Edwin Aldrin

Publié le par jijiaile


Le 19° astronaute, Edwin (Buzz) E. Aldrin Jr,
est né le 20 janvier 1930 à Montclair (Terre), sous le signe de la Lune. Le nom de jeune fille de sa mère est « Moon » et son père a eu comme professeur de physique « Moon Man », surnom donné à Goddard, le pionnier des fusées qui a imaginé l’envoi d’une charge de poudre sur notre satellite. Et plus tard, le père donne des cours d’aéronautique à Grumman, le fondateur de la société constructrice du module lunaire de son fils.

Le seul garçon de la famille ne garde pas longtemps ses prénoms. Ses deux sœurs aînées l’appellent tout simplement « frère », mais la plus petite prononce mal « brother ». Elle dit « buzzer » qui, par la suite, devient « Buzz ».

A l’âge de 18 mois, il effectue son premier vol à bord du monomoteur Lockheed Vega que pilote son père. Beaucoup d’autres se succèdent et il décide d’être, plus tard, aviateur. Cependant, ses parents lui font remarquer que, pour réaliser son rêve, il faut qu’il s’intéresse un peu moins au rugby. Il enregistre ce conseil et il va traverser sa scolarité toujours devant, animé par un esprit de compétition.

En 1947, Aldrin est admis à la célèbre Académie militaire de West Point où il choisit le français en langue étrangère, comme pendant ses études secondaires. Il termine la première année à la tête de sa classe dans toutes les matières, ce qui oblige son père à lui demander de freiner son ardeur pour nouer davantage de relations avec ses camarades de promotion. Il quitte West Point en 1951, troisième sur 475, avec sa licence en sciences et son diplôme d’ingénieur en aéronautique.

Aldrin a maintenant quarante jours pour se détendre et c’est en Europe qu’il passe la majeure partie de sa permission. Ses yeux « n’en finissent pas de s’émerveiller devant les richesses du vieux continent » où sont nés ses grands-parents suédois.

Après un agréable séjour, il retourne sur le sol du Nouveau Monde pour apprendre à piloter à Barstow (Floride) avant de rejoindre Bryan (Texas) afin de suivre une formation de pilote de chasse. Lorsqu’il est affecté ensuite à la base aérienne de Neillis (Californie), Aldrin n’ignore pas que son entraînement sur le chasseur-intercepteur F-86, a pour but de le préparer au combat qui se déroule en Corée. La guerre a éclaté, en juin 1950, par l’invasion des Nord-coréens dans le sud du pays soutenu par les Etats-Unis. Il part en décembre 1951 et, deux mois plus tard, il effectue la première des 66 missions au-dessus du territoire ennemi. A deux reprises, il rencontre et abat un Mig-15 dont le pilote peut s’éjecter en parachute.

Le conflit terminé, Aldrin regagne les Usa en juillet 1953. Il est envoyé à l’école des officiers de Maxwell Field (Alabama), puis dans une base du Colorado et enfin à la nouvelle Académie de l’Armée de l’Air de Colorado Springs où il enseigne. Il doit ensuite intégrer une unité de vol tactique. La meilleure se trouve à Bitburg en Allemagne de l’ouest. Il sollicite donc sa mutation pour l’Europe qu’il affectionne particulièrement.

A son arrivée en août 1956, Aldrin est nommé commandant d’une escadrille de F-100 Super Sabre, le chasseur le plus performant de l’époque. Dans le cadre de son perfectionnement, il se rend à la base aérienne de Cazaux, près de Bordeaux, pour accomplir un stage de quatre semaines. Il est contraint de l’interrompre pour partir vers Fürstenfeldbruck, à l’est de Munich. D’octobre à décembre 1956, il est en état d’alerte, car les troubles survenus dans la Hongrie, sont suivis du retour des troupes soviétiques. Il revient à Bitburg pour continuer à voler sur des F-86 et des F-100 et procéder à des exercices avec des unités de l’Otan.

Pendant ses permissions, Aldrin parcourt, avec enchantement, les pays européens. Il visite Paris et la Côte d’Azur où il se livre à la plongée sous-marine. En Allemagne, il fait la connaissance de White qui souhaite devenir astronaute et Aldrin envisage, lui aussi, cette possibilité.

En juin 1959, il retourne aux Etats-Unis avec l’intention de décrocher une maîtrise en sciences et de rentrer ensuite à l’école des pilotes d’essai d’Edwards. En décembre 1959, Aldrin réussit l’examen d’admission au prestigieux Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), l’un des établissements mondiaux les plus renommés dans le domaine scientifique et technique.

Comme à son habitude, Aldrin est le plus brillant, mais il ne veut pas se contenter d’une maîtrise. Son objectif, c’est le doctorat qui exige cependant une année et demie d’études supplémentaires. Il sait qu’il sera alors trop âgé pour aller à Edwards. Il prend néanmoins la décision de rester au MIT, convaincu qu’il ne sera plus obligatoire d’avoir une formation de pilote d’essai pour être astronaute.

