Neil Armstrong

Publié le par jijiaile

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Le 14° astronaute, Neil A. Armstrong,
est né le 5 août 1930 à Wapakoneta (Terre) dans la ferme de ses grands-parents maternels, située à dix kilomètres de la ville qui, d’après la légende, a été bâtie par le chef indien Wapa et la princesse Koneta. L'amour pour l’aviation doit commencer à cheminer de bonne heure dans les pensées du jeune Neil. A l’âge de deux ans, son père l’amène voir les courses nationales aériennes de Cleveland et, à sa sixième année, il monte avec lui dans un trimoteur Ford pour son baptême de l’air.

A partir de neuf ans, tout son argent de poche sert à l’achat de revues spécialisées et de modèles réduits à élastique. En 1944, sa famille revient définitivement à Wapakoneta après que son père, vérificateur de comptes pour l’Etat de l’Ohio, ait terminé ses déplacements. Neil entre à l’orchestre municipal, puis à celui de son collège, pour jouer du trombone. Par contre, il n’aime pas le sport et ses camarades ne sont plus surpris lorsqu’il les abandonne au début d’une partie de foot ou de base-ball, pour courir à la bibliothèque ou retourner chez lui afin de se plonger dans le monde de l’aviation, par la lecture de magazines et l’assemblage de maquettes.

Les enseignants considèrent Neil comme un élève sérieux, très bon en mathématiques et un peu rêveur. Il veut faire carrière dans l’aéronautique et, comme sujet de travaux pratiques suivis par son professeur de physique, il choisit d’aménager, dans la cave de sa maison, une soufflerie pour étudier les mouvements d’air sur un modèle réduit d'avion, comme le font les constructeurs qui veulent connaître le comportement des aéronefs aux grandes vitesses. C’est le métier que Neil veut faire plus tard. Les essais secouent la maison et font sauter les fusibles, mais la colère des parents va disparaître lorsqu’il leur montre l’excellente note obtenue en physique.

Pour préparer son avenir, il veut commencer à prendre des leçons de pilotage à l’âge de 15 ans. Elles coûtent très cher. Alors, il va travailler le matin avant d’aller au collège, en fin d’après-midi après ses cours et le samedi. Dans la pharmacie, il passe le balai et transporte des cartons de médicaments. Dans l’épicerie et dans la quincaillerie, il remplit les rayonnages. Dans la boulangerie, il fait des beignets et nettoie le pétrin. Au cimetière, il tond le gazon. Avec ses économies dans les poches, Neil enfourche sa bicyclette et pédale sur cinq kilomètres pour se rendre à l’aéroclub où son moniteur l’attend à bord d’un Aeronca Champion. Son premier vol réalisé, il rassure sa mère et lui fait partager son bonheur : " Maman, là-haut, tout est pur ! ". Le jour de ses seize ans, il s’offre un merveilleux cadeau d’anniversaire : son brevet de pilote, bien avant son permis de conduire.

L’année suivante, Neil termine ses études secondaires et il souhaite s’engager dans la branche aéronautique. Mais le côté financier est une barrière qui semble infranchissable. Heureusement, l’Aéronavale est en train de constituer un contingent de réservistes au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle offre aux jeunes étudiants deux ans d’université, trois ans comme pilote militaire et deux années complémentaires d’université. Neil est très intéressé. Il réussit les tests d’admission et reçoit une bourse d’études. Trop jeune pour entrer à l’Institut de Technologie du Massachusetts, il est admis à 17 ans à l’Université de Purdue, afin de suivre des cours d’ingénieur en aéronautique.

En 1949, il débute son entraînement de pilote de chasse à Pensacola puis, de la mi-51 au printemps 52, il participe à la guerre de Corée. Les troupes nord-coréennes et chinoises ont, en effet, envahi la Corée du sud, mais elles vont être repoussées par les unités américaines et celles de l’Onu, grâce à l’appui des forces aériennes. Neil Armstrong est affecté à l’escadrille 51 du porte-avions USS Essex stationné au large de la côte est de la Corée du nord, dans une zone où il n’y a pas de combats aériens. Les 78 missions à basse altitude qu’il effectue sur un F9F-2 Panther consistent à détruire des ponts et des voies ferrées. Il lui arrive de revenir avec son appareil criblé par les projectiles tirés par les canons de la DCA. Un jour, son avion percute un câble antiaérien qui sectionne deux mètres de l'aile droite alors qu'il se trouve au-dessus du territoire ennemi. Avec sang-froid et adresse, il parvient à regagner le sud où il s'éjecte. A l’automne 52, il retourne à l’Université de Purdue et termine ses études en janvier 1955, avec une licence en aéronautique.

