Virgil Grissom

Publié le par jijiaile


Le 2° astronaute, Virgil (Gus) I. Grissom
, est né le 3 avril 1926 à Mitchell (Terre). Au cours de sa scolarité, il collectionne de très bonnes notes en mathématiques et en sciences, mais de très moyennes dans les matières qui ne l’intéressent pas. Gus a 15 ans lorsque les Japonais attaquent par surprise la base américaine de Pearl Harbor à Hawaii, dans l’Océan Pacifique. Il est révolté et triste en regardant les reportages sur les dégâts causés aux pistes, aux navires et aux avions coulés ou endommagés. Il veut défendre son pays en entrant en août 1944 comme élève officier dans l'Armée.

Un an plus tard, la seconde guerre mondiale se termine alors que Grisson finit son entraînement de pilote à Sheppard Field sans avoir pu participer aux combats aériens. En novembre 1945, il retourne dans la vie civile pour un emploi guère excitant chez un constructeur d'autobus. A partir de l'automne 1946, il prépare une licence d’ingénierie en sciences mécaniques à l’Université Purdue de Lafayette, la ville qui porte le nom du Français arrivé en 1777 aux Etats-Unis pour aider les Américains à chasser les Anglais de leur nouveau territoire.

Entre ses heures d’étude et pendant le week-end, Grissom travaille comme cuisinier derrière le fourneau d’un restaurant où il cuit des hamburgers, un bifteck haché de forme ronde servi dans un pain rond. Son salaire lui permet de payer son hébergement et ses cours à l’Université qui lui remet son diplôme d’ingénieur en février 1950 grâce auquel il doit trouver une bonne situation dans l'industrie.

Mais en juin 1950, la guerre de Corée éclate. Les troupes nord-coréennes et chinoises envahissent le sud du pays défendu par les unités américaines et de l’Onu. Grissom rejoint l'Armée de l'Air pour reprendre son entraînement de pilote dans les bases de Randolph Field et de Williams, puis de Luke où il suit une préparation spéciale. A partir du mois de mars 1951, il effectue sur des avions Sabre F-86 une centaine de missions de surveillance et d‘interception des Mig 15 dans le ciel de Corée.

Grissom regagne les Etats-Unis en 1952 pour apprendre à l’école de Selma le métier d’instructeur qu’il considère beaucoup plus dangereux que celui de pilote de chasse en Asie. A la base de Bryan, il forme de jeunes pilotes naturellement inexpérimentés. A plusieurs reprises, il doit saisir les doubles commandes afin d’éviter la dislocation ou l’écrasement de l‘avion biplace d‘entraînement T-33.

En août 1955, Grissom veut devenir pilote d’essai. Il étudie cette nouvelle profession en entrant à l’Institut de Technologie de Wright Patterson qui lui décerne une licence en ingénierie aéronautique. C’est dans cet établissement qu’il fait la connaissance de Cooper, un futur astronaute qu’il retrouve en octobre 1956 à l’école des pilotes d’essai d’Edwards où il effectue un stage de six mois. En mai 1957, il revient à Wright Patterson pour mettre au point de nouveaux chasseurs supersoniques dont le F-94, le F-100, le F-102 et le F-104. Il accomplit cette tâche avec un professionnalisme remarqué par sa hiérarchie.

Un jour de janvier 1959, Grissom est appelé dans le bureau de son supérieur qui lui demande s’il a commis une faute dernièrement. Surpris, Gus lui répond que non. Le gradé le questionne ensuite sur son manque de respect éventuel envers un général. Après une deuxième réponse négative, il veut enfin savoir s‘il a des amis au quartier général des armées de Washington. Après une troisième réponse négative, il lui tend un télégramme adressé par le Pentagone. Grissom l’ouvre avec curiosité.

Il est invité à se rendre dans la capitale fédérale habillé en civil, tel jour, à telle adresse et à telle heure. Toutes ces indications sont bien mystérieuses et il a l’impression de vivre un roman d’espionnage. Arrivé dans une salle, il constate qu’elle est occupée par des pilotes comme lui. On leur propose de se porter volontaire pour être astronaute dans le projet Mercury. Revenu à la base, il apprend que c’est le commandant qui a donné son nom, estimant qu’il a toutes les qualités requises pour monter à bord d‘une fusée.

