Le 6° cosmonaute et la 1ère femme, Valentina V. Terechkova, est née le 6 mars 1937 à Maslennikovo (Terre). Elle quitte l’école à l’âge de 16 ans pour aider sa mère, veuve de guerre. Entrée comme ouvrière de jour dans une usine de caoutchouc, elle continue d'étudier à l’école du soir. En 1955, elle est admise dans une filature de coton et elle suit, chez elle, les cours par correspondance de l’Ecole Technique des Textiles. Dès 1959, Valentina fréquente l’aéroclub de Yaroslavl où elle pratique le parachutisme. Au début, sa technique interpelle son moniteur qui l'accuse d'atterrir "comme un ours". Vexée, elle fait beaucoup d'efforts pour se poser comme une plume. Deux ans plus tard, elle totalise 78 sauts et elle obtient son diplôme de technicien supérieur en filatures textiles. Après les vols de Gagarine et de Titov, elle rêve de devenir cosmonaute et elle adresse une lettre aux autorités de Moscou pour exprimer son désir. Après une longue attente, elle apprend qu’elle figure dans une première sélection de 58 jeunes filles sur un total de 200, toutes parachutistes ou pilotes dans des aéroclubs.
En mars 1962, Valentina Terechkova entre à l’âge de 25 ans dans le groupe des cinq cosmonautes femmes. Réservée et modeste, elle est un modèle de savoir-vivre et de calme énergie. Elle aime la lecture, la musique et le théâtre ainsi que la natation et le ski nautique, le badminton et le trampoline.
Lors de son arrivée à la Cité des Etoiles, le centre d'entraînement, les cosmonautes masculins sont impressionnés par la grosse valise qu'elle porte. Bykovsky, moqueur, affirme qu’elle contient des poids et des haltères. Le contenu est tout autre : ce sont des livres. Nikolaïev, galant, se propose de l'amener dans sa chambre. Il devient le tuteur de Valentina en la conseillant pour sa formation. Lorsqu’elle termine sa première épreuve dans la centrifugeuse, Nikolaïev et les techniciens se précipitent, soucieux, vers l'habitacle suspendu à un bras d'acier dans lequel elle est enfermée. Valentina leur sourit en leur disant avec ironie : "Ainsi, vous pensiez que vous seuls, les hommes, pouviez supporter le manège diabolique ? Les femmes aussi !" Elle subit également le test de la chambre sourde où le silence est si pesant qu'il faut occuper son esprit. Elle récite donc à voix haute des poèmes de Nekrassov qui glorifie l'émancipation de la femme. Elle va effectuer de plus une cinquantaine de sauts en parachute, puis apprendre à voler, d’abord comme copilote d’avion de transport, ensuite en tant que pilote d’avion à réaction.
Du 16 au 19 juin 1963, Valentina Terechkova accomplit son unique mission de 2 j 22 h 50 mn autour de la Terre à
bord du dernier Vostok 6 (4,71 tonnes/4,40 mètres). Elle devient la première femme de l’Espace et elle supporte beaucoup mieux le lancement et la mise en orbite que ses collègues Nikolaïev
et Popovitch. C’est le deuxième vol jumelé soviétique, car Valentina s’approche à 5 km de Bykovsky lancé deux jours auparavant sur Vostok 5. Pour se détendre, elle lui chante la chanson préférée
des cosmonautes et elle écoute des cassettes d’Adamo, d’Hugues Aufray et de Gilbert Bécaud.
La mission est prévue pour durer une journée et, si elle se sent bien, elle a l’autorisation de continuer deux jours de plus. Valentina éprouve au cours du vol les mêmes malaises que Titov, mais elle ne veut pas que la mission soit interrompue. Par la suite, elle assure qu’elle va mieux. Pourtant, une transmission télévisée montre son visage aux traits tirés. Lors d’un test, il lui est impossible d’orienter manuellement le Vostok. Les contrôleurs craignent qu’elle ne soit pas en mesure de prendre les commandes pour la rentrée si le système automatique tombe en panne. Gagarine, Titov et Nikolaïev rappellent à Valentina la procédure à suivre pour mener à bien cette manœuvre.
A un moment donné, les techniciens s’inquiètent de ne plus pouvoir communiquer avec elle. Ils demandent à Bykovsky de la contacter, mais il n’y arrive pas.
Le centre de contrôle déclenche alors une alarme à bord du vaisseau. Valentina se réveille en sursaut. Fatiguée, elle s’était endormie profondément. Reposée, elle réussit à utiliser le système
manuel d’orientation du Vostok. Lors de la rentrée dans l’atmosphère, la télémétrie indique que toutes les étapes se déroulent
normalement.
Cependant, l’anxiété monte car Valentina ne peut pas confirmer aux contrôleurs le bon fonctionnement du système d’orientation, ni la mise à feu de la rétrofusée, ni la séparation de la cabine et
du module de service.
Elle s’éjecte en parachute à 6 500 m d’altitude, mais tandis qu’elle descend, son nez est légèrement entaillé par la chute d’une pièce de métal détachée de la voilure. Puis, Valentina est contrainte de se poser sur le dos à cause d’un problème avec un élément de la coupole. Des villageois accourent pour l’aider à se relever et à retirer son scaphandre. Elle se dirige ensuite vers le Vostok posé un peu plus loin et elle donne la nourriture stockée dans la cabine à ses secouristes. Les diététiciens sont donc dans l’incapacité de vérifier qu’elle a bien mangé soixante pour-cents des aliments embarqués. De plus, elle accepte le copieux petit déjeuner qui lui est offert par hospitalité. Les spécialistes ne peuvent donc pas procéder aux analyses prévues. Elle a alors une discussion très animée avec une médecin qui lui reproche d'avoir désobéi au règlement. D'autres femmes vont suivre les traces de Valentina comme la Française Claudie André-Deshays mariée plus tard avec Jean-Pierre Haigneré, son collègue spationaute.
En novembre 1963,
Valentina Terechkova épouse Andrian Nikolaïev et elle met au monde, en juin 64, leur fille Lena qui sera médecin. Elle commence à suivre des cours d'aéronautique à l'Académie de l'Armée de
l'Air Joukovski tout en participant aux programmes Voskhod et Soyouz en tant qu'instructeur. Elle est également élue Député et, en 1969, elle obtient son diplôme d'ingénieur en aéronautique. En
1982, elle divorce, puis se remarie. Valentina mène une carrière publique très active comme Présidente du Comité des femmes soviétiques, Présidente de la Société des associations d’amitié
avec les peuples et Vice-présidente de la Fédération démocratique internationale des femmes.
Valentina Terechkova quitte le programme spatial en avril 1997 et elle devient Directrice du Centre russe de coopération internationale pour la science et la culture.
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