Afin de mettre tous les atouts dans son jeu, Aldrin veut soutenir une thèse qui ait un rapport avec le programme lunaire Apollo : le rendez-vous spatial entre deux engins. Pour Aldrin, il faut prévoir le cas où l’astronaute doit conduire cette opération, si le pilotage automatique tombe en panne avant l’amarrage manuel.

En avril 1962, la Nasa lance un appel pour la constitution d’un deuxième groupe d’astronautes possédant une maîtrise et le titre de pilote d’essai. Bien qu’Aldrin ne remplisse pas toutes ces conditions, il demande une dérogation. Elle est refusée. Déçu, il poursuit avec plus d’acharnement la rédaction de son rapport : « Techniques de pilotage à vue pour rendez-vous orbitaux manuels » qu’il dédie aux astronautes : « Espérant bientôt être des vôtres ! ». En décembre 1962, il passe avec succès son doctorat en sciences astronautiques devant un jury perplexe, en raison de l’originalité de sa thèse.

Muni de son diplôme, Aldrin rejoint Los Angeles pour occuper un poste dans la Division des systèmes spatiaux de l’Armée de l’Air qui met au point des instruments scientifiques embarqués sur le vaisseau Gemini. Il est heureux de continuer ensuite ce travail au Centre spatial de Houston.

En juin 1963, la bonne nouvelle, tant souhaitée par Aldrin, arrive enfin. La Nasa n’exige plus une expérience de pilote d’essai pour le recrutement de ses nouveaux astronautes. Il passe sans difficulté les tests que tous les candidats trouvent « assez enfantins et stupides ». Ainsi, après leur avoir présenté une feuille de papier blanc, on leur pose la question toujours attendue : « Que voyez-vous ? ». La plupart d’entre eux apportent alors une réponse comme : « Un éléphant blanc dans une tempête de neige ! ».

En octobre 1963, Aldrin est sélectionné à l’âge de 33 ans dans la 3ème équipe des quatorze astronautes. Doué d’une intelligence peu commune, il est sans cesse à la recherche de la perfection et sa curiosité intellectuelle n’a pas de limites. Il parle sans détour et avec une telle assurance qu’il lui arrive de présenter ses arguments avec brusquerie que ses interlocuteurs prennent, à tort, pour de l’arrogance. Ceux qui le côtoient disent de lui : « Il n’est peut-être pas du genre copain, mais c’est un ingénieur du tonnerre ! ». Aldrin est aussi un sportif accompli. Passionné par la mer, il pratique la natation, le ski nautique et la pêche sous-marine. Sur terre, c’est un adepte du trampoline, du saut à la perche, de la barre fixe et de la course à pied.

Aldrin est affecté sur le programme Gemini, l’école où la Nasa va apprendre s’il est possible de rester longtemps dans l’Espace, d’effectuer des rendez-vous et de travailler à l’extérieur d’un vaisseau. Cet apprentissage doit lui permettre de réussir l’examen d’entrée dans le programme lunaire Apollo.

S’il est un domaine dans lequel Aldrin peut apporter son concours, c’est bien dans celui de la rencontre entre deux engins spatiaux. Il demande donc son intégration dans le groupe « Rendez-vous et rentrées » qui réunit des ingénieurs et des astronautes. Il s’aperçoit rapidement que l’essentiel du travail relevant de sa spécialité, est réalisé par la section « Orbites et trajectoires ». Il fait part de cette incohérence à son chef qui n’apprécie pas la remarque. Aldrin rejoint, par conséquent, le groupe qui l’intéresse. Il apporte des idées novatrices qui bousculent les certitudes des experts, mais qui sont finalement acceptées. Ils vont le surnommer, avec ironie, « Docteur Rendez-vous ».

Aldrin veut non seulement participer à l’élaboration du planning des missions, mais il désire aussi s’envoler très vite pour l’Espace. Hélas pour lui, il n’est pas retenu dans l’équipage de Gemini 4 chargé de s’approcher du 2° étage de la fusée Titan 2, ni dans celui de Gemini 5 qui doit réaliser une rencontre avec le satellite Rep. Aldrin se rend alors dans le bureau de Slayton qui désigne les équipages. Il lui rappelle qu’il maîtrise les techniques de rendez-vous aussi bien, sinon mieux, qu’aucun autre astronaute et qu’il ne comprend pas pourquoi il n’a pas encore été choisi. Surpris par ce ton direct, Slayton lui répond qu’« il va réfléchir sur la question ».

En avril 1965, deux mois après son entretien, Aldrin constate qu’il n’a pas été nommé non plus sur Gemini 6 prévu initialement pour s’amarrer à un étage-fusée Agena.