Mais Grissom hésite. Il n’a aucune raison d’abandonner sa carrière de pilote d’essai qui le rend si heureux. De plus, il craint que ce programme spatial s’arrête après sa réalisation et qu’il ne retrouve pas un poste aussi intéressant. Par ailleurs, être un passager dans cette cabine Mercury lui semble moins excitant que piloter un avion. L’astronaute doit surveiller les instruments et prendre les commandes manuelles au cas où le système automatique tomberait en panne. Finalement, il se décide à passer les tests de recrutement parce qu’il est attiré par la technique astronautique.

En avril 1959, Grissom est admis dans la 1ère équipe d’astronautes à l’âge de 33 ans. C’est un homme simple et calme qui ne parle pas beaucoup, sauf quand il se met en colère contre les techniciens et les ingénieurs qui ne travaillent pas correctement sur les lanceurs et les vaisseaux spatiaux. Sa grande passion est la vitesse sur l’eau en hors-bord et sur terre dans sa Corvette au moteur trafiqué ou au volant d’une voiture de course sur un circuit de compétition. Il pratique aussi la pêche et la chasse, le hand-ball et le ski nautique.

Dès son entrée à la Nasa, Grissom apporte son savoir-faire dans la réalisation des systèmes de contrôle en vol du vaisseau Mercury et, en janvier 1961, il est nommé officieusement pilote de la deuxième capsule lancée par une fusée Redstone pour un tir balistique. Les suivantes doivent être placées en orbite par un lanceur Atlas dont la mise au point est difficile. Pour connaître de plus près son comportement, Grissom se propose de le suivre jusqu’à 4.500 m d’altitude dans un chasseur F-106. Fin avril 1961, un Atlas décolle, mais sa mauvaise trajectoire conduit l’officier de sécurité à le détruire. Grissom réussit à écarter son avion du nuage de carburant enflammé et de débris qui commencent à retomber sur son appareil.

Le 21 juillet 1961, à bord de Mercury 4 (Liberty Bell 7 : 1,27 tonne/3,34 mètres), Grissom effectue un 1er vol suborbital de 15 mn. Il atteint une altitude de 189,6 km, une vitesse de 8.545 km/h et parcourt 487,6 km. Il reste en apesanteur pendant 5 mn 18 s, soit 37 secondes de plus que Shepard, car la fusée fonctionne plus longtemps que prévu. Sa cabine est équipée d’un hublot plus grand et d’un nouveau dispositif adjoint de commandes qui fonctionne « mollement » selon son expression. Lors de la descente, deux déchirures se forment sur la toile du premier parachute de stabilisation. Le vaisseau amerrit à 8,53 mètres par seconde. Il se couche sur le côté, puis se redresse.

Avant de recevoir l’ordre d’ouvrir la trappe d’évacuation pour être hissé à bord d’un hélicoptère, Grissom enlève son casque et attend que sa capsule soit soulevée avec un filin. Alors qu’il termine les vérifications, la trappe est éjectée par l’explosion soudaine des boulons extérieurs. L’eau envahit la cabine d’où il sort péniblement. Il commence à nager, mais il a l’impression de s’enfoncer. Il découvre alors qu’une valve de sa combinaison est ouverte et laisse passer l’eau. Il s’empresse de la fermer.

Gêné par les remous que provoquent les pales de l’hélicoptère, Grissom se demande s’il ne va pas se noyer. Il fait de grands signes avec ses bras aux hommes de l’hélicoptère dont la priorité est de récupérer le vaisseau à l‘aide du filin muni d’un crochet. Ils savent qu’un astronaute peut rester longtemps en surface grâce à sa combinaison étanche. Ils ignorent que celle de Grissom est en partie remplie d‘eau.

Le pilote appelle par radio un second hélicoptère qui arrive pour descendre un harnais au-dessus de l‘astronaute. Il faut plusieurs tentatives avant qu’il réussisse à l’attraper, après cinq longues minutes dans l’océan. Pendant ce temps, le premier appareil parvient à accrocher la capsule pleine d’eau. Mais le pilote réalise qu’il va perdre le contrôle de son hélicoptère avec cette charge trop lourde. Il décide de lâcher le filin et la cabine coule. Sur le navire de récupération, Grissom déclare : " Donnez-moi à boire… de l’eau douce naturellement ".

Des techniciens doutent de la défaillance technique du nouveau système d’ouverture de la trappe. Certains journalistes rendent alors Grissom responsable de la perte du vaisseau pour avoir déclenché trop tôt l’éjection de l’écoutille par manque de sang-froid. L’astronaute est blessé dans son amour-propre par cette accusation, malgré les démentis de la Nasa qui passent inaperçus dans la presse pour qui Grissom a du mal à surmonter son antipathie.

Quinze jours après le vol, l’agence spatiale révèle qu’un défaut a été trouvé sur un équipement identique. Par ailleurs, des essais montrent qu’il est impossible de déclencher par erreur le système d’ouverture en le touchant avec le coude ou l’épaule. De plus, les astronautes suivants ont les articulations de leurs doigts couvertes de bleus après avoir enfoncé avec le poing la commande du détonateur au terme de leur mission. Grissom n’avait aucune contusion de ce genre sur ses mains.

Contrarié par la fin malheureuse de son vol, il veut prouver qu’il est toujours un ingénieur talentueux. Il n’a pas besoin de se battre pour s’imposer dans le projet Gemini approuvé en décembre 1961 et qui succède au programme Mercury. Il se rend régulièrement à Saint-Louis où est assemblé le nouveau vaisseau biplace. Il travaille en étroite collaboration avec les ingénieurs de McDonnell Aircraft Corporation impressionnés par sa capacité à résoudre les problèmes et par sa ténacité à obtenir des modifications. Reconnaissant le travail de Grissom, ses collègues astronautes surnomment Gemini, la « Gusmobile ».

Pourtant, il n’est pas sélectionné dans l’immédiat pour diriger le premier vol. C’est Shepard, le premier sur une cabine Mercury, qui est retenu et Grissom doit se contenter d’être sa doublure. Puis, à la suite d’une réorganisation, il est désigné commandant de la mission de longue durée Gemini 5. Mais, en mars 1964, Shepard arrête son entraînement, victime de vertiges causés par un problème dans son oreille interne. Le mois suivant, on demande à Grissom de prendre sa place.

Son autorité est affirmée avec sa nomination en août à la tête de la branche Gemini au sein du Bureau des astronautes. Après un accident domestique, il craint que tout soit remis en cause. Il cogne violemment une porte avec son poignet gauche qui enfle, signe d’une fêlure ou d’une fracture d’un os. Il décide de ne rien dire de peur d’être remplacé à son tour. Jusqu’à sa guérison intervenue avant son vol, il entoure son poignet d’une bande rigide en prenant la précaution de porter toujours un vêtement à manches longues.

Le 23 mars 1965, Grissom réalise sa 2° et dernière mission d’une durée de 4 h 52 mn à bord de Gemini 3 (3,22 tonnes/5,74 mètres) avec Young comme coéquipier. Pour que son nouveau vaisseau ne coule pas comme sa capsule Mercury, il le baptise «Molly Brown» du nom de la comédie musicale jouée à Broadway, «The unsinkable (insubmersible) Molly Brown», une initiative humoristique qui n’est pas appréciée par tous les responsables de la Nasa.

Une alerte perturbe le début du vol. Chargé de la surveillance de certains instruments, Young remarque qu’un voyant affiche une fuite d’oxygène. Il pense que le système électrique principal du tableau de bord est défaillant. En branchant le système de secours, l’indicateur montre alors une pression d’oxygène normale. Pour la première fois, Grissom pilote un vaisseau capable de changer d’orbite grâce à la mise à feu de moteurs, des manœuvres que doit effectuer le futur engin lunaire Apollo. L’équipage teste tous les équipements de la cabine Gemini qui « vole comme une reine » selon Grissom.

