Vladimir Komarov

Publié le par jijiaile


Le 7° cosmonaute, Vladimir M. Komarov,
est né le 16 mars 1927 à Moscou (Terre). Très bon élève - surtout en mathématiques - il décide en 1942 à l’âge de 15 ans, d’être aviateur pour refouler l’occupant nazi. Il considère en effet que c’est aux commandes d’un avion de chasse qu’on défend le mieux sa patrie. Admis dans une école préparatoire de l’Armée de l’Air, il continue d’apprendre les matières du secondaire et découvre l’enseignement sur l’art de piloter.

En 1945, Komarov termine ses études et sa mère lui fait remarquer que son souhait de devenir aviateur n’est plus justifié, puisque la guerre est terminée. Mais l’appel du ciel est trop fort et il entre dans un établissement militaire de pilotage pour un stage au terme duquel il reçoit son brevet. Komarov poursuit son entraînement dans d’autres centres des Forces Aériennes et en 1949, il est affecté à Grozny comme pilote de chasse émérite, dans le district militaire du Caucase.

Une carrière de pilote d’essai le fait rêver mais cette spécialité exige une formation d’ingénieur. Il rentre alors en 1954 à l’Académie d’aviation militaire Joukovski de Moscou qui lui décerne cinq ans plus tard, son diplôme d’ingénieur en aéronautique. Komarov rejoint l’Institut de Recherche Aérospatiale de l’Armée de l’Air où il devient le collaborateur d’un ingénieur-en-chef. Il s’impatiente et veut maintenant vérifier en vol les performances et la résistance des nouveaux appareils. " Quand on a piloté une fois un avion, un de ces engins dociles et puissants qui devient presque un être et un ami, on n’abandonne pas ce métier. " dit Komarov. On lui répond que l’Armée de l’Air a pour l’instant besoin d’ingénieurs. Puis un jour, un supérieur lui annonce " qu’il y a une occasion pour voler à très grande altitude ". Convoqué pour subir trois semaines d’examens médicaux, il est retenu comme candidat cosmonaute.

En mars 1960, Komarov est admis à l’âge de 33 ans dans le 1er Corps des Cosmonautes. Il est d’une nature silencieuse et grave, impassible et tranquille, avec des qualités intellectuelles remarquables dont une mémoire infaillible. C’est un homme à la pensée rapide et il possède une terrible capacité de travail. Ses jeunes collègues recherchent toujours son avis et lui parlent avec respect. Il aime la philatélie et le jeu d’échecs où son temps de réflexion est réduit au maximun.

Komarov ne peut pas être sélectionné de suite pour un vol car, en mai 1960, il est opéré d’une hernie abdominale. Les médecins lui interdisent alors les surcharges en avion et les sauts en parachute. Il met à profit son congé temporaire pour approfondir ses connaissances théoriques. En octobre 1961, il reprend son entraînement. Il remplace Gagarine à la tête des cosmonautes, puis il est nommé comme doublure de Popovitch pour le vol Vostok 4 d’août 1962. En novembre 1962, Komarov se prépare à piloter un Vostok qui doit être mis en orbite en 1963 en même temps que deux autres Vostok.

La malchance le poursuit : lors d’une séance d’entraînement, les médecins décèlent sur son cardiogramme, une extra-systole qui est une contraction supplémentaire du cœur. Il est alors exclu des équipes de vol et on envisage de le renvoyer. Komarov ne se décourage pas. Il prend rendez-vous avec des personnalités du monde médical, puis demande la tenue d’une réunion de spécialistes du cœur qui décident sa réintégration, considérant que ce dysfonctionnement n’est pas un obstacle pour partir dans le Cosmos.

Du 12 au 13 octobre 1964, à bord de Voskhod 1 (5,32 tonnes/5,42 mètres), Komarov effectue avec succès un 1er vol autour de la Terre en 1 j 17 mn, en compagnie de Feoktistov (scientifique) et Egorov (médecin).

C’est le premier vol d’un vaisseau triplace qui est un Vostok dépourvu du siège éjectable pour loger trois cosmonautes sans scaphandre, revêtus d’un survêtement. Pendant les six premières orbites, la température monte anormalement à l’intérieur de la cabine mais elle n’empêche pas Komarov de se charger du pilotage, Feoktistov, des observations scientifiques et Egorov, des expériences médicales.

L’enthousiasme est si grand que Komarov ose présenter une requête " Nous avons vu des choses intéressantes. Nous aimerions faire encore davantage d’observations et l’équipage demande à ce que le vol soit prolongé d’une journée ". La réponse est malheureusement négative et l’équipage doit préparer son retour. En raison d’une panne, il n’y a pas de communications avec le sol lors de la rentrée cahoteuse qui se termine pour la première fois par l’atterrissage d’un vaisseau soviétique avec un équipage à bord. Les précédents cosmonautes s’éjectaient de leur cabine.

En 1965, Komarov est nommé Chef du groupe de cosmonautes qui va apporter ses recommandations aux techniciens chargés de la mise au point du nouveau vaisseau Soyouz qui doit survoler la Lune (Programme L1), puis se mettre en orbite lunaire avec le module d’atterrissage (Programme L3). Il se distingue lors de l’entraînement en vue de la nomination du pilote du 1er Soyouz. En 1966, Komarov est sélectionné et Gagarine devient sa doublure. Il est désigné Chef du Département Ingénierie à la Cité des Etoiles et il supervise également l’édition d’articles et de livres sur la cosmonautique à l’agence de presse Novosti pour qui il rédige aussi des chroniques sur le sujet.

Du 23 au 24 avril 1967, à bord de Soyouz 1 (6,45 tonnes/6,98 mètres, hauteur identique à celle du module lunaire américain), Komarov réalise son 2° et dernier vol autour de la Terre en 1 j 2 h 47 mn. Il est le premier Soviétique à effectuer une deuxième mission et c’est le premier lancement de nuit. Komarov doit s’amarrer le lendemain au Soyouz 2 commandé par Bykovsky, puis accueillir après leur sortie spatiale, Khrounov et Elisseiev, simulant ainsi une phase du vol lunaire.

 Mais cette répétition ne peut pas avoir lieu car dès la mise en orbite, Komarov signale " Les conditions sont mauvaises. Le panneau solaire gauche n’est pas déployé. La charge électrique n’est que de 13 à 14 ampères. Les communications par ondes courtes ne marchent pas. Je ne peux pas orienter le vaisseau vers le Soleil. J’ai essayé de l’orienter manuellement en utilisant les moteurs de contrôle d’attitude mais la pression dans les réservoirs est tombée ". La dissymétrie causée par le blocage du panneau solaire gauche empêche en effet l’orientation vers le Soleil du panneau solaire droit. Sans batterie solaire, Komarov est obligé d’éteindre les systèmes non essentiels pour économiser les batteries classiques qui vont s’épuiser dans vingt-quatre heures. Le lancement de Soyouz 2 est donc annulé.

Komarov communique difficilement par ondes ultra-courtes et le système de régulation thermique de la cabine ne fonctionne plus. Pour revenir sur Terre, il doit orienter d’abord le Soyouz, avant la désatellisation. Mais le senseur optique solaire et stellaire chargé de ce positionnement est hors de service car il a été contaminé par les gaz d’éjection des moteurs. Komarov tente alors une orientation manuelle avec le senseur optique de l’horizon terrestre mais la luminosité est insuffisante du côté nuit de la Terre, survolé par le Soyouz.

Il essaie ensuite avec les senseurs ioniques mais il n’y a pas assez d’ions détectés dans l’ombre de la Terre. Il reste en définitive une procédure qui n’a pas été enseignée aux cosmonautes : orienter le vaisseau en utilisant le périscope braqué sur la Lune éclairée par le Soleil. Pour la mettre en application, une série très complexe d’opérations doit se dérouler et les spécialistes craignent que Komarov n’ait pas le savoir-faire et le temps d’exécuter les instructions que Gagarine lui transmet. Komarov démontre alors sa compétence, sa rapidité et son sang-froid, en réalisant à la perfection le programme. Il réussit à orienter correctement le Soyouz avant la mise à feu des rétrofusées.

La rentrée qui ne peut être que balistique, se déroule normalement jusqu’à 7 km d’altitude. A ce moment-là, le parachute de freinage se déploie mais il ne peut pas extraire le parachute principal bloqué dans son logement. Le parachute de secours est alors actionné mais son ouverture est gênée par le parachute de freinage qui ne s’est pas détaché comme prévu. Le Soyouz tombe et s’écrase au sol à 144 km /h, provoquant la mort de Komarov. La rapidité de la chute empêche le largage du bouclier protégeant les moteurs-fusées de freinage qui explosent lors de l’impact, enflammant le Soyouz. Le retour anticipé et tragique du regretté Komarov sauve la vie de Khrounov et d'Elisseïev qui devaient passer dans Soyouz 1 et de Bykovsky resté dans le Soyouz 2 dont le compartiment des parachutes présente le même défaut que celui de Soyouz 1.

Publié dans cosmonautes

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