Bien que mécontent, Aldrin continue à démontrer sa capacité d’innover. Au cours du vol Gemini 5, les astronautes sont obligés d’annuler la rencontre avec leur satellite. Il suggère alors un rendez-vous avec une cible fantôme représentée par un point bien précis dans l’Espace. Il improvise un programme transmis ensuite à l’équipage qui réussit la rencontre fictive. Puis, pour les astronautes de Gemini 6, il développe une série de graphiques dont il leur enseigne l’utilité afin qu’ils puissent réaliser une approche manuelle de l’Agena, en cas de problèmes.

Avant et après chaque sélection suivante, Aldrin espère et désespère : en juillet 1965 pour Gemini 7, en septembre 1965 pour Gemini 8, en novembre 1965 pour Gemini 9. Son amertume est aussi grande que l’est sa contribution à la réussite des missions. Il réalise que Slayton fait davantage confiance aux pilotes d’essai qui sont majoritaires dans le Corps des astronautes.

En janvier 1966, Aldrin est à moitié satisfait par sa nomination comme doublure de Collins sur Gemini 10. Puisqu’il apparaît que Slayton effectue ses calculs avec une règle de 3 pour sélectionner les équipages, une doublure ne vole, par conséquent, que trois missions plus tard. Pour Aldrin, ce serait sur Gemini 13, mais le programme se termine malheureusement avec Gemini 12. Il voit donc ses chances de partir réduites à néant dans le cadre du programme Gemini.

Le destin va donner un coup de pouce à Aldrin, de façon tragique. Le 28 février 1966, les astronautes de Gemini 9, See et Bassett, se tuent à bord de leur avion T-38. L’équipage de remplacement devient l’équipage principal et Aldrin avance alors d’un rang dans l’ordre des missions. Il est désigné doublure de Cernan sur Gemini 9, assuré ensuite de s’envoler sur Gemini 12. Enfin !

Le 3 juin 1966, Gemini 9 est mis sur orbite. Arrivés près de l’étage-fusée Atda, les astronautes ont la désagréable surprise de constater que la pièce d’amarrage est partiellement emprisonnée dans son carénage de protection. Une réunion de crise se tient en présence d’Aldrin et de Lovell, les doublures de l’équipage, Girulth et Kraft, le Directeur du centre de Houston et le Directeur des vols. Aldrin présente d’une voix ferme son plan : Cernan doit sortir dans l’Espace pour couper les attaches de la coiffe. Girulth et Kraft sont consternés par cette proposition jugée insensée. Les boulons retenant le carénage peuvent exploser lors de la manœuvre et la coiffe présente des parties anguleuses susceptibles de déchirer le scaphandre de Cernan.

Une semaine après la fin de la mission Gemini 9, Girulth demande à Slayton « si c’est une bonne idée de désigner Aldrin comme membre de l’équipage de Gemini 12 ». Slayton réussit, avec peine, à le persuader qu’il a sa place sur ce vol. Mis au courant de cette conversation, Aldrin est décidé à reconquérir la confiance de Girulth. Il utilise intensément la piscine au fond de laquelle il s’entraîne avec le fauteuil volant AMU. Mais la Nasa renonce à l’embarquer sur Gemini 12, après la sortie pénible de Cernan qui n’a pas pu se servir de cet appareil.

Déçu, Aldrin se voit confier une autre mission : revoir en profondeur le travail dans l’Espace. Devant une maquette immergée de la Gemini, Aldrin indique aux techniciens les meilleurs emplacements où il convient de placer des poignées, des barres et des marchepieds sur son vaisseau en cours de préparation. Il exige également que sa combinaison spatiale soit équipée de dispositifs d’accrochage à la cabine. Il se révèle aussi ingénieux que pour ses équations sur les rendez-vous. Il invente, par exemple, un genre de fer à repasser recouvert de velcro qu’il veut appliquer comme un aimant sur la coque de l’engin spatial.

La sortie honorable de Collins durant la mission Gemini 10 en juillet 1966, redonne espoir à l’agence spatiale. On reparle de la possibilité de faire voler l’AMU pendant le vol Gemini 12. Slayton veut alors donner une seconde chance à Cernan qui connaît le fauteuil volant mieux qu’Aldrin trop occupé par ailleurs. Mais la Nasa replonge dans le doute après la sortie épuisante de Gordon lors du vol Gemini 11 de septembre 1966. L’agence spatiale décide, par conséquent, d’abandonner définitivement l’AMU, au grand soulagement d’Aldrin.

Rien n’est encore gagné, car il redoute que ses sorties soient annulées. En effet, le jour du lancement, des taches se multiplient à la surface du soleil, responsables d’une projection d’un flux de particules vers la Terre. Heureusement, la mesure des doses de radiations ionisantes n’est pas alarmante.