Après ce travail, Young pense que le moment est venu de faire une surprise à son commandant. Il sort de la poche de sa combinaison un petit paquet remis par l’astronaute Schirra avec l’accord du directeur des équipages. Il le remet à Grissom qui éclate de rire en l’ouvrant. Il contient son sandwich préféré au corned beef qu’il commence à manger avec son coéquipier avant de se rendre compte que des miettes s’envolent. Il s’empresse alors d’envelopper le sandwich dans son papier.

Cet épisode entraîne immédiatement des réactions. Des médecins se plaignent que les analyses médicales des deux hommes vont être faussées et qu’ils auraient pu s’étouffer en respirant les miettes en suspension. Certains ingénieurs font remarquer que ces miettes pouvaient perturber le fonctionnement de la cabine en pénétrant dans les systèmes électroniques. Quelques sénateurs et députés affirment que la Nasa a perdu tout contrôle sur ses astronautes.

Lors la rentrée, Grissom se rend compte que l’ordinateur de bord, le premier embarqué sur un vaisseau, indique que le retour va se faire loin du point prévu. Pour réduire la distance, il réalise avec succès deux manœuvres. La fin de la mission est plus agitée que le séjour en orbite. Le parachute principal s’ouvre si brutalement que Grissom heurte un bouton de commande qui s’enfonce dans son casque, tandis que Young cogne son hublot où sa visière se fend.

Gemini 3 amerrit le nez en bas au lieu de se poser horizontalement et elle reste sous l’eau. Grissom s’en inquiète. Il constate alors qu’elle est bloquée par le parachute dont il sectionne le cordage à distance. Une fois redressée, il refuse d’ouvrir les deux écoutilles tant que les plongeurs de l’hélicoptère n’ont pas attaché l’anneau de flottaison, une procédure qui prend du temps. Dans une capsule surchauffée et ballottée par des vagues d’un mètre cinquante, Grissom est pris de vomissements.

Un mois plus tard, il est sélectionné comme doublure de Schirra, le commandant du vol Gemini 6 de décembre 1965. De suite après, il s’investit avec ardeur dans le projet Apollo, le successeur du programme Gemini. Il sait que Shepard veut réintégrer le Corps des Astronautes pour diriger la première mission. Mais les médecins s’y opposent, car il n’est pas totalement guéri. En mars 1966, Grissom est ainsi désigné commandant du 1er vol Apollo pour essayer la cabine orbitale lunaire autour de la Terre avec White et Chaffee.

Comme lors de la conception de la Gemini, Grissom surveille la construction d’Apollo par les techniciens et les ingénieurs de la firme North American soumis à une pression pour livrer le vaisseau dans les délais. Au fil des mois, il se plaint de l’accumulation des défaillances sur cet engin beaucoup plus complexe que la Mercury et la Gemini de McDonnell. Cependant, il est persuadé que si cette société avait été retenue, elle n’aurait pas rencontré de problèmes ou elle les aurait résolus plus rapidement parce qu‘elle avait déjà la compétence spatiale et qu’elle aurait tenu compte de ses avis comme au temps de Gemini.

Par ailleurs, Grissom va être furieux de constater que le simulateur Apollo dans lequel l’équipage s’entraîne n’est pas au point et il suspend un gros citron devant l’entrée pour manifester sa mauvaise humeur. Il craint sérieusement qu’une fois en orbite sa mission ne dure pas les quatorze jours prévus. Il rédige un rapport dans lequel il critique la dispersion des responsabilités et il détaille les imperfections de la cabine lunaire qu’il convient de corriger. Il s’interroge aussi sur l’efficacité de certains ingénieurs de North American et des contrôleurs de la Nasa. Ce rapport est jugé trop sévère en haut-lieu.