Neil Armstrong adresse alors sa candidature au High-Speed Flight Station de la Naca à Edwards, pour effectuer des vols à haute altitude et à grande vitesse. Comme il n’y a pas de place disponible, son dossier est transmis à un autre centre de la Naca, le Lewis Flight Propulsion Laboratory à Cleveland qui lui propose un poste de pilote d'essai et d'ingénieur chercheur. Il va travailler sur le dégivrage des avions aux commandes des C-47, R-4D, DC-3 par très mauvais temps et sur les transferts de chaleur en larguant des fusées depuis un avion F-82 Twin Mustang.

Puis, un jour de l’été 1955, le Centre d’Edwards contacte Armstrong pour lui demander s’il veut toujours le rejoindre. Il accepte avec enthousiasme et il y reste sept ans. Il va tout d’abord occuper la fonction de scientifique sur l’aérodynamique à bord du P51 Mustang, puis celle de pilote d’essai sur des avions à hautes performances : le F-100A Super Sabre, le F-100C, le F-101, le F-104A, le F-105 et le F-106. Comme pilote des bombardiers B-29 et B-52, il largue une centaine d'avion-fusées X-1 et Skyrockets accrochés sous une aile, avant d'être largué à son tour aux commandes du X-1B. D’août 1957 à janvier 1958, il effectue 4 vols pour monter jusqu’à 16,77 km d’altitude.

En juin 1958, Armstrong fait partie de l’équipe du programme de l'Armée de l'Air " Man-In-Space-Soonest "qui a pour objectif de réaliser des vols suborbitaux et orbitaux avec le Dyna-Soar (X-20), lancé par des fusées Titan 1, 2 et 3. Les manœuvres de retour de cet avion spatial sont simulées par Armstrong sur le F-102A et le F5D. En novembre 1958, quand la toute récente Nasa approuve le projet Mercury, les pilotes d’essai d'Edwards jugent absurde de placer une capsule au sommet d’une fusée et ridicule de la récupérer en mer. Pour l’agence de l’Espace, c’est le moyen le plus rapide pour devancer les Soviétiques dans la course au premier homme dans le Cosmos. Pour ceux du X-1 et du X-15, la meilleure solution, c’est le véhicule muni d’ailerons verticaux. Armstrong et ses collègues considèrent "les gens de Mercury comme des intrus incompétents qui viennent se mêler de leur business".

En janvier 1959, il ne répond pas à l'invitation de la Nasa pour devenir astronaute "parce que dans un avion" il a "la possibilité de contrôler la machine, comme un peintre son pinceau ". Le 30 novembre 1960, il réalise son premier vol sur le fameux X-15 de 14,50 mètres de long et d’une masse de 13,60 tonnes, propulsé par un moteur-fusée, qui va être suivi de trois autres vols. 
Après le lancement et la récupération de John Glenn à bord d'une Mercury en février 1962, Armstrong effectue un 5° vol sur le X-15 et il répond, cette fois-ci, à l’annonce faite par la NASA, le 18 avril 1962, en vue du recrutement de nouveaux astronautes, car le programme Dyna-Soar est sur le point d’être abandonné. Deux jours après, sur le X-15, il atteint son altitude record de 63,25 km lors de son 6° vol et le 26 juillet, sa vitesse record de 6.418 km/h est enregistrée au cours du dernier vol. " Sept fois seulement, mais quelle sensation ! " pour Armstrong. Au cours d’un vol, le moteur refuse de s’allumer et le X-15 tombe comme une pierre, mais il ne s’éjecte pas et il réussit à faire partir le moteur. Les résultats des essais, conduits dans le cadre des programmes X-1 et X-15, vont permettre de concevoir, plus tard, la Navette.
En septembre 1962, Neil Armstrong est admis dans la 2ème équipe des neuf astronautes, à l’âge de 32 ans. Discret et modeste, il s’exprime avec peu de mots et il reste souvent silencieux. Il aime bricoler, écouter de la musique classique et jouer du piano, du saxophone et de la contrebasse. Il pratique la pêche et le vol à voile sur des planeurs. " C’est un sport tranquille " dit-il. "Vous êtes loin de tout. Vous êtes seul ". Ses collègues voient rarement Armstrong dans le gymnase. " Je pense réellement que tout être humain dispose d’un nombre fini de battements de coeur et je n’ai pas l’intention de gaspiller les miens à courir ou à faire de la gymnastique " affirme-t-il.