Du 11 au 15 novembre 1966, Aldrin effectue sa 1ère mission de 3 j 22 h 34 mn sur Gemini 12 autour de la Terre, en compagnie du commandant de bord Lovell. La fusée Titan II d’une masse de 150 tonnes et de 27 mètres de haut, pousse le vaisseau de 3,65 tonnes et de 5,74 m dont les parois supportent une température de 300° C, lors de la traversée de l’atmosphère. Une fois en orbite, la Gemini résiste aux + 100 ° C pour ses parties orientées vers le soleil et aux – 150° C pour celles exposées à l’ombre.

Les astronautes actionnent le radar chargé de détecter l’étage-fusée Agena. Il émet des ondes dans sa direction et il reçoit l’écho renvoyé par l’Agena. Mais il est trop saccadé pour que l’ordinateur de bord soit capable de déterminer la distance de l’étage-fusée.

Cet échec est une chance inespérée pour Aldrin qui va pouvoir mettre en pratique sa théorie élaborée au MIT. Avec un sextant, il détermine l’angle entre la position de la Gemini et celle supposée de l’Agena. Puis, il consulte ses propres diagrammes et il alimente l’ordinateur avec de nouvelles données. Correctement nourri, le calculateur amène le vaisseau à proximité de l’Agena, après une course-poursuite de 120 km. C’est une éclatante revanche du « Docteur Rendez-vous » sur ses patients experts qui doutaient de l’efficacité de son remède.

Lovell procède à deux amarrages avec l’étage-fusée, puis c’est au tour d’Aldrin d’accomplir la troisième et dernière jonction, simulant l’accrochage entre l’étage de remontée du module lunaire et la cabine Apollo autour de la Lune. Malheureusement, le moteur de l’Agena est défectueux et il n’est pas ré-allumé pour propulser l’attelage Agena-Gemini à une altitude de 760 km d’où Aldrin devait effectuer ses trois sorties qui se déroulent donc en orbite basse.

Au cours de la première de 2 h 39 mn, le corps à moitié au-dehors, Aldrin photographie des champs d’étoiles. Cependant, pour une visée précise, Lovell éprouve des difficultés à orienter les deux véhicules soudés, car l’étage-fusée est rempli du propergol qui n’a pas pu être consommé. Aldrin prend ensuite des photos de l’Afrique pour un programme d’action humanitaire. Il prépare aussi son escapade du lendemain, en installant une caméra et en rajoutant des mains-courantes et une rampe de 2 mètres entre la Gemini et le cône d’amarrage de l’Agena.

Aldrin commence la 2ème sortie de 2 h 08 mn en sortant de la cabine, harnaché comme un alpiniste qui s’apprête à escalader une paroi rocheuse. Il porte à sa ceinture une sangle qu’il accroche sur la rampe le long de laquelle il progresse grâce à ses gants revêtus de velcro, tandis que ses bottes se posent sur des marchepieds. Arrivé près du cône d’amarrage de l’étage-fusée, il déroule le câble de 30 m et glisse le nœud du filin sur la perche verticale de la Gemini. Puis, Aldrin refait le chemin inverse et se dirige vers l’arrière du vaisseau pour s’immobiliser devant un poste de travail. Ses pieds chaussent alors une paire de sabots fixée sur la structure ; il attache les lanières de sa ceinture à des crochets ; il noue les cordons de ses poignets à des anneaux. Ainsi, il est prêt pour accomplir des tâches, sans avoir à lutter pour rester en place. De plus, la visière de son casque est recouverte d’un produit qui évite la formation de buée.

Aldrin va être tour à tour, mécanicien, électricien et plombier. Il visse et dévisse des écrous. Il déplace et remet en place des poignées. Il sectionne et raccorde des fils électriques. Il sépare et joint des tuyaux. Il travaille avec facilité et sans aucune fatigue. Aldrin démontre brillamment que l’homme peut réaliser une besogne importante à l’extérieur d’un vaisseau, sous réserve qu’il respecte des périodes de repos, qu’il effectue des gestes lents et qu’il dispose de nombreux points d’appui. Avant de réintégrer la cabine, il détache la rampe entre la Gemini et l’Agena, puis la lance en s’exclamant : « Je suis maintenant le premier lanceur de javelot de l’Espace ! ». Kraft résume son travail par ces mots : « Superbe performance ! ».

Le jour suivant, Aldrin accomplit sa 3° et dernière sortie, debout sur son siège. Elle est retardée, car Lovell a du mal à stabiliser la Gemini en raison de la panne de deux fusées de contrôle d’attitude. D’une durée de 55 mn, elle est consacrée à la photographie des constellations d’étoiles et à des mouvements de gymnastique. Cependant, il renonce à la prolonger, parce que son coéquipier dépense beaucoup plus de carburant que prévu pour maintenir la cabine dans la bonne attitude. Aldrin devient le premier astronaute à exécuter trois sorties consécutives avec un temps record de 5 h 26 mn.

Après cette réussite, les astronautes ne peuvent, par contre, mener à terme l’expérience de création d’une pesanteur artificielle à l’intérieur du vaisseau, comme lors du vol Gemini 11. Après la séparation avec l’étage-fusée, il est impossible de tendre le filin reliant les deux engins pour les mettre en rotation. En effet, les problèmes continuent avec les moteurs de la cabine, ainsi qu’avec les piles à combustibles qui fournissent l’électricité et l’eau.

Gemini 12 revient sur Terre avec, à son bord, Aldrin, heureux d’avoir rendu confiance à la Nasa, après une série de sorties difficiles pour les précédents piétons de l’Espace.

Le programme Gemini terminé, Aldrin rejoint le programme Apollo dans lequel il commence à jouer un rôle majeur. Ainsi, les astronautes s’inquiètent sur les mauvaises conditions d’éclairage par le soleil de l’étage de remontée du module lunaire (LM) au moment du rendez-vous avec Apollo autour de la Lune. Aldrin va alors proposer que le LM prenne une position particulière qui permette au pilote de la cabine de mieux le voir. Son concept est adopté à l’unanimité.

Aldrin s’entraîne d’abord comme pilote du module lunaire, mais au cours de la matinée du 5 avril 1968, il n’est pas à l’intérieur d’un simulateur. Il conduit un défilé dans les rues de Houston en hommage à Martin Luther King, le pasteur noir défendant la non-violence, assassiné la veille. C’est le seul astronaute présent et il fait preuve de cran en s’affichant ouvertement comme un partisan de la paix dans un pays qui est en guerre au Vietnam.

En juillet 1968, il quitte sa formation de pilote du LM pour celle de pilote de la cabine Apollo. Il vient d’être nommé doublure de Lovell pour l’expédition Apollo 9 initialement prévue pour tester le 2° module lunaire sur une orbite terrestre à l’apogée de 6 500 km. C’est un changement soudain, car Lovell remplace Collins parti se faire opérer. Lors d’une réunion de préparation de ce vol, Aldrin, jamais à court d’idées qui dérangent, ne peut s’empêcher de faire une suggestion à Borman. Agacé, le commandant d’Apollo 9 lui réplique : « Je n’ai besoin d’aucun conseil de ta part à propos de ma mission ! ». Un mois plus tard, la Nasa décide de transférer cet équipage principal et l’équipage de remplaçants, dont Aldrin, sur le vol Apollo 8 qui doit survoler la Lune en décembre 1968.

De retour de sa convalescence, Collins reprend son entraînement de pilote de la cabine Apollo et Aldrin celui de pilote du LM. Le 6 janvier 1969, ces deux astronautes et Armstrong sont appelés dans le bureau de Slayton. Aldrin sent l’adrénaline se répandre dans son corps lorsqu’il entend prononcer la phrase : « Vous en êtes ! ». Il fait partie de l’équipage d’Apollo 11 qui va se poser sur la Lune pour la première fois ! Il est persuadé qu’il sera aussi le premier homme à fouler le sol lunaire. Lui qui, toute sa vie, s’est battu pour la première place, il ne peut en être autrement.

Pendant le programme Gemini, c’est le copilote qui effectuait la sortie spatiale, tandis que le commandant de bord restait dans le vaisseau. Pour le programme Apollo, le scénario élaboré en 1964 et repris à la mi-1968, montre que c’est le copilote qui descend le premier du module lunaire (LM). C’est donc à Aldrin que revient cet honneur. Les médias sont également convaincus de ce fait et sollicitent Aldrin pour des interviews.

A l’issue d’une réunion tenue le 14 février 1969 concernant le planning de la mission Apollo 11, il apparaît qu’il serait plus logique que le commandant quitte le LM en premier. A l’intérieur du module lunaire, il se trouve à gauche du poste de pilotage d’où il peut accéder plus facilement à l’écoutille de sortie. De plus, il a davantage de place pour revêtir son scaphandre et endosser un des deux systèmes de survie stockés derrière le copilote. Ainsi, on évite une permutation compliquée entre les deux hommes dans l’étroit habitacle.

Aldrin s’inquiète, avec une colère contenue, de ce possible changement. Il en parle à Armstrong qui lui répond ne pas avoir l’intention de se désister si la Nasa décide de suivre les recommandations du comité technique. Aldrin pense surtout qu’on ne souhaite pas lui confier ce privilège à cause de son franc-parler qui déplaît, de ses prises de position qui incommodent et de son ambition qu’il ne cache pas.

