De retour en Union Soviétique, il continue ses études et il apprend à piloter à 17 ans dans un aéroclub de Moscou. En 1952, Bykovsky est admis à la Haute Ecole Kacha de l’Armée de l’Air qu’il quitte trois ans après, avec son diplôme en aéronautique. Il devient alors pilote de chasse et instructeur parachutiste dans le district militaire de Moscou.

En mars 1960, Bykovsky rentre à l’âge de 26 ans dans le 1er Corps de cosmonautes. Il est chaleureux mais se maîtrise difficilement. Il peut abandonner soudainement une conversation absorbé par ses pensées ou être brutal dans ses propos et devenir de suite après d’une politesse extrême. Il s’intéresse à la politique et aux sports.

Du 14 au 19 juin1963, Bykovsky effectue un 1er vol de 4 j 23 h 06 mn, autour de la Terre, à bord de Vostok 5 (4,72 tonnes/4,40 mètres). Il est choisi à cause de son poids car la cabine est déjà alourdie pour un vol record de huit jours. Mais le Vostok est placé sur une orbite plus basse que prévue.

La durée de la mission est donc ramenée à cinq jours, ce qui constitue malgré tout une performance et aujourd’hui, Bykovsky est toujours détenteur de ce record en vol solitaire, quarante-deux ans après. C’est le deuxième vol jumelé soviétique car le surlendemain, Valentina Tereshkova, la première femme de l’Espace, s’approche à 5 km de lui, dans Vostok 6. Ce long séjour donne à Bykovsky le temps de réaliser de nombreuses observations de la Terre et des expériences scientifiques. 

bykovsky-vostok.jpgAprès la mise à feu des rétrofusées, la cabine reste attachée par les courroies métalliques au module de service. Bykovsky est violemment secoué jusqu’à ce que la chaleur de la rentrée dans l’atmosphère brûle les attaches. Il s'éjecte de la cabine et il atterrit avec son parachute entre deux arbres. Il se dirige ensuite dans une voiture Volga vers son Vostok qui s’est posé à 1,8 km de lui.

Après son vol, Bykovsky forme le premier piéton de l’Espace Leonov occupant le Voskhod 2 en mars 1965, puis il est nommé chef de l’entraînement des cosmonautes pour les vols Soyouz. Le 24 avril 1967, Bykovsky se prépare au lancement de son Soyouz 2 qui doit s’amarrer au Soyouz 1 de Komarov parti la veille. Son vol est annulé car Komarov connaît de graves ennuis en orbite et il revient précipitamment le 24, pour se tuer malheureusement dans son Soyouz qui s’écrase, en raison d’une mauvaise ouverture du parachute.

Bykovsky est alors affecté au programme lunaire qui comprend le survol (L1) et l’atterrissage (L3). En septembre 68, il fait partie avec Roukavichnikov du premier des trois équipages L1, avant d'être remplacés par le tandem Leonov-Makarov. En novembre 68, Zond 6 (Soyouz inhabité) de retour du 2° survol de la Lune, se dépressurise puis son parachute s’ouvre trop tôt et il s’écrase sur Terre. Il est prévu à ce moment-là qu’un autre Zond lancé par la fusée Proton parte en janvier 69, avant qu’un équipage ne s’envole en mars 69. Les responsables pensent aussi qu’Apollo 8 qui va s’élancer en décembre 68 vers la Lune a peu de chance de réussir.

Mais Apollo 8 parvient à se mettre en orbite lunaire et les autorités décident d’abandonner le programme L1. "A quoi bon être second pour faire moins bien ?". Bykovsky commence alors son entraînement pour l’atterrissage sur la Lune (L3), dans l’attente des essais de la fusée géante N-1. Mais elle va essuyer au lancement quatre échecs consécutifs : en février 69, juillet 69, juin 71 et novembre 72. Les Américains abandonnent la Lune en décembre 72 après six atterrissages Apollo depuis juillet 1969. Le programme L3 est annulé.

