James McDivitt

Publié le par jijiaile


Le 8° astronaute, James A. McDivitt, est né le 10 juin 1929 à Chicago (Terre). Après ses études, il s’engage en 1951 dans l’Armée de l’Air pour suivre une formation de pilote de chasse. Pendant la guerre de Corée, il effectue 145 missions de combat sur des F-80 et des F-86. De retour aux Etats-Unis, il entre à l’Université du Michigan où il fait la connaissance de son futur compagnon de vol sur Gemini 4, Ed White. En 1959, McDivitt obtient sa licence de science en aéronautique et il est admis à l’Ecole des Pilotes d’essai de l’Armée de l’Air qui lui décerne son diplôme en 1960. Il poursuit sa carrière à l’Ecole des Pilotes de recherche aérospatiale et il devient le premier Américain à essayer le Mirage IIIC, équipé d’un moteur-fusée. McDivitt quitte ce centre en 1961 pour son affectation comme pilote d’essai à la base d’Edwards. Il est sélectionné pour prendre les commandes du célèbre avion-fusée X-15 mais il préfère rejoindre la Nasa.

En septembre 1962, il entre dans la 2ème équipe d’astronautes, à l’âge de 33 ans. Connu pour sa prévoyance, il pratique la chasse et la pêche, le tennis et le golf, le hand-ball et le ski nautique.

Du 3 au 7 juin 1965, McDivitt accomplit un 1er vol de 4 j 1 h 56 mn autour de la Terre à bord de Gemini 4 (3,56 tonnes/5,42 mètres), en compagnie de White. Dès la mise en orbite, il commence les manœuvres pour rejoindre le deuxième étage de la fusée Titan II qui a servi au lancement.

Après une consommation trop importante de combustible, il l’aperçoit. McDivitt constate alors avec les techniciens, la complexité de l’approche qui est finalement abandonnée, afin d’économiser le carburant pour le retour. La sortie de White le long de l’étage-fusée, est donc annulée, d’autant plus qu’il est animé d’un dangereux mouvement de culbute. Il va faire une simple sortie mais elle est retardée pour permettre aux astronautes de réparer une pièce de l’écoutille. Pendant 21 mn, White évolue autour de la cabine, armé de son pistolet à jet d’oxygène, réalisant ainsi avec succès la première sortie américaine dans l’Espace. Avec un cordon de 7,60 m de long, McDivitt compare White à un chien au bout de sa laisse. Lorsqu’il pose ses pieds sur la vitre de son écoutille, il le réprimande en riant " Tu as sali ma vitre, tu es un sale chien ! ".

White retourne avec regret dans Gemini dont l’écoutille se ferme avec difficulté, après l’exposition du mécanisme au froid de l’Espace. Les astronautes mécontents sont donc contraints de ne pas l’ouvrir à nouveau pour se débarrasser de l’équipement de sortie, dans une cabine déjà très encombrée. Pour économiser l’électricité de la batterie, McDivitt éteint l’ordinateur chargé du retour automatique de Gemini. Au moment voulu, il ne se réallume pas et les astronautes doivent alors effectuer une rentrée manuelle et supporter une accélération de 8 g au lieu de 4 g avec un amerrissage à 67 km du porte-avions de récupération.

Du 3 au 13 mars 1969, McDivitt effectue sa 2ème et dernière mission de 10 j 1 h autour de la Terre à bord d’Apollo 9 (41,34 tonnes/17,95 mètres), avec Scott et Schweickart. C’est le premier vol du vaisseau Apollo au complet, dont le module lunaire (LM) qui ressemble à un insecte géant avec ses antennes et ses quatre pattes minces. Lors de sa présentation, McDivitt s’écrie " Bonté divine ! On a vraiment piloter cet engin ? C’est un vaisseau de papier ! Du papier de soie ! Si on ne fait pas attention, on va passer les pieds au travers ! ".

Au moment du lancement de la fusée Saturn V, après l’extinction des moteurs du premier étage, les astronautes sont surpris d’être poussés vers l’avant, avec la sensation de retomber vers la Terre. Ils sont ensuite fortement secoués durant la fin de combustion du moteur central du deuxième étage puis écrasés sur leur siège. Après la satellisation, McDivitt et Schweickart passent dans le LM où ils travaillent pendant sept heures de temps. De retour dans la cabine Apollo, ils leur tardent de se reposer et McDivitt manifeste sa mauvaise humeur lorsqu’un contrôleur lui demande de retourner dans le module lunaire pour manœuvrer un disjoncteur. Après un deuxième séjour de sept heures dix dans le LM et la sortie de 37 mn de Schweickart sur la plate-forme de l’échelle pour tester avec succès le scaphandre lunaire, le grand jour arrive pour le premier vol d’un engin non conçu pour revenir sur Terre.

Le module lunaire de 6,98 mètres piloté par McDivitt et Schweickart se sépare d’Apollo occupée par Scott qui s’exclame " Eh ! C’est une bien belle et jolie machine que la vôtre ! ". " La vôtre de même est bien jolie, Monsieur d’Apollo " lui répond McDivitt. Le LM se met alors à balancer un moment et le vol en formation avec la cabine doit être annulé, pour plus de sécurité. Durant le premier allumage, le moteur du module lunaire émet un étrange grognement. Inquiet, McDivitt n’augmente pas sa puissance et attend. Le bruit anormal disparaît et il pousse davantage le moteur sans problème. Après la réussite du 1er vol du LM qui a duré 6 h 22 mn et qui s'est éloigné de 183,5 km, McDivitt éprouve lors du retour, des difficultés pour s'arrimer avec Apollo. On décide alors que pour les prochains vols, c’est le pilote d’Apollo qui procédera à cette opération.

Au printemps 1969, McDivitt refuse son affectation sur Apollo 14 pour se poser sur la Lune, avec Shepard comme commandant de bord. Il estime que le premier astronaute américain qui vient d’être réintégré dans les équipes de vol, ne sera pas prêt pour cette mission. Il n’accepte pas non plus le poste de Chef du Bureau des Astronautes, libéré par Shepard. En mai 1969, McDivitt quitte le Corps des Astronautes pour être nommé Directeur des opérations d’alunissage. Trois mois après, il devient Directeur du programme Apollo au centre de Houston. En août 1971, il conteste la nomination sur Apollo 17 de Cernan qu’il n’a jamais apprécié et qui a commis une faute de pilotage entraînant le crash de son hélicoptère dans une rivière. Il annonce alors qu’il démissionnera de la Nasa après le vol d’Apollo 16.

En juin 1972, McDivitt quitte la Nasa et rentre comme Vice-président exécutif chez Consumers Power Co., une compagnie d’électricité. En mars 1975, il est désigné Vice-président exécutif de la Pullman Standard Division, une entreprise de construction de voitures de chemins de fer. De janvier 1981 à février 1995, il occupe plusieurs postes de responsabilité dont celui des opérations de la Navette, au sein de la compagnie aérospatiale Rockwell International chargée de la construction de l'avion de l'Espace.

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