Il manifeste son mécontentement auprès de tous ceux qu’il rencontre, sans pour autant recevoir à chaque fois le soutien qu’il attend. Cependant, Aldrin est si fort mentalement qu’il parvient à oublier sa rancoeur pendant l’entraînement avec son coéquipier.

Le choix officiel intervient le 7 avril 1969 : c’est Armstrong qui sera le premier homme sur la Lune. Mis à part les considérations d’ordre technique, l’unanimité s’est faite sur le héros de Gemini 8, discret et maître de soi, jugé plus apte pour assumer ce rôle historique d’après les dirigeants du centre spatial de Houston : Girulth, le directeur du centre, Kraft, le directeur des vols, Slayton, le directeur des équipages et Low, le directeur du programme Apollo. La décision est approuvée ensuite par l’état-major de la Nasa à Washington : Mueller, le chef des vols habités et Phillips, le directeur-général du programme Apollo. Elle est entérinée enfin par Paine, l’administrateur de la Nasa. Aldrin est anéanti par cette décision qu’il redoutait, mais il reste stoïque. Beau joueur et homme de devoir, il a l’intention de mettre en pratique tout son savoir-faire pour que la mission soit une réussite.

Du 16 au 24 juillet 1969, Aldrin effectue son 2ème et dernier vol de 8 j 3 h 18 mn sur Apollo 11 (43,81 tonnes/18,12 mètres) en compagnie d’Armstrong et de Collins. Ils vont vivre la plus extraordinaire aventure des temps modernes qui commence par le départ de la puissante Saturn V. Pendant près d’une minute, Aldrin a l’impression de glisser sur un circuit constitué d’une succession de montées et de descentes rapides avec, comme bruit de fond, un grondement semblable à celui d’un avion au décollage.

Sur le trajet Terre-Lune, Aldrin plaisante avec Lovell : « C’est merveilleux d’être ici, mais j’attends impatiemment d’avoir quartier libre. Jusqu’à maintenant, je passe mon temps à cuisiner, à balayer et même à coudre, pour que la maison soit bien tenue ». Plus tard, le Centre de contrôle s’interroge sur l’origine de la musique qu’il entend sur les ondes. « C’est Buzz qui chante ! » répondent les deux autres astronautes.

Après la mise en orbite du vaisseau autour de la Lune et la séparation du module lunaire de 15,09 tonnes et de 6,98 mètres de haut, l’épreuve de vérité commence. A 15 km d’altitude, le moteur de descente du LM s’allume une dernière fois pour douze minutes et demie. Aldrin lit à haute voix les paramètres qui défilent sur les cadrans, tandis qu’Armstrong tient compte de ses indications pour agir sur les commandes. Ce n’est pas l’affolement de la mémoire de l’ordinateur qui empêche le commandant de bord de poser le module lunaire Eagle sur la Mer de la Tranquillité, après avoir évité une zone d’atterrissage couverte de rochers menaçants. Les deux hommes se tournent alors l’un vers l’autre et se tapent sur l’épaule.

Dix-neuf minutes après Armstrong, c’est au tour d’Aldrin de sortir du LM, « plein d’entrain et avec la chair de poule ». Sur la Lune, il se sent « léger comme une plume, avec des fourmillements partout ». Les deux astronautes ramassent 21 kg d’échantillons et procèdent à des carottages. C’est à Aldrin que revient la tâche d’installer la station scientifique Easep composée de sismographes pour enregistrer les frémissements de l’écorce lunaire et d’un réflecteur-laser pour mesurer la distance Terre-Lune dans le but de connaître la vitesse de rotation de notre planète et la dérive des continents. Le troisième instrument, ramené sur Terre, est un détecteur de vent solaire chargé de recueillir les particules qui s’échappent de la couronne du soleil.

Pour Aldrin, « Il règne sur la Lune une atmosphère extraordinaire, presque mystique ». Il est étonné par le contraste entre l’ombre et la lumière : « Le LM, noir, argent et or, brille comme un bijou dans ce décor sans couleurs ». Il constate aussi un phénomène étrange qui le bascule quelques secondes dans le fantastique et auquel il s’habitue par la suite. La lumière intense du soleil va pénétrer par le côté de sa visière et créer un reflet à l’intérieur de son casque. Aveuglé, il fait quelques pas pour se retrouver dans l’ombre. C’est à cet instant précis qu’il s’aperçoit que ce reflet lui montre son visage comme dans un miroir. Aldrin remarque également que lorsqu’il marche, il faut qu’il anticipe, quatre pas à l’avance, le moment où il veut s’arrêter. Pour tourner, il doit exécuter une lente rotation et pour courir, il se comporte comme un rugbyman qui serpente entre les adversaires pour ne pas être plaqué au sol.

La sortie prend fin après une durée de 2 h 31 mn et un parcours de 926 mètres. Une fois à l’intérieur du LM, les astronautes sentent une odeur provenant des échantillons lunaires. Pour Aldrin, elle est identique à celle des cendres de cheminée et pour Armstrong, à celle de la poudre. Mais le plus curieux, c’est la découverte sur le plancher du module lunaire d’un objet. Aldrin reconnaît le bouton-poussoir, un élément qui sert à la mise à feu du moteur d’ascension du LM. Sorti à reculons de la cabine sans personne pour le guider, il a cassé le bouton en heurtant la partie supérieure du tableau de bord avec son équipement dorsal. Sans s’affoler et toujours aussi astucieux, Aldrin glisse un stylo dans l’emplacement du bouton. Il suffira, le moment venu, de le pousser pour que son extrémité atteigne la portion de métal qui arme le moteur.

La réparation de fortune est un succès. Une déflagration sourde retentit provenant de l’explosion des boulons qui libèrent l’étage supérieur de 4,21 tonnes, suivie de l’allumage du moteur. Au décollage, les astronautes, qui ont vécu 21 h 36 mn sur la Lune, sont doucement ballottés, puis ressentent une agréable poussée, comme un ascenseur qui monte à grande vitesse. Le moteur s’arrête au bout de 7 mn de fonctionnement après avoir brûlé 2,52 tonnes de carburant pour atteindre une vitesse de 6.643 km/h. Placé sur une orbite de 17,41 km x 88,94 km, le LM rejoint ensuite la cabine Apollo à 111 km d’altitude. Après une ronde de 2 j 11 h 30 mn, elle quitte sa trajectoire avec les trois vainqueurs de la Lune.

A propos de leur mission, Aldrin va exprimer un souhait : « Mon espoir, c’est que les hommes garderont dans leur cœur le souvenir de l’événement que nous avons vécu. Car l’homme a besoin de relever les défis, d’accomplir une telle quête ».

Le voyage historique se termine par l’amerrissage et l’arrivée de l’équipe de récupération. Alors qu’un filin le hisse à bord d’un hélicoptère, Aldrin a « la sensation de perdre quelque chose ». Il regarde au-dessous de lui et réalise qu’il s’agit de la cabine Apollo. « J’ai eu l’impression d’abandonner une partie de moi-même, un peu comme une chenille quittant son cocon ».

De retour sur Terre, Aldrin et ses deux coéquipiers sont recouverts par l’avalanche des demandes d’apparition en public. Ils doivent parcourir les Etats-Unis pour partager leur expérience avec des millions de personnes. Mais le 15 septembre 1969, Aldrin est attristé lorsque le directeur de la Poste de Washington leur présente le timbre commémoratif de l’évènement spatial. C’est un dessin qui montre Armstrong posant le pied sur le sol lunaire avec comme légende : « Premier homme sur la Lune ». Aldrin aurait préféré que le pluriel soit employé. Au cours de leur voyage, il est d’ailleurs souvent irrité par les questions des journalistes qui veulent connaître sa réaction en tant que « second ».

A partir du 29 septembre, les trois hommes débutent un tour du monde en quarante-cinq jours dans vingt-trois pays, rythmé par un défilé, une conférence de presse et une réception officielle. Le 8 octobre, ils se rendent à Paris où ils sont « impressionnés par l’assurance et l’éloquence » du Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas. Le 22 octobre, c’est au tour des Congolais d’apprécier le discours en français, prononcé par Aldrin.

Revenus aux Etats-Unis, les trois héros d’Apollo 11 sont chargés, à nouveau, d’obligations de toutes sortes. Pour Aldrin, cette vie agitée lui est pénible et il commence à réfléchir sur son avenir. Il fait savoir à l’Armée de l’Air qu’il souhaite revenir dans le service actif. En attendant la réponse, il est assigné dans le groupe technique qui étudie les types d’accélérateurs de la future Navette spatiale. Il travaille aussi dans le privé comme l’autorise la Nasa. Il conseille les employés d’une mutuelle d’assurances dans leurs rapports avec la compagnie-mère. Il rejoint également une chaîne de télévision à qui il soumet des idées techniques. Il délaisse momentanément ses activités pour accompagner les cosmonautes Nikolaïev et Sevastianov dans leur visite des Etats-Unis au cours du mois d’octobre 1970.

Appelé à Washington, l’état-major de l’Armée de l’Air propose deux postes à Aldrin : celui de commandant de l’école des pilotes d’essai d’Edwards ou celui de commandant de l’Académie militaire de Colorado Springs. Il donne sa préférence pour cette seconde fonction, mais il faut qu’il attende encore la confirmation définitive. Il trouve que la vie devient difficile. Il est dans un état de lassitude et de découragement qui va empirer lorsqu’il reçoit son affectation pour Edwards, alors qu’il préférait celle pour Colorado Springs.

En juillet 1971, Aldrin quitte la Nasa, à l’âge de 41 ans, pour exercer sa nouvelle charge. Sous traitement antidépresseur, il parvient néanmoins à apporter de la vitalité et de l’humanité dans les activités et les relations à l’intérieur de la base d‘Edwards. Il est heureux aussi de retourner en Europe avec douze élèves pilotes d’essai pour découvrir les écoles de formation, notamment celle d’Istres près d’Aix-en-Provence. Mais au retour, sa hiérarchie refuse d’adresser à l’état-major son rapport qui préconise l’utilisation d’un plus grand nombre d’appareils pour l’entraînement des élèves, à l’exemple des Anglais. Contrarié et déjà fragilisé, il plonge gravement dans la dépression.

En octobre 1971, Aldrin est hospitalisé pour quatre semaines à San Antonio. Ses médecins lui expliquent que, durant toute sa vie, il a toujours cherché et atteint un but : West Point, le MIT, la Nasa, la Lune. Pour lui maintenant, il n’y a rien d’autre de plus important. Il prend conscience de son état : « Je souffre de ce que certains poètes ont appelé la mélancolie de l’accomplissement total ». Les spécialistes lui conseillent de tirer un trait sur son passé glorieux et de réapprendre à vivre autrement.

En mars 1972, Aldrin démissionne donc de l’Armée de l’Air. Il est remercié chaleureusement par les instructeurs et les élèves de l’école des pilotes d’essai d’Edwards pour avoir assoupli les règlements et amélioré les convenances qui interdisaient, par exemple, une conversation entre un élève et le commandant de la base. De nouvelles propositions de conférences et d’offres d’emploi lui parviennent à l’annonce de son retrait. Il rentre chez le constructeur automobile allemand Volkswagen, le seul à offrir sur le territoire américain un service de diagnostic électronique des pannes. Il travaille ainsi sur une application terrestre de la technologie spatiale.

Mais son départ précipité d’Edwards le perturbe. Sa nouvelle vie n’est plus aussi bien organisée que celle vécue au sein de la Nasa et de l’Armée. Il sent qu’il se dirige vers une seconde dépression. C’est la dernière. Il la surmonte à nouveau pour retrouver enfin une parfaite sérénité.

Au cours de cette année 1972, Aldrin devient également Consultant de la Comprehensive Care Corporation et il fonde la Research and Engineering Consultants. Le 8 décembre, il préside, à la Maison de la Radio à Paris, la remise des bourses d’études de la Fondation de la vocation aux lauréats de la promotion Pierre Lazareff et Albert Espinasse. Puis, en juin 1978, il se rend au Congrès Espace et Civilisation de Lyon avec d’anciens astronautes et des cosmonautes, une manifestation organisée par le très regretté Albert Ducrocq et sa dynamique équipe du Cosmos Club de France. A cette occasion, on apprend qu’il participe à l’élaboration des futurs programmes martiens. Il conduit des études ayant pour objet de définir les meilleures conditions pour effectuer un rendez-vous orbital autour de Mars afin de permettre, dans un premier temps, des vols Terre-Mars-Terre par des engins automatiques ramenant des échantillons du sol martien et, plus tard, de préparer des vols humains dont il serait le parrain.

En 1983, Aldrin est Consultant en sciences chez Beverly Hills Oil Compagny et il visite, en juin, le Salon du Bourget. De 1985 à 1988, il occupe le poste de directeur et de professeur au Centre des sciences spatiales de l’Université du Dakota du Nord. A partir de 1986, il coordonne aussi, chez Science Applications International Corporation, les réunions de travail des anciens astronautes d’Apollo, en vue du développement d’un système de transport spatial permanent Terre-Lune-Mars. L‘année suivante, il assure la présidence de la National Space Society dont le but est de promouvoir l’Espace auprès du public et des politiques. En 1989, il occupe les fonctions de Consultant au Département aérospatial de l’Université de Grand Forks.

En 1993, Aldrin devient président de Starcraft Enterprise, chargé de trouver de nouvelles idées sur le transport spatial. La même année, il est président de la Edwin E. (Buzz) Aldrin and Associates, une firme de consultants. Trois ans plus tard, il crée la Starcraft Boosters Inc. pour le développement d’accélérateurs automatiques capables de revenir se poser sur une piste. En 1998, il met en route la Share Space Foundation destinée à ouvrir le tourisme spatial au public. Il fait partie aussi du comité consultatif de la firme Space Adventures qui organise des séjours privés à bord de la station internationale ISS.

En mars 2004 et en mars 2006, Aldrin est en France pour le festival annuel du film « Jules Verne Aventures ». Il y revient par la suite à d'autres occasions. Conférencier très recherché, Aldrin continue à fouler le sol terrestre pour accomplir son devoir de premier missionnaire de la cause spatiale.

Publié dans astronautes

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electricien paris 16 30/01/2015 00:36

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