En février 1965, il est désigné comme doublure de Cooper pour la mission de longue durée Gemini 5 d’août 1965. Le mois suivant, il est nommé commandant de Gemini 8 dont l’expérience doit durer 3 jours, avec deux amarrages, des manoeuvres et une longue sortie spatiale de son coéquipier.

Le 16 mars 1966, Neil Armstrong, en compagnie de Scott, effectue son 1er vol de 10 h 41 mn autour de la Terre, à bord de Gemini 8 (3,78 tonnes/5,74 mètres). Simulant l’étage de remontée du module lunaire, la cabine pilotée par Armstrong accoste l’étage-fusée Agena 8, représentant Apollo en orbite autour de la Lune. Pour la première fois, un vaisseau habité s’amarre à un autre véhicule. Vingt-sept minutes plus tard, les astronautes s’apprêtent à mettre en marche le moteur de l’Agena pour accéder à une orbite plus élevée. Soudain, l’attelage se met à pivoter de plus en plus vite. Les astronautes craignent que le violent mouvement de toupie ne brise l’assemblage. Ils pensent qu’il est causé par un mauvais fonctionnement du système de contrôle d’attitude de l’étage-fusée. Ils l’arrêtent et Armstrong allume les moteurs de manœuvre de la Gemini pour freiner la rotation, se détacher au moment où elle diminue et s’éloigner afin d’éviter une collision avec l’Agena.

Mais, après la séparation, le tournoiement continue et s’accélère davantage avec la masse de l’étage-fusée en moins. Les deux hommes constatent alors que les ennuis proviennent de la Gemini. C’est un des seize moteurs de manœuvre qui éjecte ses gaz en permanence à cause d’un court-circuit. Le vaisseau effectue des tonneaux en raison d’un tour par seconde.

Les astronautes ne peuvent plus lire les cadrans et ils sont si secoués qu’ils redoutent un évanouissement et une dislocation de la Gemini. Le pouls d’Armstrong s’élève à 150 pulsations par minute, mais il prend la bonne décision. Il coupe le système des moteurs de manœuvre (OAMS) et allume les moteurs verniers (RCS) situés sur le nez du vaisseau, dans l’espoir d’enrayer le mouvement de toupie.

Neil Armstrong informe le sol d’une voix calme, mais saccadée : " Je ne peux pas arrêter cette damnée machine…nous culbutons tant que nous pouvons…nous avons de la peine à contrôler la situation ". Finalement, il réussit à ralentir, puis à stopper la rotation qui a mis à rude épreuve leur organisme arrivé à la limite du supportable. Après le quasi-épuisement du propergol des OAMS et le début de la consommation du carburant des RCS réservé pour le contrôle de la rentrée dans l’atmosphère, les consignes de sécurité exigent un retour d’urgence sur Terre. Armstrong dit alors à Scott, avec un regard compatissant pour son coéquipier qui devait effectuer une sortie spatiale : " Désolé, partenaire ! ".

Après sa mission écourtée, Armstrong est nommé doublure de Conrad pour le vol Gemini 11 de septembre 1966 puis, en décembre 1967, il est désigné comme éventuel remplaçant de Borman qui doit piloter le 2ème module lunaire d’Apollo 9 sur une orbite terrestre à l’apogée de 6 500 km. Dans le cadre de sa préparation, il est amené à utiliser le véhicule d’entraînement à l’atterrissage lunaire (LLTV). Le 6 mai 1968, l’engin se cabre à une altitude de 30 mètres et il a juste le temps d’actionner son siège éjectable, avant que le véhicule ne se retourne et s'écrase. La Nasa veut suspendre l’usage du LLTV, jugé trop dangereux. Armstrong et ses collègues persuadent l’Administration de l’Espace d’apporter les modifications nécessaires, car c’est le seul engin qui permette une simulation réelle des conditions d’atterrissage du module lunaire (LM).