En tant que pilote d’essai de formation, Grissom ne peut pas prendre l’initiative de demander le report de la répétition générale au Centre de lancement Kennedy. Son métier est de tester le matériel pour que les responsables prennent une décision en connaissance de cause. Une fois à bord d‘Apollo, il sait que les dysfonctionnements vont apparaître dans les conditions d’un vol. Il espère alors que la Nasa découvrira que le vaisseau n’est pas prêt et qu'elle repoussera son lancement programmé pour le 21 février 1967.

Le 27 janvier 1967, à 13 heures, Grissom, White et Chaffee, revêtus de leur scaphandre, s’installent dans Apollo 1 fixé sur la fusée Saturn 1B. Grissom branche l’alimentation en oxygène et aussitôt les astronautes sont incommodés par une odeur de lait caillé qui s’infiltre dans leur casque. Personne n’est pas en mesure d’expliquer son origine et on demande à Grissom de prélever un échantillon pour l’analyser ultérieurement. Le régulateur d’air chasse cette odeur qui revient, avant de disparaître définitivement.

Le système des communications donne en permanence des soucis. Les astronautes entendent mal ou pas du tout les instructions en provenance du centre de contrôle. Grissom exprime son agacement : "Comment voulez-vous que nous vous parlions depuis la Lune, alors que nous ne pouvons même pas correspondre entre la rampe de lancement et votre bâtiment ?" D’autres difficultés apparaissent lors de la vérification des divers équipements. Il est 18 h 20 quand on décide d'interrompre les essais pour que les techniciens trouvent notamment une solution aux problèmes de transmission.

Peu avant la reprise de 18 h 31, sur le plancher de la cabine, une étincelle jaillit entre deux fils électriques dénudés qui est provoquée par la vapeur inflammable d’une fuite de glycol. Un violent incendie se déclenche alors dans l‘atmosphère d‘oxygène pur. Le centre de contrôle entend Chaffee, chargé des communications, s’écrier : « Feu ! Nous avons le feu dans le cockpit ! », puis quelques secondes plus tard : « Nous luttons contre un mauvais feu ! Sortez-nous de là ! Nous brûlons ! »

Au même moment, Grissom baisse un levier pour libérer l’orifice extérieur par lequel l’atmosphère enflammée peut s‘échapper. Mais, il se coince. Il aide alors White qui se dépêche pour raccourcir le délai de 90 secondes nécessaire pour déverrouiller les deux écoutilles latérales, intérieure et extérieure. La première est dégagée, mais la seconde est plus difficile à ouvrir, car le mécanisme est déjà déformé par la température d’enfer qui baigne dans l’habitacle.

Malheureusement, Grissom et White n’ont pas le temps de finir cette course désespérée pour garder la vie. 15 secondes après le début de l’incendie, les trois astronautes meurent asphyxiés par les gaz toxiques qui pénètrent dans le casque de leur scaphandre qui les a protégés de graves brûlures pendant ces terribles secondes. Chaffee termine sa transmission radio dramatique en poussant un cri aigu et bref.

Au même instant, dans la salle qui ceinture Apollo, se répand une épaisse fumée noire et des flammes sortent de la cabine. Les techniciens entendent un craquement causé par la pression à l’intérieur du vaisseau qui s'ouvre sur un côté. Une explosion de chaleur accompagnée d'une onde de choc les renversent. Ils se relèvent en suffoquant, mettent des masques et décrochent les extincteurs. Refroidies, l’écoutille du cône de protection au lancement, puis l’écoutille extérieure sont ouvertes 5 mn 30 s après les appels au secours. Les techniciens constatent avec horreur et tristesse le décès des astronautes dans la capsule où l’incendie s’est éteint tout seul.

La commission d’enquête va établir un relevé de malfaçons dans l’aménagement de la cabine sinistrée et de celle qui est en cours d’assemblage. Elle souligne aussi un manque d’organisation du projet Apollo. Après des licenciements chez North American et à la Nasa, il faut attendre 21 mois avant que s’envole le super vaisseau lunaire dont rêvait Grissom, lui qui déclarait : « Si nous mourrons, nous aimerions que les gens l’acceptent. Nous espérons que tout accident qui pourrait se produire ne retardera pas le programme. La conquête de l’Espace vaut la peine que l’on risque sa vie ».

 

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