Valéri Bykovsky

Publié le par jijiaile


Le 5° cosmonaute, Valéri F. Bykovsky,
est né le 2 août 1934 à Pavlov-Posad (Terre). A l’âge de 7 ans et jusqu’à 14 ans, il séjourne à Téhéran où son père exerce un métier dans les transports. De retour en Union Soviétique, il continue ses études et il apprend à piloter à 17 ans dans un aéroclub de Moscou. En 1952, Bykovsky est admis à la Haute Ecole Kacha de l’Armée de l’Air qu’il quitte trois ans après, avec son diplôme en aéronautique. Il devient alors pilote de chasse et instructeur parachutiste dans le district militaire de Moscou.

En mars 1960, Bykovsky rentre à l’âge de 26 ans dans le 1er Corps de cosmonautes. Il est chaleureux mais se maîtrise difficilement. Il peut abandonner soudainement une conversation absorbé par ses pensées ou être brutal dans ses propos et devenir de suite après d’une politesse extrême. Il s’intéresse à la politique et aux sports.

Du 14 au 19 juin1963, Bykovsky effectue un 1er vol de 4 j 23 h 06 mn, autour de la Terre, à bord de Vostok 5 (4,72 tonnes/4,40 mètres). Il est choisi à cause de son poids car la cabine est déjà alourdie pour un vol record de huit jours. Mais le Vostok est placé sur une orbite plus basse que prévue.

La durée de la mission est donc ramenée à cinq jours, ce qui constitue malgré tout une performance et aujourd’hui, Bykovsky est toujours détenteur de ce record en vol solitaire, quarante-deux ans après. C’est le deuxième vol jumelé soviétique car le surlendemain, Valentina Tereshkova, la première femme de l’Espace, s’approche à 5 km de lui, dans Vostok 6. Ce long séjour donne à Bykovsky le temps de réaliser de nombreuses observations de la Terre et des expériences scientifiques. 

Après la mise à feu des rétrofusées, la cabine reste attachée par les courroies métalliques au module de service. Bykovsky est violemment secoué jusqu’à ce que la chaleur de la rentrée dans l’atmosphère brûle les attaches. Il s'éjecte de la cabine et il atterrit avec son parachute entre deux arbres. Il se dirige ensuite dans une voiture Volga vers son Vostok qui s’est posé à 1,8 km de lui.

Après son vol, Bykovsky forme le premier piéton de l’Espace Leonov occupant le Voskhod 2 en mars 1965, puis il est nommé chef de l’entraînement des cosmonautes pour les vols Soyouz. Le 24 avril 1967, Bykovsky se prépare au lancement de son Soyouz 2 qui doit s’amarrer au Soyouz 1 de Komarov parti la veille. Son vol est annulé car Komarov connaît de graves ennuis en orbite et il revient précipitamment le 24, pour se tuer malheureusement dans son Soyouz qui s’écrase, en raison d’une mauvaise ouverture du parachute.

Bykovsky est alors affecté au programme lunaire qui comprend le survol (L1) et l’atterrissage (L3). En septembre 68, il fait partie avec Roukavichnikov du premier des trois équipages L1, avant d'être remplacés par le tandem Leonov-Makarov. En novembre 68, Zond 6 (Soyouz inhabité) de retour du 2° survol de la Lune, se dépressurise puis son parachute s’ouvre trop tôt et il s’écrase sur Terre. Il est prévu à ce moment-là qu’un autre Zond lancé par la fusée Proton parte en janvier 69, avant qu’un équipage ne s’envole en mars 69. Les responsables pensent aussi qu’Apollo 8 qui va s’élancer en décembre 68 vers la Lune a peu de chance de réussir.

Mais Apollo 8 parvient à se mettre en orbite lunaire et les autorités décident d’abandonner le programme L1. "A quoi bon être second pour faire moins bien ?". Bykovsky commence alors son entraînement pour l’atterrissage sur la Lune (L3), dans l’attente des essais de la fusée géante N-1. Mais elle va essuyer au lancement quatre échecs consécutifs : en février 69, juillet 69, juin 71 et novembre 72. Les Américains abandonnent la Lune en décembre 72 après six atterrissages Apollo depuis juillet 1969. Le programme L3 est annulé.

Bykovsky amer, est désigné directeur de l’entraînement de l’équipage de Soyouz 19 qui s’amarre en juillet 1975 au vaisseau Apollo, lors de la première mission américano-soviétique en orbite terrestre, Apollo-Soyouz. Entre-temps, Bykovsky obtient son diplôme de docteur ès sciences techniques de l’Académie Joukovski, pour avoir soutenu une thèse sur la navigation stellaire, en complément de son diplôme d’ingénieur en aéronautique.

Du 15 au 23 septembre 1976, Bykovsky réalise en compagnie d’Aksyonov une 2° mission de 7 j 21 h 52 mn autour de la Terre à bord de Soyouz 22 (6,57 tonnes/6,98 mètres).

Une caméra est-allemande fixée à l’avant du vaisseau, est chargée de la télédétection des ressources terrestres au profit de l’Allemagne de l’Est et de l’Union soviétique.

En 1977, Bykovsky est affecté au programme Intercosmos qui permet à des pays de l’Est de faire voler leur cosmonaute et les expériences
de leurs scientifiques.
 

Du 26 août au 3 septembre 1978, Bykovsky effectue avec l’Allemand de l’Est Jähn, son 3° et dernier vol de 7 j 20 h 49 autour de la Terre, à bord de Soyouz 31 (6,60 tonnes) qui s’amarre à la station Saliout 6 occupée par Kovalyonok et Ivanchenko, arrivés dans Soyouz 29 pour une mission de 140 j.

Des expériences sur les sciences de la vie, sur les sciences des matériaux et sur l’observation de la Terre sont réalisées. L’équipage revient à bord de Soyouz 29 et laisse leur Soyouz 31, accroché à Saliout 6. 

Après sa dernière mission, Bykovsky dirige pendant dix ans l’entraînement des cosmonautes de la Cité des Etoiles puis il quitte le programme spatial en 1988. Il devient Directeur de la Maison Soviétique de la Science et de la Culture à Berlin, de 1989 à 1991.

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