Mais il apparaît que le LM ne pourra pas effectuer son 1er vol à la fin de l’année 1968, lors de la mission Apollo 8 commandée par McDivitt. La Nasa décide alors, en août 1968, de permuter les équipages pour ne pas laisser passer le créneau de lancement. L’équipage de Borman d’Apollo 9, avec Armstrong comme doublure, est transféré sur Apollo 8 pour le premier vol d’une cabine Apollo autour de la Lune que des Soviétiques veulent survoler. Un équipage de réserve devenant l’équipage principal du 3° vol suivant, Armstrong doit donc être nommé commandant d’Apollo 11, mais personne ne sait, en cet été 1968, que ce sera la mission historique.

Après les succès des vols des cabines Apollo 7 autour de la Terre en octobre 1968 et Apollo 8 autour de la Lune en décembre 1968, Slayton, le Directeur des équipages désigne, le 6 janvier 1969, Armstrong, Aldrin et Collins, membres d’Apollo 11, pour la première tentative d’atterrissage sur la Lune. Par la suite, Aldrin fait part de son mécontentement lorsqu'il apprend qu'Armstrong, son commandant de bord, sera le premier à marcher sur la Lune alors qu'il pensait que ce serait lui. Les réussites des vols des modules lunaires d’Apollo 9 autour de la Terre en mars 1969 et d’Apollo 10 autour de la Lune en mai 1969, confortent Armstrong sur le bon déroulement de sa prochaine expédition.
Du 16 au 24 juillet 1969, Neil Armstrong réalise sa 2ème et dernière mission de 8 j 3 h 18 mn à bord d’Apollo 11 (43,81 tonnes/18,12 mètres) en compagnie d’Aldrin et de Collins. Lorsque notre satellite situé à 370 000 km de la Terre apparaît dans le hublot, Armstrong éprouve un sentiment de sérénité : " La Lune semblait, pour nous accueillir, montrer sa rondeur, sa ressemblance avec notre Terre. Je me sentis certain, à cet instant, qu’elle serait hospitalière. Depuis une éternité, elle attendait son premier visiteur ". Apollo 11 se place en orbite lunaire deux jours après la sonde soviétique Luna 15 dont on ignore la mission à ce moment-là.

Treize heures plus tard, le module lunaire Eagle de 15,09 tonnes et de 6,98 mètres, avec Armstrong et Aldrin à bord, se détache de la cabine Apollo occupée par Collins. Armstrong annonce : " L’aigle a des ailes ! ". Elles vont battre pendant une descente qui dure 2 h 33 mn. A 9 km d’altitude et pendant 4 minutes, un signal d’alarme clignote à cinq reprises, indiquant un problème avec l’ordinateur. L’ingénieur Bales rassure très vite les deux astronautes. La mémoire de l’ordinateur est surchargée de données, mais une partie va être transférée sur un ordinateur à Terre, pour éviter une interruption de la mission.

A 300 mètres, les deux hommes se rendent compte que le système automatique de pilotage dirige le module lunaire (LM) vers un cratère grand comme un terrain de foot, parsemé de rochers aussi gros que des voitures. Armstrong prend alors, plus tôt que prévu, la commande manuelle d’attitude du LM et la commande semi-automatique du moteur de descente. Il passe au-dessus de la zone accidentée, aidé par Aldrin à la recherche d’un meilleur endroit. Il en repère quatre, les examine, change d’avis trois fois et fait atterrir le LM dans un nuage de poussières. Il ne restait que 40 secondes de carburant dans l’étage de descente. Avec un pouls qui bat à 156 pulsations par minute, Armstrong signale alors d’une voix émue : " Houston. Ici la base de la Tranquillité. L’Aigle s’est posé ". Pour la première fois, des hommes sont sur la Lune. Les astronautes sont " remplis de joie ". Nous aussi, pour avoir eu la chance de vivre ce que les autres générations ont rêvé.