Bykovsky amer, est désigné directeur de l’entraînement de l’équipage de Soyouz 19 qui s’amarre en juillet 1975 au vaisseau Apollo, lors de la première mission américano-soviétique en orbite terrestre, Apollo-Soyouz. Entre-temps, Bykovsky obtient son diplôme de docteur ès sciences techniques de l’Académie Joukovski, pour avoir soutenu une thèse sur la navigation stellaire, en complément de son diplôme d’ingénieur en aéronautique.

bykovsky-ds-soyouz.jpgDu 15 au 23 septembre 1976, Bykovsky réalise en compagnie d’Aksyonov une 2° mission de 7 j 21 h 52 mn autour de la Terre à bord de Soyouz 22 (6,57 tonnes/6,98 mètres).

bykovsky-soyouz.jpgUne caméra est-allemande fixée à l’avant du vaisseau, est chargée de la télédétection des ressources terrestres au profit de l’Allemagne de l’Est et de l’Union soviétique.

En 1977, Bykovsky est affecté au programme Intercosmos qui permet à des pays de l’Est de faire voler leur cosmonaute et les expériences de leurs scientifiques. 

bykovsky-ds-saliout.jpgDu 26 août au 3 septembre 1978, Bykovsky effectue avec l’Allemand de l’Est Jähn, son 3° et dernier vol de 7 j 20 h 49 autour de la Terre, à bord de Soyouz 31 (6,60 tonnes) qui s’amarre à la station Saliout 6 occupée par Kovalyonok et Ivanchenko, arrivés dans Soyouz 29 pour une mission de 140 j.

bykovsky-saliout-bis.jpgDes expériences sur les sciences de la vie, sur les sciences des matériaux et sur l’observation de la Terre sont réalisées. L’équipage revient à bord de Soyouz 29 et laisse leur Soyouz 31, accroché à Saliout 6. 

Après sa dernière mission, Bykovsky dirige pendant dix ans l’entraînement des cosmonautes de la Cité des Etoiles puis il quitte le programme spatial en 1988. Il devient Directeur de la Maison Soviétique de la Science et de la Culture à Berlin, de 1989 à 1991.

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Le 5° astronaute, Walter (Wally) M. Schirra Jr, est né le 12 mars 1923 à Hackensack (Terre). Ses parents sont passionnés par la voltige aérienne. Pendant les fêtes foraines et les kermesses, on peut voir son père, un ancien pilote de chasse de la première guerre mondiale, réaliser un numéro au cours duquel sa mère se tient debout sur l'aile d'un biplan. Quant à Wally, ses centres d'intérêt sont la course automobile et la trompette. A l'âge de 13 ans, il change d'avis après avoir effectué son premier vol, en tant que passager, à bord de l'avion de son père. 

Wally sait déjà piloter lorsqu'il est admis, en 1941, au Newark College of Engineering pour suivre des cours en aéronautique. Le 7 décembre de cette année, le bombardement japonais de la Flotte américaine à Pearl Harbor (Iles Hawaï) le décide à choisir la carrière militaire pour défendre son pays qui entre dans la Seconde Guerre mondiale. Il rejoint, en 1942, l’US Naval Academy d’Annapolis d’où il sort, trois ans plus tard, avec sa licence en sciences. Il choisit tout naturellement de faire carrière dans l'Aéronavale. Schirra est alors affecté sur le croiseur USS Alaska, puis sur le navire Estes de l’Etat-major de la 7° Flotte stationné en mer de Chine. En 1946, il commence son entraînement d’aviateur à Pensacola et, deux ans après, il obtient son diplôme. Il débute ainsi comme pilote de chasse sur porte-avions.

En 1951, Schirra est mis à la disposition de l'Armée de l'Air, pour participer à 90 missions de combat aux commandes du chasseur F84E, pendant la guerre de Corée. De retour aux Etats-Unis, en 1952, il rentre au Naval Ordnance Test Station de China Lake où il procède aux essais du missile Sidewinder, puis il est affecté sur le porte-avions Lexington. En 1957, il se trouve à l'Ecole des Officiers de sécurité de la Marine, puis, un an plus tard, à l'Ecole des pilotes d'essai de l'Aéronavale de Patuxent River. Il fait la connaissance des futurs astronautes Conrad, Lovell et Gordon. En tant que pilote d’essai, il expérimente les chasseurs Skyray, Tiger et Crusader.

schirra-a.JPGEn avril 1959, Schirra rentre dans la 1ère équipe des astronautes, à l’âge de 36 ans. Ses plaisirs sont la chasse, le ski, la voile et la conduite de sa voiture de sport, une Maserati, et de son bateau baptisé "Compte à rebours". Il apprécie aussi la musique, la lecture des romans policiers et ceux de science-fiction de Martin Caidin. Dans le travail, il est très méticuleux. Il ne manque jamais de sourire. C'est un boute-en-train, mais son humeur peut être la meilleure ou la pire. Il adore faire des farces suivies chaque fois par un "J’ t’ai eu !".

Un jour, ses collègues décident d'agir eux-aussi. Ils lui offrent un magnifique et gros ouvrage orné d'une superbe reliure en cuir marron, portant un long titre en or : "Les Aventures galantes du Capitaine Walter Schirra de la Marine des Etats-Unis". Un petit discours précède la remise de ce cadeau, pour le remercier de son humour. Très ému, Schirra ouvre le livre et il constate, stupéfait, qu'il est entièrement composé de pages blanches !

Prévu comme doublure de Slayton pour la mission Mercury 7, il pense le remplacer après que les médecins aient découvert que son coeur battait de façon irrégulière. Mais Williams, le Directeur des opérations, sélectionne, en avril 1962, Carpenter, la doublure de Glenn sur Mercury 6. Schirra, mécontent, se retrouve alors comme son remplaçant éventuel pour le vol de mai 1962.

Le mois suivant, c'est enfin son tour d'être désigné sur Mercury 8 pour six orbites au lieu des trois effectuées au cours des deux précédentes missions. La veille de son départ pour l'Espace, Schirra avertit les responsables chargés des communications lorsqu'il sera en orbite : "Je veux qu'on me fiche la paix. Pas question d'accepter les bons voeux des amiraux ou des généraux !"

schirra-ds-mercury.jpgLe 3 octobre 1962, à bord de Mercury 8 (Sigma 7 : 1,37 tonne/3,34 mètres), Schirra accomplit un 1er vol de 9 h 13 mn autour de la Terre. Lors du lancement, sa fusée Atlas brûle beaucoup trop vite le propergol et l’officier de sécurité se prépare à la détruire, après l’éjection de Schirra. Heureusement, la situation redevient normale quelques secondes après.

A la fin de la première révolution, le chauffage du scaphandre est si élevé que l’on s’apprête à mettre fin au vol, mais Schirra peut annoncer, triomphant : "J’ai pu contrôler la température de ma combinaison !".

De retour, il caresse la Mercury, en déclarant :  "C’est un gentil petit oiseau".

schirra-mercury-ter.jpg

La mission est considérée comme la plus réussie, car Schirra est arrivé à réduire la consommation de carburant et d'électricité.

Deux ans après, le mauvais scénario de sélection se répète, au grand agacement de Schirra. Nommé doublure de Shepard pour la mission Gemini 3, il espère le remplacer, après qu'un examen médical ait confirmé des troubles de l'équilibre. Mais Slayton, devenu Directeur des équipages, choisit Grissom en avril 1964. Schirra est désigné comme son éventuel remplaçant pour le 1er vol de Gemini de mars 1965. Le matin du lancement, il glisse un sandwich dans une des poches de la combinaison de Young, le coéquipier de Grissom, en lui disant : "Tu le donneras à Gus au moment du repas".

Un an plus tard, Schirra est commandant du vol Gemini 6. Il est prévu que son vaisseau s’amarre à l’étage-fusée Agena, mais la fusée porteuse Atlas explose en vol, le 25 octobre 1965. La Nasa décide alors que le rendez-vous se fera avec Gemini 7. Le 12 décembre suivant, les moteurs du lanceur Titan II, coiffé de la Gemini 6, s’allument, puis s’arrêtent au bout de 1,2 seconde. Schirra garde son sang-froid. Il n’actionne pas son siège éjectable et celui de Stafford dont leur mise à feu aurait non seulement détruit la cabine, mais aurait pu briser la colonne vertébrale des astronautes par l'accélération brutale imposée.

Du 15 au 16 décembre 1965, Schirra, en compagnie de Stafford, effectue enfin son 2° vol d’1 j 1 h 51 autour de la Terre, à bord de Gemini 6 (3,54 tonnes/5,74 mètres).

Schirra pilote la cabine et réussit à s’approcher jusqu’à 30 cm de Gemini 7 lancée le 4 décembre et occupée par Borman et Lovell, réalisant ainsi le 1er rendez-vous spatial. Borman de l’Usaf peut alors lire la pancarte "A bas l’Armée de l’Air !" collée par Schirra de la Navy, sur un hublot de Gemini 6. Les deux vaisseaux  simulent la rencontre, autour de la Lune, de l'étage de remontée du module lunaire et de la cabine Apollo. L'éloignement des deux cabines intervient 5 h 18 mn plus tard.

Au cours du vol, Schirra va improviser une mise en scène pour affoler le centre de contrôle. Il demande à Stafford, connu pour son sérieux, d'annoncer l'apparition d'un OVNI. Le suspense dure plusieurs minutes, avant que Stafford le décrive comme étant le Père Noël filant sur son traîneau ! La farce se termine avec les premières notes de "Jingle Bells", joué par Schirra avec un harmonica, tandis que Stafford agite des clochettes.

En évacuant les urines dans l'Espace, Schirra s'aperçoit que le liquide se transforme en petits cristaux gelés que le soleil fait briller. Malicieux, il prend alors une photo de ce curieux phénomène, avec une idée derrière la tête. De retour sur Terre, les pellicules sont développées et les clichés examinés en présence des astronautes et des scientifiques. Au moment où les astronomes se penchent sur la photo "particulière", l'un d'eux demande comment s'appelle cette constellation d'étoiles. Schirra répond alors : "C'est Urion !".

En septembre 1966, Schirra est sélectionné en tant que commandant de la cabine Apollo 2, une répétition du vol Apollo 1 prévu début 1967. Il se plaint, car il aurait préféré une mission plus ambitieuse lui permettant de tester le module lunaire en orbite terrestre. Il démontre aux responsables l'inutilité de ce vol qui est annulé deux mois plus tard. Mais Schirra se retrouve alors comme une simple doublure de Grissom, le commandant d'Apollo 1. Exaspéré, il dit à qui veut l'entendre : "Slayton (Le Directeur des équipages) et Shepard (Le Chef du Bureau des astronautes) ont cassé ma carrière !".

Le 27 janvier 1967, Grissom meurt dans l'incendie de la cabine Apollo 1 avec White et Chaffee, au cours d'une séance d'entraînement. Quatre mois plus tard, Schirra est ainsi désigné commandant du premier vol. Il désire, par la suite, se poser sur la Lune, mais Slayton lui propose d’occuper la future station orbitale terrestre Skylab. Il refuse d’être "un demi-astronaute", selon son expression. Quinze jours avant son décollage, il annonce qu'il ne repartira plus pour l'Espace après sa prochaine mission.

schirra-1.jpgDu 11 au 22 octobre 1968, Schirra réalise son 3° et dernier vol de 10 j 20 h 09 autour de la Terre, à bord d'Apollo 7 (14,67 tonnes/11,14 mètres) avec Eisele et Cunnningham. C’est le 1er vol d’une cabine Apollo et Schirra, à 45 ans, est le plus âgé des astronautes, mais aussi le premier à voler 3 fois et sur 3 vaisseaux différents.

Il attrape un mauvais rhume et le passe à ses coéquipiers. Comment ? Parce qu’un radiateur a gelé, entraînant une baisse de température ou parce qu’il a chassé les pieds dans les marécages de Cap Kennedy, deux jours avant son lancement ? Ou les deux causes réunies ? Sa température s'élève à 37°9 et sa transpiration atteint le double de la normale. La voix enrouée, il avertit le Centre de contrôle : "J'ai usé douze mouchoirs. J'ai déjà pris deux aspirines, mais je voudrais quelque chose de plus fort". Le médecin de service lui recommande alors de l'Actifed.

schirra-apollo-7.jpg

Le plan de vol est surchargé de vérifications du vaisseau, mais des contrôleurs veulent en modifier certaines et en rajouter d’autres.  Les trois hommes deviennent irritables. Schirra parle de "bricolages à la Mickey, de tests mal préparés dont les données sont rejetées par l’ordinateur de bord, de procédures conçues à la va-vite par des crétins qui se prennent pour le nombril du monde". Schirra hausse le ton : "Nous n’avons pas recueilli les informations que vous désirez. Nous n’accepterons plus qu’on se paye notre tête en nous faisant faire des tests dont nous n’avons jamais entendu parler". Kraft, le Chef des opérations en vol, n'apprécie pas le comportement des astronautes qui va avoir des répercussions sur la suite des carrières d'Eisele et de Cunningham, Schirra ayant déjà annoncé son départ. 

Au cours du vol, l'équipage effectue, avec succès, les huit allumages du moteur SPS de 9,3 tonnes de poussée pour le rendez-vous avec l’étage S-IVB de leur fusée Saturn-IB et pour d'autres manœuvres qui vont consommer plus de combustible que prévu. Il photographie également des régions de la Terre.

C'est la première fois qu'une caméra de télévision est embarquée à bord d'un vaisseau, malgré les réticences de Schirra. Aussi, lorsque vient le moment de l'utiliser, il avertit le sol : "J'ai à m'occuper d'autres choses que de faire le singe pour les télespectateurs américains !". Plus tard, il accepte, mais il est piqué au vif lorsqu’un contrôleur leur reproche d’avoir trop joué les comiques lors d’une retransmission et leur suggère de trouver un meilleur scénario et de meilleurs acteurs. Mais le théâtral Schirra ne peut quitter la scène spatiale sans donner une dernière de ses représentations. Il déclame : " Et maintenant, voici les grands acrobates de l'Espace ! ". Les télespectateurs assistent alors à une série de numéros de voltige et de nage. Puis, dans le style des annonces qui fleurissent sur le petit écran américain, il présente, devant la caméra, des feuilles de papier sur lesquelles il a écrit : "Continuez à nous envoyer des cartes et des lettres". Les réponses vont ainsi s'accumuler par milliers au Centre spatial Kennedy.

En raison de leur état de santé, Schirra décide que l’équipage ne portera pas de casque et les gants pour la rentrée, afin d’éviter que la surpression cause des dégâts au tympan et qu’ils puissent se moucher au cours de la descente et des changements brusques de pression. Slayton refuse pour des raisons de sécurité. Schirra lui répond : "Désolé, Deke ! A moins que tu puisses monter pour nous les mettre, nous redescendrons sans eux !" 

A l’amerrissage, une vague et le vent dans les parachutes retourne la cabine dans une position inconfortable pour les astronautes, avant son redressement par des ballons. La réussite du vol donne le feu vert pour le lancement d'Apollo 8 autour de la Lune.

schirra-ds-apollo-bis.jpgEn juillet 1969, Schirra quitte la Nasa pour être nommé Président de la Regency Investors, chargée de la mise en valeur des ressources humaines et minérales des régions. Il devient aussi commentateur spatial sur la chaîne CBS et Directeur du comité d’organisation des Jeux Olympiques de 1976 à Denver.

En 1977, il administre un massage cardiaque à une fillette de quatre ans qui reprend conscience après une noyade dans une piscine. Schirra va occuper les postes de fondateur, de président et de directeur de sociétés du secteur commercial, pétrolier, bancaire, aérien, ferroviaire et télécommunications. Il est également membre du conseil d’administration de fondations, de parcs nationaux, d’un institut, d’un hôpital et du musée aérospatial de San Diego. Il crée aussi sa propre société de consultants, la Schirra Entreprises.

Le 3 mai 2007, Schirra s'éteint à l'âge de 84 ans, d'un arrêt du coeur survenu alors qu'il était hospitalisé pour le traitement de son cancer.

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Le 6° cosmonaute et la 1ère femme, Valentina V. Terechkova, est née le 6 mars 1937 à Maslennikovo (Terre). Elle quitte l’école à l’âge de 16 ans pour aider sa mère, veuve de guerre. Entrée comme ouvrière de jour dans une usine de caoutchouc, elle continue d'étudier à l’école du soir. En 1955, elle est admise dans une filature de coton et elle suit, chez elle, les cours par correspondance de l’Ecole Technique des Textiles. Dès 1959, Valentina fréquente l’aéroclub de Yaroslavl où elle pratique le parachutisme. Au début, sa technique interpelle son moniteur qui l'accuse d'atterrir "comme un ours". Vexée, elle fait beaucoup d'efforts pour se poser comme une plume. Deux ans plus tard, elle totalise 78 sauts et elle obtient son diplôme de technicien supérieur en filatures textiles. Après les vols de Gagarine et de Titov, elle rêve de devenir cosmonaute et elle adresse une lettre aux autorités de Moscou pour exprimer son désir. Après une longue attente, elle apprend qu’elle figure dans une première sélection de 58 jeunes filles sur un total de 200, toutes parachutistes ou pilotes dans des aéroclubs.

En mars 1962, Valentina Terechkova entre à l’âge de 25 ans dans le groupe des cinq cosmonautes femmes. Réservée et modeste, elle est un modèle de savoir-vivre et de calme énergie. Elle aime la lecture, la musique et le théâtre ainsi que la natation et le ski nautique, le badminton et le trampoline.

Lors de son arrivée à la Cité des Etoiles, le centre d'entraînement, les cosmonautes masculins sont impressionnés par la grosse valise qu'elle porte. Bykovsky, moqueur, affirme qu’elle contient des poids et des haltères. Le contenu est tout autre : ce sont des livres. Nikolaïev, galant, se propose de l'amener dans sa chambre. Il devient le tuteur de Valentina en la conseillant pour sa formation. Lorsqu’elle termine sa première épreuve dans la centrifugeuse, Nikolaïev et les techniciens se précipitent, soucieux, vers l'habitacle suspendu à un bras d'acier dans lequel elle est enfermée. Valentina leur sourit en leur disant avec ironie : "Ainsi, vous pensiez que vous seuls, les hommes, pouviez supporter le manège diabolique ? Les femmes aussi !" Elle subit également le test de la chambre sourde où le silence est si pesant qu'il faut occuper son esprit. Elle récite donc à voix haute des poèmes de Nekrassov qui glorifie l'émancipation de la femme. Elle va effectuer de plus une cinquantaine de sauts en parachute, puis apprendre à voler, d’abord comme copilote d’avion de transport, ensuite en tant que pilote d’avion à réaction.

Du 16 au 19 juin 1963, Valentina Terechkova accomplit son unique mission de 2 j 22 h 50 mn autour de la Terre à bord du dernier Vostok 6 (4,71 tonnes/4,40 mètres). Elle devient la première femme de l’Espace et elle supporte beaucoup mieux le lancement et la mise en orbite que ses collègues Nikolaïev et Popovitch. C’est le deuxième vol jumelé soviétique, car Valentina s’approche à 5 km de Bykovsky lancé deux jours auparavant sur Vostok 5. Pour se détendre, elle lui chante la chanson préférée des cosmonautes et elle écoute des cassettes d’Adamo, d’Hugues Aufray et de Gilbert Bécaud.

La mission est prévue pour durer une journée et, si elle se sent bien, elle a l’autorisation de continuer deux jours de plus. Valentina éprouve au cours du vol les mêmes malaises que Titov, mais elle ne veut pas que la mission soit interrompue. Par la suite, elle assure qu’elle va mieux. Pourtant, une transmission télévisée montre son visage aux traits tirés. Lors d’un test, il lui est impossible d’orienter manuellement le Vostok. Les contrôleurs craignent qu’elle ne soit pas en mesure de prendre les commandes pour la rentrée si le système automatique tombe en panne. Gagarine, Titov et Nikolaïev rappellent à Valentina la procédure à suivre pour mener à bien cette manœuvre.

A un moment donné, les techniciens s’inquiètent de ne plus pouvoir communiquer avec elle. Ils demandent à Bykovsky de la contacter, mais il n’y arrive pas. Le centre de contrôle déclenche alors une alarme à bord du vaisseau. Valentina se réveille en sursaut. Fatiguée, elle s’était endormie profondément. Reposée, elle réussit à utiliser le système manuel d’orientation du Vostok. Lors de la rentrée dans l’atmosphère, la télémétrie indique que toutes les étapes se déroulent normalement. 
Cependant, l’anxiété monte car Valentina ne peut pas confirmer aux contrôleurs le bon fonctionnement du système d’orientation, ni la mise à feu de la rétrofusée, ni la séparation de la cabine et du module de service.
 

Elle s’éjecte en parachute à 6 500 m d’altitude, mais tandis qu’elle descend, son nez est légèrement entaillé par la chute d’une pièce de métal détachée de la voilure. Puis, Valentina est contrainte de se poser sur le dos à cause d’un problème avec un élément de la coupole. Des villageois accourent pour l’aider à se relever et à retirer son scaphandre. Elle se dirige ensuite vers le Vostok posé un peu plus loin et elle donne la nourriture stockée dans la cabine à ses secouristes. Les diététiciens sont donc dans l’incapacité de vérifier qu’elle a bien mangé soixante pour-cents des aliments embarqués. De plus, elle accepte le copieux petit déjeuner qui lui est offert par hospitalité. Les spécialistes ne peuvent donc pas procéder aux analyses prévues. Elle a alors une discussion très animée avec une médecin qui lui reproche d'avoir désobéi au règlement. D'autres femmes vont suivre les traces de Valentina comme la Française Claudie André-Deshays mariée plus tard avec Jean-Pierre Haigneré, son collègue spationaute.

undefinedEn novembre 1963, Valentina Terechkova épouse Andrian Nikolaïev et elle met au monde, en juin 64, leur fille Lena qui sera médecin. Elle commence à suivre des cours d'aéronautique à l'Académie de l'Armée de l'Air Joukovski tout en participant aux programmes Voskhod et Soyouz en tant qu'instructeur. Elle est également élue Député et, en 1969, elle obtient son diplôme d'ingénieur en aéronautique. En 1982, elle divorce, puis se remarie. Valentina mène une carrière publique très active comme Présidente du Comité des femmes soviétiques, Présidente de la Société des associations d’amitié avec les peuples et Vice-présidente de la Fédération démocratique internationale des femmes.

Valentina Terechkova quitte le programme spatial en avril 1997 et elle devient Directrice du Centre russe de coopération internationale pour la science et la culture.

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Le 6° astronaute, Leroy Gordon (Gordo) Cooper Jr., est né le 6 mars 1927 à Shawnee (Terre). A l’âge de 14 ans, il prend déjà des cours de pilotage. En 1946, il rentre à l’Université d’Hawaï qu’il quitte au cours de l’année 1949 pour commencer son entraînement de pilote de chasse dans l’US Air Force. De 1950 à 1954, il est affecté en Allemagne de l’Ouest et vole sur des F-84 et des F-86. De retour aux Usa, Cooper est admis à l’Institut de Technologie de l’Armée de l’Air à Dayton et deux ans après, il est licencié en aéronautique. En 1956, il se trouve à l’Ecole des Pilotes d’Essai d’Edwards où il devient ingénieur-pilote, chargé de préparer et d’expérimenter de nombreux avions dont le F102A et le F106B.

En avril 1959, Cooper fait partie de la 1ère équipe d’astronautes à l’âge de 32 ans. C’est un solitaire, au franc-parler, qui aime pêcher. Sa confiance en lui repose sur ses capacités d’aviateur-né, mais on va lui reprocher son absence de respect pour la hiérarchie.

Cooper contrarie la Nasa lorsqu’il se plaint devant les journalistes des moyens mis en œuvre pour l’entraînement. Il scandalise la Nasa et frôle l’interdiction de vol sur la dernière Mercury lorsqu’un jour, il réussit à atterrir et à décoller d’une piste classée trop courte pour le F-102 qu’il pilote. Deux jours avant son décollage, Cooper se rend à Cap Canaveral et passe le mur du son avec son F-102 au-dessus de la base, pour annoncer son arrivée. Les bâtiments sont secoués par la déflagration et Williams, le directeur des opérations, veut le remplacer. Sa colère est apaisée par Slayton, le Directeur des équipages pour qui Cooper est avant tout un pilote exceptionnel.

Du 15 au 16 mai 1963, à bord de Mercury 9 (Faith 7 : 1,37 tonne/3,34 mètres), Cooper accomplit un 1er vol de 1 j 10 h 19 mn. Il reste détendu et il consomme si peu d’oxygène que son collègue Schirra le prie d’arrêter de retenir sa respiration. Cooper réalise ses observations dont les commentaires enchantent les responsables. Lors de la 19° des 22 orbites prévues, un voyant s’allume sur le tableau de bord de la cabine et sur le panneau du contrôleur de vol qui lui demande s’il entame sa descente vers la Terre. " Et ta sœur ? " lui répond Cooper. Un système électrique en court-circuit vient de donner l’ordre aux gyroscopes d’orienter la capsule pour le déclenchement des rétrofusées. Cooper le neutralise.

A la 20° orbite, il ne peut plus contrôler les instruments qui indiquent la position de la Mercury. A la 21° orbite, un autre court-circuit prive de courant le système de pilotage automatique chargé du retour sur Terre. Cooper déclare : " On dirait qu’on a un petit problème. J’ai bien l’impression qu’il va falloir que je m’en sorte tout seul ". Il réussit alors manuellement à orienter l’angle d’attaque de la cabine, à la stabiliser, puis il allume les rétrofusées. Il amerrit avec une telle précision que les contrôleurs sont impressionnés. C’est la plus longue mission Mercury et le Français Henri Salvador lui consacre une chanson qui a pour titre : "Dis, M. Gordon Cooper ?"

Après son vol, Cooper participe à des courses automobiles que la Nasa lui interdit rapidement car elle juge cette activité trop dangereuse.

Du 21 au 29 août 1965, Cooper réalise sa 2° et dernière mission de 7 j 22 h 55 mn à bord de Gemini 5 (3,60 tonnes/5,74 mètres) autour de la Terre, en compagnie de Conrad. Il devient le premier astronaute mis sur orbite à deux reprises. Pour la première fois, un vaisseau emporte une pile à combustibles qui fournit de l’électricité et de l’eau, nécessaire pour les longs vols. Dès la première orbite, la pression du réservoir d’oxygène de la pile baisse, entraînant une diminution de la puissance électrique.

 

 La Nasa décide le retour de l’équipage. Puis, la pression du réservoir se stabilise et remonte lentement. L’autorisation est donnée de continuer le vol pour une durée de 24 heures, renouvelable. Conrad craint que la mission se termine, mais Cooper le rassure : " Oh ! Mais non, nous ne descendrons pas avant l’heure fixée ! ". Pour économiser de l’énergie, le rendez-vous avec le satellite Rep, largué auparavant, est annulé.

De nombreuses expériences sont à réaliser et Cooper annonce à son collègue au Centre de contrôle : " Mon cher McDivitt, tu ferais bien de dire aux gens qui ont préparé le plan de vol qu’ils nous donnent un peu trop à faire. Nous n’avons même pas pu faire le ménage à bord. Il y a des tas de bidules qui flottent autour de nous ". Puis, deux soupapes des éjecteurs de carburant du système d’orientation de la cabine se bloquent et du combustible se perd. Le reste du vol doit alors se faire en vol libre et les observations qui nécessitent une orientation de la capsule, sont annulées.

La pile à combustibles produit trop d’eau et pour éviter qu’elle soit noyée, Cooper la met en veilleuse. La consommation d’énergie est donc considérablement réduite et, lorsque le chauffage est débranché, la température tombe au-dessous de 0°. Le dernier jour du vol, l’équipage dialogue avec leur collègue Carpenter à bord du laboratoire sous-marin SeaLab II. Malgré les incidents, le vol établit un record de durée équivalent à un aller-retour Terre-Lune.

Peu après, Cooper retombe dans sa passion pour la compétition automobile. Il irrite la Nasa car il persiste à ignorer les directives officielles. Slayton le nomme néammoins remplaçant éventuel du commandant de Gemini 12 de novembre 66, puis commandant de réserve de l’équipage d’Apollo 10 de mai 69. Mais Cooper ne semble pas trop motivé dans son entraînement comme doublure et il continue de courir, au mépris du règlement. Un équipage de réserve devenant équipage principal, la logique aurait voulu que Cooper soit désigné commandant d’Apollo 13. C’est Shepard, de retour dans le Corps des Astronautes, qui est proposé à sa place en juin 69, avant que son équipage soit transféré sur Apollo 14. Ce changement est, pour lui, une injustice. Il intervient auprès du quartier général de la Nasa, mais l'Agence spatiale a décidé de ne plus lui pardonner ses écarts. Slayton le prend alors comme assistant sur le programme de station Skylab.

En juillet 1970, Cooper part de la Nasa pour créer la Gordon Cooper and Associates, une firme consultante spécialisée dans l’aérospatiale, les lignes aériennes et l’hôtellerie. Il est aussi Président de la National Exhibits, un centre d’exposition. Il devient également en 1973, Vice-président de la Craftech pour la construction de bâtiments à coût économique et de la Walt Disney Enterprises, chargé de la recherche et du développement. Il est également membre du conseil d’administration de sociétés d’urbanisme, de commerce et de technologies avancées. " Gordo " nous quitte le 4 octobre 2004, à l'âge de 77 ans.

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