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grissom.jpgLe 2° astronaute, Virgil (Gus) I. Grissom, est né le 3 avril 1926 à Mitchell (Terre). Le surnom de " Gus " lui a été donné en raison de son caractère joyeux. Il s’engage en 1944 dans l’Armée de l’Air et en 1950, il termine ses études à l’université Purdue de Lafayette, avec une licence d'ingénierie mécanique. Pilote de chasse, Grissom effectue 100 missions de combat pendant la guerre de Corée (1950-53) où il se comporte en magnifique soldat moderne, à bord des avions Sabre. Après la Corée, il retourne à l’université où il obtient son diplôme d’ingénieur aéronautique. En 1955, Grissom sort de l’Institut de Technologie de l’Armée de l’Air et en 1956, il rentre dans l’école des pilotes d’essai d’Edwards. Après six mois de stage, il teste de nouveaux chasseurs supersoniques à la base de Wright Patterson AFB.

En avril 1959, Grissom est admis dans la 1ère équipe d’astronautes, à l’âge de 33 ans. C’est un homme méthodique et calme, mais il lui arrive de se mettre en colère. Car côté ingénierie, Grissom est aussi fort que le plus calé des ingénieurs et lorsqu’il en voit un qui travaille mal lors de la préparation d’un lancement, il lui donne la possibilité soit de partir par l’escalier, soit de se faire balancer du haut de la tour de lancement ! Il est passionné par le ski nautique et la vitesse à bord de sa voiture, une Corvette.

Le 21 juillet 1961, à bord de Mercury 4 (Liberty Bell 7 : 1,27 tonne/3,34 mètres), Grissom effectue un 1er vol suborbital de 15 mn.

L’amerrissage est rude : la capsule se couche sur le côté puis se redresse. Alors qu’il commence les préparatifs d’évacuation, les boulons explosifs qui retiennent l’écoutille de secours, sautent soudainement. La trappe est éjectée et Grissom voit une masse d’eau s’engouffrer dans l’habitacle. Il en sort péniblement pour nager mais l’eau pénètre dans sa combinaison par une valve ouverte qu’il ne peut pas fermer rapidement. Alourdi par le poids de l’eau dans sa combinaison et gêné par les remous causés par les pales de l’hélicoptère, Grissom a l’impression qu’il ne pourra pas surnager encore longtemps. Il essaie à plusieurs reprises d’attraper le collier d’amarrage suspendu au-dessous de l’hélicoptère. Il réussit enfin pour être hissé à bord.

L’autre hélicoptère arrive à crocheter avec un câble, la capsule déjà remplie à moitié d’eau. Le pilote réalise que cette charge supplémentaire va précipiter son appareil au contact de l’eau. Il décide de lâcher le câble et la cabine coule. En débarquant sur le navire de récupération, Grissom annonce " Donnez-moi à boire… de l’eau douce naturellement ".

Plus tard, il manque de se tuer en atterrissant en catastrophe à bord d’un avion supersonique dont les commandes se sont faussées.

Le 23 mars 1965, Grissom réalise sa 2° et dernière mission à bord de la 1ère Gemini 3 (3,22 tonnes/5,74 mètres) avec comme coéquipier Young, d'une durée de 4 h 52. Pendant un moment, le système de pilotage ne fonctionne pas correctement : la cabine penche sur la gauche, les indicateurs d’attitude ne marchent pas très bien, un système d’alimentation accuse une baisse de pression et la chaleur à bord est pénible à supporter.

Lors d’un repas, Young présente à un Grissom stupéfait son sandwich préféré au corned beef, embarqué clandestinement, à l'initiative de Schirra. Il avale avec plaisir quelques bouchées au grand dam des médecins et des ingénieurs qui craignent que des miettes pénètrent dans les systèmes électroniques.

grissom-gemnibis.jpgL’objectif principal de la mission est atteint : pour la première fois, un engin spatial a effectué des changements d’orbite.

Au retour, la capsule amerrit sur une mer très mouvementée, loin du point prévu. Gemini 3, au lieu de présenter son bouclier, arrive la tête en bas. La violence du choc est telle que la cabine s’enfonce un instant sous l’eau. Les astronautes ont la tête qui touche violemment leur hublot. Grissom a un trou dans son casque et Young, une fente dans le sien. La cabine se redresse mais elle ballotte sur des vagues d’un mètre de haut. Grissom refuse d’ouvrir l’écoutille de Gemini tant que les hommes-grenouilles n’ont pas ceinturé la capsule d’un anneau de flottaison. Cela prend du temps et il est pris de vomissements.

En 1966, Grissom est désigné commandant du 1er vol Apollo pour tester le vaisseau orbital lunaire autour de la Terre.
Ce 27 janvier 1967, il se trouve au Centre Kennedy où doit avoir lieu la répétition générale avant le lancement programmé pour le 21 février. A 13 heures, Grissom, White et Chaffee sont à bord d'Apollo au sommet de la fusée Saturn 1B et le compte à rebours débute pour une longue série de vérification des systèmes. Les astronautes sont d'abord incommodés par une odeur aigre qui pénètre dans leur casque après qu'ils aient branché l'alimentation en oxygène. Elle s'en va, chassée par le régulateur d'air puis revient, avant de disparaître définitivement. Le système de communications donne ensuite des soucis. Les astronautes entendent mal ou pas du tout, à travers les parasites, les instructions des contrôleurs. Grissom exprime son agacement : " Comment voulez-vous que nous vous parlions depuis la Lune alors que nous ne pouvons même pas communiquer de la rampe de lancement à votre bâtiment ? " Il est 18 h 20 quand on décide d'interrompre le compte à rebours à H-10 mn pour que les techniciens puissent régler les problèmes.

Et puis le drame éclate. Peu avant la reprise à 18 h 31, White s'écrie : "Feu à bord !" suivi par Grissom : "Il y a le feu dans le cockpit ! " et par Chaffee : "Au feu ! Sortez-nous de là !" Sous la couchette de Grissom, une étincelle provoquée par un fil dénudé vient de déclencher un violent incendie dans l’atmosphère d’oxygène pur de la cabine. Protégés du feu un certain temps par leur combinaison spatiale, les astronautes ont 90 secondes pour ouvrir l'écoutille de la coque intérieure, celle de la coque extérieure et celle du bouclier de protection au lancement. Les contrôleurs aperçoivent alors sur leur écran vidéo, une ombre en mouvement et une lueur brillante derrière le hublot. C'est White qui tend ses mains gantées par-dessus sa tête pour déverrouiller le mécanisme de la première écoutille, alors que sa vue est gênée par les flammes qui s'agitent autour de sa visière. Il n'a malheureusement pas le temps car 8 secondes et demie plus tard, l'équipage meurt asphyxié en respirant l’air brûlant et les vapeurs toxiques qui passent par les tuyaux reliés aux casques.
Dans la salle qui ceinture Apollo, une épaisse fumée noire jaillit sur le côté du vaisseau, suivie de flammes. On entend un craquement et la cabine s'ouvre au niveau du plancher. Une explosion de chaleur accompagnée d'une onde choc renverse alors les techniciens venus secourir les astronautes. Atteints de gouttelettes de matière en fusion, ils se relèvent en suffoquant, parviennent à mettre des masques et  décrochent les extincteurs pour éteindre le feu. Ils ouvrent les écoutilles 6 mn après les appels des astronautes et constatent leur décès. Leurs combinaisons partiellement brûlées ont protégé en partie leur peau de l'incendie qui a été très violent et de courte durée.

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