Les Etats-Unis viennent de réaliser le vœu du Président John Kennedy fait huit ans plus tôt. Il voulait montrer que l'Amérique était capable d'accomplir des exploits comme l'Union Soviétique qui avait envoyé le 1er satellite Spoutnik, la 1ère sonde lunaire Lunik et le 1er homme Youri Gagarine. Ce 20 juillet 1969, quelqu’un dépose un petit bouquet de fleurs sur sa tombe au cimetière d’Arlington. Il est accompagné d’une carte rédigée avec ces mots : « Monsieur le Président, l’Aigle s’est posé ».

Les deux astronautes sont tellement impatients de sortir du LM qu’ils renoncent au repos prévu. Ce 21 juillet 1969, Armstrong descend lentement l’échelle et il pose doucement sa botte gauche sur le sol lunaire en déclarant : " C’est un petit pas pour un homme, un grand bond pour l’humanité ". Une partie de cette humanité vous regarde et vous remercie pour ce moment de bonheur que vous lui donnez. Neil Armstrong vient de rentrer dans le Grand Livre de l’Histoire. 
Cet instant est vécu intensément par une adolescente de douze ans prénommée Claudie et qui, vingt-sept ans plus tard, prendra la route des étoiles pour devenir la 1ère Française dans l'Espace. Elle portera le nom d'André-Deshays, puis celui de Haigneré après son mariage avec Jean-Pierre, son collègue spationaute. Elle suivra les traces du 1er Français : Jean-Loup Chrétien.

Aldrin rejoint le premier piéton lunaire et installe l’appareillage scientifique Easep, puis les deux hommes finissent de ramasser les 21 kg d’échantillons qui seront étudiés par des géologues et des physiciens dont le Français Michel Maurette. Armstrong avoue : " Nous nous sentons comme des gamins dans une confiserie ". Ils déposent cinq médailles frappées en hommage aux astronautes américains Grissom, White et Chaffee et aux cosmonautes soviétiques Gagarine et Komarov. Von Braun, le concepteur de la fusée lunaire Saturn V de 111 mètres de haut et de 2.900 tonnes, tire la leçon de cette prouesse : " La possibilité par l’homme de marcher et de vivre sur d’autres mondes, assure virtuellement l’immortalité de l’humanité ". Armstrong et Aldrin réintègrent le LM après une sortie de 2 h 31 mn et un trajet de 926 mètres. C'est ensuite que Luna 15 s'écrase sur la Lune. Les Soviétiques, qui n'ont pas pu envoyer des hommes survoler la Lune ou s'y poser, voulaient que la sonde automatique ramène sur Terre des échantillons du sol lunaire avant l'équipage américain.

Le séjour de 21 h 36 mn terminé, ils décollent à bord de l’étage de remontée du LM pour retrouver Collins dans la cabine Apollo. Les trois astronautes quittent l’orbite lunaire sur laquelle le vaisseau est resté pendant 2 j 11 h 30 mn. Sur le chemin de la rentrée et lors d’une émission télévisée dans la cabine baptisée Columbia en raison du symbole national et en l’honneur de Jules Verne, Armstrong rappelle la prédiction de l’écrivain français : " Il y a cent ans, Jules Verne a écrit un livre décrivant le voyage vers la Lune. Son vaisseau spatial, la Columbiad, partit de Floride et amerrit dans le Pacifique après être allé jusqu’à la Lune ". A leur arrivée, ils lisent un télégramme particulier : " Nous, cosmonautes soviétiques, avons suivi votre vol avec attention et une grande émotion. Nous vous félicitons de toute notre âme pour le succès de votre remarquable expédition sur la Lune et votre retour réussi sur la Terre ".

Commence alors pour les vainqueurs de la Lune, une tournée épuisante autour du monde avec vingt mille kilomètres parcourus, de nombreuses réceptions, des discours et des inaugurations. Le 8 octobre 1969, la France honore Armstrong, Aldrin et Collins. Le matin, le Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas leur remet l’insigne de Chevalier de la Légion d’honneur. L’après-midi, c’est au tour du Président Georges Pompidou de les accueillir puis, à l’hôtel de ville de Paris, ils rencontrent le pilote d’essai du 1er Concorde, André Turcat, la 1ère pilote d’essai, Jacqueline Auriol et le Commandant Cousteau. Le soir, ils se trouvent au Palais de Chaillot où ils écoutent l’éloge remarquable de l’académicien Maurice Druon : " Le carburant de votre fusée, c’est tout l’effort de l’espèce humaine depuis la fin de la période glaciaire…L’homme ne vit pas seulement de pain. Il lui faut aussi une relation avec le divin, avec l’infini... Il lui faut à la fois du pain et des étoiles ".
Le lendemain, Neil Armstrong s’émerveille devant la maquette grandeur nature du Concorde exposée à l’aéroport d’Orly : " Quand un avion est réussi sur le plan esthétique et c’est le cas de Concorde, il est bien rare qu’il ne soit pas réellement une réussite sur le plan technique ". A défaut de prendre les commandes de ce bel oiseau blanc, il a l'occasion, plus tard, de copiloter un Airbus au-dessus des Pyrénées. Son compagnon est Patrick Baudry, le second spationaute français, mais le premier à prendre place à bord d'une Navette américaine, Discovery.
Après son tour de la planète, Armstrong suit des cours à l’Université de Californie du Sud et il obtient en 1970 une maîtrise en aérospatiale. En avril 1970, il représente le Corps des Astronautes dans la commission d’enquête sur l’accident d’Apollo 13 et deux mois après, il est reçu chaleureusement dans la Cité des Etoiles près de Moscou. Après avoir serré dans ses bras les veuves de Gagarine et de Komarov, il leur remet une reproduction des médailles à l'effigie de leur mari, déposées sur le sol lunaire. Il termine la visite du bureau de Gagarine en écrivant dans le livre d'or cette phrase : "Il nous appelle tous dans l'Espace". 
En juillet 1970, Armstrong est nommé Administrateur Adjoint pour l’aéronautique au quartier général de la Nasa à Washington, chargé de la technologie et de la recherche avancée. Il va se faire l’avocat pour des avions à hautes performances, équipés de systèmes informatiques. Homme tranquille et réservé, il ne supporte plus le harcèlement de certains médias et il répond difficilement aux sollicitations trop fréquentes des parlementaires du Congrès. La célébrité lui pèse trop.
 
Neil Armstrong quitte alors la Nasa en août 1971 pour accepter le poste que lui propose l’Université de Cincinnati dans l’Ohio, son Etat de naissance. Il devient professeur en technologie aérospatiale et il va transmettre avec plaisir ses connaissances aux jeunes étudiants qui l’apprécient beaucoup. Les 19 et 20 février 1979, Armstrong, toujours passionné par l’aviation, bat cinq records du monde sur l’avion à réaction à usage privé, le Learjet Modèle 28, construit par la société Gates Learjet Corporation dont il est un des directeurs.
En juillet 1979, à l’occasion du dixième anniversaire de son débarquement lunaire, il retourne en France pour participer à l’émission de télévision " Les Dossiers de l’écran ". Par contre, il décline l'invitation de l’Elysée pour assister à la revue militaire du 14 juillet aux côtés du Président Giscard d’Estaing, à la tribune officielle. 
Après ses huit années de carrière dans l’enseignement, Armstrong va occuper, en parallèle ou successivement et sur une période de vingt ans, le poste de président du conseil d’administration ou de président-directeur général dans plusieurs entreprises ou sociétés : la Cardwell International, la Computing Technologies for Aviation, l’AIL Systems, l’USCX Corporation, l’United Airlines, la Cinergy Corp, la Cincinnati Milacrom, l’US Steel Corp., l’Eaton Corp., l’Ohio National Financial Services, le Cincinnati Museum of Natural History.
En 2000, Neil Armstrong est nommé président de l’EDO Corporation, un fabricant de composants électroniques et mécaniques. Pour se changer les idées, Armstrong se rend régulièrement dans sa grande ferme d’élevage de gros bétail, près de Lebanon dans l’Ohio. Il n’oublie pas pour autant l’astronautique. En 1984, il fait partie de la Commission Nationale de l’Espace, chargée de fixer les objectifs des vingt-cinq prochaines années et, en 1986, il est désigné vice-président de la commission d’enquête sur l’accident tragique de la navette Challenger. En ce qui concerne son passé d’astronaute, Armstrong refuse de tirer profit de son nom et il accorde rarement des interviews. Lorsqu'il en donne, il ne manque jamais de rendre hommage aux 400 000 personnes du programme Apollo. Quand on lui demande comment sa vie a changé après son exploit, il répond en souriant : " Avant, j'avais moins de conférences de presse ".

Publié dans astronautes

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