Alexei Leonov

Publié le par jijiaile


Le 11° cosmonaute, Alexei A. Leonov,
est né le 30 mai 1934 à Listvianka (Terre) dans un village de Sibérie centrale où la température en hiver peut descendre jusqu’à - 50° C. Quand il sera plus grand, Alexei veut s’occuper des animaux et entretenir les arbres de la forêt qu’il explore, en cachette de ses parents. Plus tard, il fait l’admiration de son entourage, de ses maîtres d’école et de ses professeurs, lorsqu’il leur présente ses dessins et ses peintures. Il va notamment croquer les personnages des contes de Charles Perrault, puis ceux des romans de Jules Verne qu’il dévore.

Il se rend dans les hôpitaux pour passer un moment avec les blessés de la deuxième guerre mondiale dont il fait les portraits et, à chaque déménagement, il s’empresse de peindre les nouveaux paysages. Alexei va aussi se passionner pour l’aviation, en commençant par construire des modèles réduits avec ses copains collégiens, en discutant avec son frère aîné, mécanicien en aéronautique, et en fréquentant son voisin militaire dans son bel uniforme d’aviateur. A la fin de ses études secondaires, il souhaite devenir artiste professionnel, mais l’Académie des Beaux-Arts de Riga où il veut s’inscrire, ne possède pas d’internat et le prix d’un loyer en ville, est trop élevé.

En 1953, Leonov décide donc de s’engager dans l’Armée de l’Air. Il ne renonce pas pour autant à la peinture, car il va avoir la possibilité de suivre des cours du soir dans les villes proches des bases où il est envoyé. Il rentre à l’école préparatoire de Kremintchoug en vue d’apprendre à piloter sur des avions d’entraînement Yak-11 et Yak-18. Il est admis en 1955 à l’école supérieure de Tchougouyev, pour terminer son apprentissage sur des Yak-11 et prendre les commandes des avions de chasse MiG. Deux ans plus tard, il reçoit son diplôme en aéronautique et, après avoir été affecté dans divers régiments comme instructeur parachutiste et de combat, il retourne à Kremintchoug.

En 1958, il réussit à poser son MiG alors qu’il aurait pu s’éjecter en parachute, après la défaillance des circuits électriques de son appareil. Cet exploit est signalé par son colonel, à un médecin militaire qui fait le tour des bases aériennes, à la recherche de pilotes qui ont fait preuve de sang-froid et qui sont intéressés pour devenir cosmonaute. Leonov accepte avec enthousiasme la proposition qui lui est faite et attend qu’on le contacte à nouveau.

Il est muté en 1959, en Allemagne de l’Est d’où il est rappelé d’urgence pour se rendre à Moscou, afin de subir des examens médicaux et des tests. Dans le centre, il aperçoit un jeune homme en train de lire " Le vieil homme et la mer " d’Hemingway : c’est Gagarine avec qui il va sympathiser immédiatement. Il est reçu ensuite par le médecin militaire rencontré à Kremintchoug qu’il va remercier chaleureusement car sans lui, il ne serait pas devenu cosmonaute. On lui avait signalé que Leonov était mort, mais il ne l’avait pas cru et avait poursuivi ses recherches pour le retrouver. Le disparu était un homonyme qui portait le même nom et prénom que lui.

En mars 1960, Leonov est admis à l’âge de 26 ans dans le 1er groupe des vingt cosmonautes. Il est jovial et spirituel, sociable et énergique. Il aime la peinture et la poésie, le théâtre et le cinéma, la voile et le cyclisme, la natation et le ski nautique, l’escrime et le volley. Il va écrire et illustrer le journal satirique des cosmonautes " Neptune ".

Leonov est aussi un trompe-la-mort. Lors d’un vol d’entraînement à bord d’un MiG-21, il doit s’éjecter de son appareil en panne et ne peut ouvrir son parachute qu’à 38 m du sol sur lequel il atterrit brutalement, avec seulement quelques os brisés. A l’occasion d’un essai du siège éjectable du Vostok, il est contraint durant sa chute, de tordre une barre de métal pour libérer la sangle qui l’empêche de s’éjecter en parachute. Un jour, le taxi dans lequel il se trouve avec sa femme Natacha, quitte la route et tombe dans un étang gelé dont la glace commence à se briser sous le poids de la voiture. Il réussit à sortir, puis monte sur le toit, enlève sa veste, ses chaussures et plonge pour sauver son épouse et le chauffeur.

Par deux fois, Leonov espère être retenu pour son premier vol dans l’Espace. Il s’entraîne d’abord pour la désignation du pilote de Vostok 5 de juin 1963, mais c’est Bykovsky qui est choisi. Il poursuit sa formation en vue d’une affectation sur une des missions Vostok 7 à 10, mais elles vont être annulées en février 1964 pour laisser la place au programme Voskhod. Il commence alors un entraînement commun pour la sélection du premier piéton l’Espace et il est enfin nommé en juillet 1964.

Du 18 au 19 mars 1965, Leonov effectue à bord de Voskhod 2 (5,68 tonnes/5,42 mètres), sa 1ère mission d’1 j 2 h 02 autour de la Terre, en compagnie de Belaïev. C’est le premier vol d’un équipage de deux cosmonautes et à une altitude record de 475 km.

Une fois en orbite, il se glisse dans le sas pour sortir dans le vide " comme un bouchon de sa bouteille " et devenir pendant 12 mn, le 1° homme à marcher dans l’Espace. Il voit la gigantesque courbure de la Terre et le signale à Belaïev : " Pavel ! Pavel ! Elle est ronde ". Un rire étouffé lui répond. De suite, il éprouve " un sentiment de légèreté, de liberté, rien que des sensations agréables ". Belaïev doit lui répéter à deux reprises qu’il est temps de rentrer. Il a cependant l’impression que les doigts de ses mains et de ses pieds ont rétréci, à l’intérieur de ses gants et de ses bottes. Leonov constate alors que son scaphandre, au contact du vide, s’est dilaté. Il espère qu’il peut entrer dans le sas, par les pieds comme prévu.

Malgré ses efforts, il n’y arrive pas. Ses yeux sont remplis de sueur et la buée commence à recouvrir sa visière. Il décide alors de rentrer la tête la première, mais le reste de son corps ne suit pas. Il prend la décision, nécessaire mais dangereuse, de baisser la pression, en manoeuvrant une valve pour diminuer le volume de sa combinaison spatiale. Elle descend de 0,40 à 0,25 atmosphère qui est la limite de sécurité, avant l’asphyxie.

C’est encore insuffisant pour pénétrer dans le sas. Alors Leonov, grâce à sa force musculaire et sa détermination, va réussir l’impossible. Il retourne ensuite dans la cabine, épuisé, avec un cœur aux 143 battements par minute, une respiration deux fois plus élevée que la moyenne, une température de 38° C et un corps mouillé par la transpiration. Une fois reposé, il immortalise sur son bloc de dessin et avec ses crayons, sa sortie dans l’Espace.

Puis, les cosmonautes constatent que l’atmosphère de nitrogène et d’oxygène s’échappe lentement, car l’écoutille ne s’est pas refermée hermétiquement. La perte est compensée automatiquement par un complément d’oxygène si important qu’une étincelle sur un circuit électrique peut provoquer une explosion. Belaïev parvient heureusement à équilibrer la composition de l’air. L’éjection du sas va accélèrer la rotation du Voskhod qui est corrigée avant le retour, pour économiser le carburant du contrôle d’attitude. Lors de la 13° orbite, la pression dans les réservoirs d’air chute de 75 à 25 atmosphères et ne descend pas davantage.

 A la 17° orbite, le système d’orientation automatique, chargé d’aligner le Voskhod avant l’allumage des rétrofusées, tombe en panne, mais au cours de la 18° orbite, Belaïev réussit une rentrée manuelle qui va décaler de 370 km, le site d’atterrissage. Peu après, le module de service ne se libère pas de suite de la cabine qui va alors prendre une trajectoire très raide de rentrée. Le parachute s’ouvre et le Voskhod se dirige vers une forêt de l’Oural, en Sibérie. Il passe par bonheur entre deux sapins et atterrit sur la neige.

Les cosmonautes évacuent la capsule en forçant la trappe, bloquée par une grosse branche. Leonov expédie un message en morse qui est capté par un avion cargo, puis retransmis. Quatre heures plus tard, le pilote d’un hélicoptère aperçoit le parachute déployé sur la cime des arbres et les deux hommes remuant les bras. Revêtus d’un lourd et rigide scaphandre, ils refusent d’emprunter la fragile échelle de corde jetée depuis l’appareil. Un second hélicoptère largue ensuite un paquet contenant des bottes fourrées et un autre renfermant des vêtements chauds qui s’accroche aux branches.

Pour se protéger du froid, les deux cosmonautes essaient alors sans succès, de faire descendre le parachute. Les secouristes débarqués d’un hélicoptère cinq kilomètres plus loin et ceux à bord de véhicules tout terrain, ne trouvent pas Belaïev et Leonov avant la tombée du jour. Ils s’abritent donc dans le Voskhod pour supporter une nuit glaciale, souvent réveillés par le hurlement des loups. Au matin, un hélicoptère survole le site et repère un cosmonaute qui brise des branches, tandis que le second s’apprête à les brûler. Dans la journée, Belaïev et Leonov voient enfin venir deux équipes de secours avec qui ils passent la nuit dans une hutte assemblée près d’un feu. Le lendemain, ils parcourent 9 km en ski avec les secouristes, pour rejoindre un hélicoptère M-4 qui va les amener à un aérodrome d’où ils décollent en direction de Moscou.

Après son vol, Leonov commence au début de l’année 1966, ses cours d’ingénieur en aéronautique à l’Académie de l’Armée de l’Air Joukovski de Moscou (qu’il termine en 1968) et, dès avril, il débute son entraînement pour les vols lunaires. Au cours de ce mois, il est invité à Paris par les Editions Hachette à l'occasion du centième anniversaire de la publication des premiers "Voyages fantastiques" de Jules Verne. En décembre de la même année, il s'arrête une journée à Paris avant de s'envoler pour le Chili. Il en profite pour assister à la projection du film "La Bible", avant d'admirer trois heures durant l'exposition Picasso.
En février 1968, il est sélectionné en tant que commandant d’une des trois missions de survol de la Lune (Programme L1). Un soir de juin, