Les vols habités dans l'Espace (241 à 244)

Publié le par jijiaile



241 ° -> 19 avril 2004. SOYOUZ TMA4. Fincke (Américain) : 187 j 21 h 16 mn jusqu’au 24 octobre 2004, Kuipers (Hollandais) : 10 j 20 h 52 mn jusqu’au 29 avril 2004, Padalka (2° vol) : 187 j 21 h 16 mn jusqu’au 24 octobre 2004. Poussée par vingt moteurs, la fusée Semorkia décolle et place en orbite le vaisseau Soyouz qui s’amarre à la station internationale Iss occupée par le commandant américain Foale et le Russe Kaleri. Ils vont être relevés par le commandant russe Padalka et l’Américain Fincke formant le 9° équipage permanent. La mission, baptisée Delta, est le 5° vol de l’Esa, l’Agence spatiale européenne, représentée par le spationaute Kuipers. Quelques heures après leur arrivée, un des trois gyroscopes américains tombe en panne. Bien que l’Iss puisse s’orienter avec deux appareils, il est impératif que Padalka et Fincke improvisent une sortie pour tenter de le remettre en marche afin qu’il serve de secours. En attendant, Kuipers et ses camarades effectuent des expériences sur l‘observation de la Terre, la physiologie, la biologie, la microbiologie, les sciences physiques, la technologie et l’éducation. Médecin de formation, Kuipers constate les modifications cardiovasculaires de son organisme en apesanteur : une partie du sang des jambes va refluer vers le haut de son corps. Il mène ainsi une étude approfondie sur la redistribution des fluides qui pemettra à ses collègues de mieux comprendre et de traiter les malades souffrant de problèmes circulatoires. Kuipers va également analyser la protéine Nf-kb impliquée dans le cancer, la sclérose en plaques et la polyarthrite rhumatoïde. A l’intérieur de l’enceinte du Msg européen, il observe le fonctionnement d’une nouvelle génération de lampe à faible consommation d’énergie servant à éclairer les stades et les autoroutes et qui connaît des problème d’instabilité. Avec l’expérience internationale Ice-First proposée par le Cnes (Centre national d’études spatiales) sont étudiés les effets du rayonnement cosmique sur de petits verts ayant des gênes communs avec ceux de l’homme. Le but est de prendre des mesures pour diminuer le taux de radiation subi par les astronautes lors des expéditions lointaines. En compagnie de Kaleri et de Kuipers à bord de Soyouz Tma3, Foale revient sur Terre avec son record américain de 374 j 11 h en six vols. Dans la station Iss, Padalka et Fincke poursuivent le programme préparé par une centaine de spécialistes internationaux. 28 domaines sont concernés par cette expédition dont la photographie de la Terre pour l’agriculture, la sylviculture, l’hydrologie, la météorologie, la géologie, la cartographie, l’océanographie et l’écologie (20.000 clichés sont pris en moyenne par chaque équipage), les expérimentations pharmaceutiques en particulier sur les protéines pour les médicaments, la production de matériaux dont des cristaux pour l’électronique, les expériences scientifiques, de technologie et de biomédecine dont celles préparées par les Américains pour leurs missions lunaires. Ils effectuent aussi quatre sorties (15 h 45 mn) depuis le sas russe Pirs. La première dure à peine une quinzaine de minutes, car les deux hommes doivent regagner rapidement la station, la pression dans la bouteille d’oxygène du scaphandre russe de Fincke baissant dangereusement. La deuxième sortie intervient quelques jours plus tard pour la réparation réussie du disjoncteur du gyroscope et l’accomplissement d’autres travaux dont l’installation de rampes et d’une unité de mesure du vide. Durant la troisième sortie, Padalka et Fincke s’éloignent à 25 m du sas pour monter, sur Zvezda, les éléments de guidage du cargo-remorqueur européen Atv (Jules Verne). Alors qu’ils sont sur le point de terminer diverses tâches, l’Iss est déstabilisée pendant plusieurs minutes, puis le contact radio avec la Terre s’interrompt. Une fois la liaison rétablie, les contrôleurs demandent aux deux hommes de rentrer dans la station avant que soient allumés les moteurs du module Zarya qui vont repositionner correctement l’Iss. Au cours de la quatrième sortie, ils posent des antennes pour l’amarrage de l’Atv sur Zvezda et ils accrochent des poignées pour faciliter les déplacements. A bord de la station, l’absence d’un troisième astronaute se fait durement sentir pour réaliser le programme des expériences et les nombreuses réparations. Padalka et Fincke auraient besoin « d’une 3° paire de mains, d’une 3° paire d’yeux et d’un 3° cerveau ». Pour les sorties, les deux scaphandres américains ne peuvent pas servir à cause du mauvais fonctionnement de leur pompe. Deux autres vont être acheminées par un cargo Progress. Depuis les centres de contrôle américain et russe, des logiciels sont téléchargés vers des ordinateurs de l’Iss afin de corriger jusqu’à un millier de bugs informatiques empêchant un usage correct des équipements. Les autres problèmes sont réglés par les deux hommes qui suivent les instructions des fiches de procédure. En septembre, le principal générateur d’oxygène russe Elektron tombe en panne et il ne semble pas des bulles d’air passagères empêchent sa bonne marche comme par le passé. En attendant qu’il soit remis en état, l’oxygène est fourni par les réserves d’air auxiliaires. Une fois de plus, les vols de navettes manquent cruellement pour débarrasser la station du matériel inutile qui est stocké un peu partout. L’équipage est obligé de le déplacer chaque fois qu’il veut atteindre certains panneaux de commande. A la fin de leur séjour, Padalka et Fincke reçoivent l’équipage de Soyouz Tma5.
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242° -> 14 octobre 2004. SOYOUZ TMA5. Shargin : 9 j 21 h 29 mn jusqu’au 23 octobre 2004, Sharipov (2° vol) et Chiao (4° vol, Américain) : 192 j 19 h jusqu’au 24 avril 2005. Le cosmonaute professionnel Shargin remplace le « touriste spatial » Polonsky, homme d’affaires russe, qui n’a pas réussi les dernières épreuves médicales. Après la mise en orbite du Soyouz, une accélération inattendue du vaisseau oblige Sharipov à saisir les commandes manuelles pour s’amarrer à la station internationale Iss habitée par le commandant russe Padalka et l’Américain Fincke. Ils vont être remplacés par le commandant américain Chiao et le Russe Sharipov, le 10° équipage permanent. Shargin prend des clichés de régions particulières du monde dont la topographie révèle des signes annonciateurs de cataclysmes naturels. Des tests préparatifs à la mise au point d'un vaccin contre le Sida sont également effectués. Il retourne sur Terre à bord de Soyouz Tma4 avec Padalka et Fincke. Dans la station, Chiao et Sharipov continuent le programme élaboré par une centaine de spécialistes internationaux. 26 domaines sont concernés par cette expédition dont la photographie de la Terre pour l’agriculture, la sylviculture, l’hydrologie, la météorologie, la géologie, la cartographie, l’océanographie et l’écologie (20.000 clichés sont pris en moyenne par chaque équipage), les expérimentations pharmaceutiques en particulier sur les protéines pour les médicaments, la production de matériaux dont des cristaux pour l’électronique, les expériences scientifiques, de technologie et de biomédecine dont celles préparées par la Nasa en vue des vols lunaires. Chiao et Sharipov réalisent également deux sorties (9 h 58 mn) après avoir révisé leur scaphandre défectueux. Au cours de la première, ils installent une antenne et un émetteur, des caméras et une plate-forme de travail, des containers d’expériences biologiques et un bras robotique allemand de 50 cm pour effectuer des manipulations dangereuses. Ils contrôlent surtout les bouches d’aération du générateur d’oxygène Elektron. Ils découvrent alors une des causes de son fonctionnement irrégulier : des taches d’apparence huileuse et une substance blanchâtre bouchent en partie la sortie des conduits de l’appareil. Pendant la deuxième sortie, les deux hommes posent sur le module Zvezda des câbles et des antennes de communications indispensables pour conduire le rendez-vous entre le cargo-remorqueur européen Atv (Jules Verne) et l’Iss. Puis, Shapirov met en orbite Nanosputnik (30 cm, 5 kg) en le lançant avec ses mains vers le bas et dans le sens opposé à la direction de la station afin d’éviter tout risque futur de collision. Pendant trois mois, ce satellite va effectuer des manœuvres. A bord de l‘Iss, l’équipage améliore le fonctionnement d’un ordinateur et remplace un échangeur de chaleur dans le sas de sortie Quest. Fin novembre, l’inventaire des réserves de nourriture surprend Chiao, Shapirov et les contrôleurs. Si le stock en céréales et en biscuits est suffisant, celui des viandes et des poissons est anormalement bas. Instruction est donnée aux deux hommes de réduire le nombre de calories jusqu’à ce qu’un cargo Progress s’amarre le 25 décembre en apportant des provisions et des cadeaux de Noël. A la mi-janvier, l’équipage est en état d’alerte. Une puissante éruption solaire déclenche une tempête magnétique qui frappe la station. Les deux hommes restent dans ses parties les plus protégées des radiations dont ils mesurent le taux d’augmentation, sans risque pour leur santé. Cet orage modifie l’environnement de l’Iss. Elle perd de l’altitude, mais les moteurs du Progress relèvent son orbite de quelques kilomètres. Au terme de leur mission, Chiao et Sharipov accueillent l’équipage de Soyouz Tma6.
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243° -> 15 avril 2005. SOYOUZ TMA6. Krikalev (6° vol) et Phillips (Américain, 2° vol) : 179 j 23 mn jusqu’au 11 octobre 2005, Vittori (Italien, 2° vol) : 9 j 21 h 21 mn jusqu’au 25 avril 2005. Le vaisseau Soyouz s’amarre à la station internationale Iss occupée par le commandant américain Chiao et le Russe Sharipov. Ils vont être relevés par le 11° équipage permanent : l’Américain Phillips et le commandant russe Krikalev déjà membre de la 1ère équipe ayant séjourné dans la station entre octobre 2000 et mars 2001. Il est aussi le premier cosmonaute russe à voler pour la sixième fois. La mission, nommée Eneide, est le 6° vol de l‘Esa, l’Agence spatiale européenne représentée par le spationaute Vittori qui effectue des expériences sur la physiologie humaine, la biologie, la technologie et l’éducation. Son travail terminé, il prend place dans Soyouz Tma5 en compagnie de Chiao et de Sharipov. Après l'éjection du module orbital et la mise à feu pour la désatellisation, la capsule se sépare du compartiment moteur et entre dans l'atmosphère (photo). Elle atterrit de nuit et dans de mauvaises conditions atmosphériques. Dans la station Iss, Krikalev et Phillips poursuivent le programme préparé par une centaine de spécialistes internationaux. 31 domaines sont concernés par cette expédition dont la photographie de la Terre pour l’agriculture, la sylviculture, l’hydrologie, la météorologie, la géologie, la cartographie, l’océanographie et l’écologie (20.000 clichés sont pris en moyenne par chaque équipage), les expérimentations pharmaceutiques en particulier sur les protéines pour les médicaments, la production de matériaux dont des cristaux pour l’électronique, les expériences scientifiques, de technologie et de biomédecine dont celles élaborées par les Américains pour les futures missions lointaines. En mai, le générateur principal russe Elektron tombe à nouveau en panne. Aussitôt, le système auxiliaire assure la relève en pompant l’oxygène dans les réservoirs livrés deux mois plus tôt par un cargo Progress. En juin, le pilotage automatique d’un autre vaisseau de ravitaillement cesse de fonctionner cinq minutes avant son amarrage avec l’Iss en raison d’une interruption dans les communications avec le centre de contrôle, victime d’une coupure d’électricité. Rapidement, Krikalev envoie des signaux depuis un pupitre de commande pour que le Progress s’accroche correctement à la station. Il apporte des pièces de rechange pour l’Elektron. En juillet et afin que les cosmonautes puissent sortir dans l’Espace par le sas Pirs, l’équipage s'installe dans Soyouz Tma6 qui se détache du sas pour s’amarrer au module Zarya trente minutes plus tard. Cette opération délicate s’effectue après la mise en veilleuse de tous les systèmes de l‘Iss au cas où l’accostage aurait échoué, obligeant les deux hommes à retourner sur Terre prématurément. Krikalev et Phillips se préparent ensuite à recevoir l’équipage de Sts 114 avant celui de Soyouz Tma7.
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244° -> 26 juillet au 9 août 2005. STS 114. Robinson (3° vol), Kelly j. (2° vol), Thomas (4° vol), Lawrence (4° vol, femme), Camarda, Collins e. (4° vol, femme pilote-commandant de bord), Noguchi (Japonais). 13 j 21 h 32 mn. 31° vol de la navette Discovery. Après l’accident tragique de la navette Columbia, deux ans et demi sont consacrés à la mise au point des techniques d’inspection et de réparation éventuelle en orbite du bouclier thermique des navettes. Par ailleurs, de nouveaux procédés d’application de l’isolant de 1.900 kg ont été réalisés pour recouvrir chaque réservoir externe. Le 16 janvier 2003, un morceau s’était détaché du réservoir et avait percé une aile de Columbia, causant la mort des sept astronautes à leur retour sur Terre. Lorsque Discovery décolle à son tour, filmée par les caméras, un bloc d’isolant de 0,5 kg se décroche de la zone dite "Pal", mais sans toucher la navette. La Nasa décide alors de suspendre les autres vols pour comprendre et résoudre le problème (il suffira d’enlever l’isolant qui recouvre la rampe protégeant des câbles et des canalisations). Arrivée près de la station Iss, Discovery fait un tour complet sur elle-même pour que Krikalev et Phillips puissent la prendre en photo, une mesure qui deviendra systématique pour chaque vol vers la station. Un second problème est constaté. Les clichés montrent sous le ventre de la navette deux joints sortis entre des tuiles protectrices qui pourraient être déplacées lors de la brutale et chaude rentrée dans l’atmosphère. Les responsables de la mission demandent que Robinson retire ces joints dangereux. Après l’amarrage de Discovery avec la station Iss, un contrôle rapproché des ailes et du nez de la navette est effectué à l’aide d’une caméra fixée sur une perche de 15 m attachée à l’extrémité du bras robotique d‘une longueur de 16 m. Aucun dégât n’est constaté. Robinson et Noguchi vont alors réaliser trois sorties d’une durée de 20 h 05 mn. Au cours de la première et sur un banc d’essai installé dans la soute de la navette, ils testent une pâte à durcir sur une tuile dégradée dans le but de pouvoir colmater ou de remplacer des tuiles endommagées ou perdues lors des lancements. Ils expérimentent aussi un matériau destiné à consolider la protection des bords d’attaque des ailes qui auraient été abîmés. Ils remettent en marche une batterie alimentant un gyroscope qui contrôle l’attitude de la station. Pendant la deuxième sortie, les deux astronautes se dirigent derrière la poutre Z1 pour démonter le gyroscope en panne depuis 2002 et le remplacer. Ils rangent des câbles gênants et enlèvent la plate-forme fixée sur le bras Canadarm pour le déplacement des astronautes. Lors de la troisième sortie, Robinson et Noguchi changent une caméra montée sur la poutre S1 et ils attachent une plate-forme sur laquelle seront rangés des outils et des pièces de rechange pour le travail dans l’Espace. Ils fixent plusieurs projecteurs et accrochent un conteneur renfermant des échantillons de matériaux exposés au rayonnement solaire. A la fin de la sortie intervient l’opération à haut risque. Le bras de Discovery amène Robinson sous le ventre de la navette, près du train d’atterrissage avant. Avec une paire de ciseaux, il réussit à retirer doucement les deux joints saillants d’1 cm et de 3 cm. En cas d’échec, il aurait utilisé une scie pour les sectionner au ras des tuiles. Au cours de la mission, les astronautes déchargent dans la station des vivres et des équipements rangés dans le module de ravitaillement italien Raffaelo amené dans la soute de la navette et amarré provisoirement à l’Iss. Il va ramener sur Terre les déchets accumulés, le matériel inutilisable stocké dans la station et les éléments démontés du système Kours d’approche et d’amarrage qui pourra ainsi être réutilisé sur un autre vaisseau Soyouz. La mission terminée, Discovery se détache de l’Iss qui possède, pour la première fois depuis trois ans, quatre gyroscopes en parfait état de marche dont deux en réserve. Restés à bord de la station, Krikalev et Philipps poursuivent leur programme. A la mi-août, les deux hommes effectuent une sortie de 4 h 57 mn au cours de laquelle ils récupèrent des senseurs de radiation sur un mannequin, ramènent des conteneurs de matériaux et d’échantillons biologiques, fixent une caméra de télévision de secours pour l’observation du cargo européen Atv (Jules Verne), photographient des expériences et la surface de l‘Iss. Le manque de temps les empêche de démonter un adaptateur sur le module Zarya. Courant août, le système russe d’absorption du gaz carbonique tombe en panne. Il est remplacé par le système américain. Début septembre, Krikalev et Phillips simulent un retour sur Terre causé par une dépressurisation de la station impossible à stopper. La gravité va d’une fuite minime d’air sur la garniture d’un hublot à une fuite maximale d’air provoquée par la collision avec un vaisseau. Les mesures d’urgence consistent d’abord à isoler le compartiment dans lequel a lieu la fuite, à la localiser et à augmenter l’arrivée d’oxygène. Après la livraison d’un cargo Progress, Krikalev installe un bloc dans le système de régénération d’oxygène Elektron qui fonctionne de nouveau. Le 3 octobre 2005, Soyouz Tma7 s’amarre à la station internationale Iss. A son bord se trouvent le « touriste » américain Olsen et le commandant américain McArthur (4° vol) accompagné du Russe Tokarev (2° vol). Ces deux derniers (le 12° équipage permanent) viennent remplacer le commandant russe Krikalev et l’Américain Phillips qui retournent sur Terre avec Olsen dans Soyouz Tma6 le 11 octobre 2005. Krikalev devient le recordman de durée dans l’Espace avec 803 jours 9 h 39 mn en 6 vols. Il lui tarde de « boire une bonne tasse de café fumante et de goûter des fruits frais », tandis que Phillips est impatient de « manger une pizza et d’avaler une pinte de bière très froide ». 

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