Le 3° astronaute, John H. Glenn Jr., est né le 18 juillet 1921 à Cambridge (Terre). Diplômé en mathématiques du Muskingum College, il s’engage dans le Corps des Marines en 1943 et entre à l’école des pilotes d’aviation du centre d’entraînement de l’US Navy (Texas). Il sert ensuite dans différentes unités de l’Aéronavale. En 1944-45, lors de la guerre contre les Japonais, Glenn effectue 59 missions de combat comme pilote de chasse sur des Corsair. Après la seconde guerre mondiale, il se trouve basé en Extrême-Orient puis il revient aux Etats-Unis en 1948, comme instructeur à Corpus Christi (Texas).
Pendant la guerre de Corée en 1953, il réalise 63 missions de combat sur des F9F Panther et des F-86 Sabre. Glenn est réputé pour réussir à ramener des appareils en si mauvais état qu’ils vont directement à la casse. Après la guerre de Corée, il séjourne de 1954 à 1956 à l’école des pilotes d’essai de la Marine de Patuxent River (Maryland) où il est Chef de projet pour la mise au point des avions de l’Aéronavale. Le 16 juillet 1957, dans le cadre du Projet Bullet, Glenn bat un record supersonique en 3 h 23 mn entre Los Angeles et New York, aux commandes d’un F8U Crusader.
En avril 1959, Glenn rentre dans la 1ère équipe d’astronautes, à l’âge de 38 ans. Il se distingue de ses collègues par son côté paternaliste et ses leçons de morale, pas toujours appréciées. Il se passionne pour les courses automobiles.
Le 20
février 1962, à bord de Mercury 6 (Friendship 7 : 1,35 tonne/3,34 mètres), Glenn devient le 1er Américain à accomplir son 1er vol de 4 h 55 autour de la Terre.
Lors de la 1ère révolution, la cabine effectue des embardées car le système automatique de mise à feu des fusées de stabilisation est déréglé. Il parvient à arrêter le mouvement avec
les commandes manuelles. " Tu veux revenir ? " lui demande Shepard. " Je continue tant que je peux piloter la Mercury" lui répond Glenn.
Alors qu’il entame la 2ème des 3 orbites prévues, un signal automatique indique que les fixations du bouclier de la capsule se sont détachées. Est-ce le bouclier qui a une défaillance ou bien le capteur qui émet un signal erroné ? Dans le doute, les rétrofusées larguées après leur mise à feu pour le retour, resteront en place. On espère ainsi que les rétrofusées et les bandes métalliques qui les attachent à la cabine, aideront à maintenir un moment le bouclier en place et qu’après, la pression dynamique plaquera le bouclier contre la capsule. Lors de la rentrée, Glenn entend des coups sourds à l’arrière de la Mercury et il voit une bande métallique et des morceaux de métal cogner le hublot avant de brûler et de disparaître.
A la sortie des
hautes couches de l’atmosphère, il déclare " Eh bien, ce fut un joli feu d’artifice ! " Les fixations du bouclier ne se sont pas détachées. C’était un faux signal. C’est alors que
la cabine se met à ballotter dangereusement, avec de fortes secousses. Glenn s’efforce de la contrôler manuellement mais il tombe en panne de carburant. Il décide d’ouvrir en avance le parachute
stabilisateur. A l’amerrissage, ne parvenant pas à sortir de la capsule par l’écoutille supérieure, il réussit après plusieurs essais, à faire sauter l’écoutille latérale de secours mais son
ouverture brutale lui cause quelques égratignures sur le visage.
Un an après, Glenn espère toujours avoir la chance de voler à nouveau. En novembre 1963, l’assassinat de John Kennedy dont il est l’ami de famille, le bouleverse. Il revoit sa place dans le programme spatial. Il déclare qu’il serait désolé de s’entraîner pendant sept ans en vue d’un vol pour lequel il serait trop âgé.
En janvier 1964, Glenn quitte la Nasa pour se lancer dans la politique. Sa campagne pour les sénatoriales dans l’Ohio se termine fin février pour des raisons de santé : dans la salle de bains, il glisse et sa tête heurte la baignoire. Pendant plusieurs mois, il souffre de vertiges. En octobre 1964, il devient Administrateur de la Royal Crown Cola Compagny, une société de boissons gazeuses d’Atlanta, puis Président. Glenn est aussi nommé en 1965 conseiller de Webb, l’Administrateur de la Nasa. Dans la campagne présidentielle de 1968, il aide son ami Robert Kennedy qui est assassiné. Sa deuxième tentative pour les sénatoriales en 1970 échoue.
En novembre 1974, Glenn est enfin élu triomphalement pour six ans, sénateur démocrate de l’Ohio. En 1976, Glenn est un des prétendants au poste de Vice-Président de Jimmy Carter, Président des Etats-Unis et en 1980, il est réélu sénateur. En 1984, il figure parmi les candidats du parti démocrate à la présidence des Usa. Il est réélu en 1986 sénateur pour la troisième fois et en 1992, pour la quatrième fois. Il prend sa retraite de sénateur en novembre 1998, après une carrière de 24 ans.
Depuis plusieurs mois déjà, Glenn insiste pour revoler auprès de la Nasa qui accepte en janvier 1998.
Du 29 octobre au 7
novembre 1998, il réalise son 2° et dernier vol de 8 jours 21 h 44 à bord de la navette Discovery (STS 95 : 102,92 tonnes/37,28 mètres), en compagnie de Brown, Lindsey, Parazynski,
Robinson, le Japonais Mukaï et l’Espagnol Duque. La mission a pour but de larguer et de récupérer la plate-forme Spartan, chargée de l’étude de la
physique solaire, de lancer le satellite amateur Pansat de la Marine et d’effectuer à bord du module Spacehab, 83 expériences scientifiques et technologiques dont l’étude de la croissance des
protéines pour l’élaboration de médicaments.
A 77 ans, Glenn devient la
personne la plus âgée à partir pour l’Espace. Il est le sujet idéal pour l’étude des phénomènes liés au vieillissement de l’organisme humain, doublé d’un parfait cobaye qui subit dix prises de
sang effectuées par le médecin de formation Parazynski, surnommé Dracula par ses collègues.
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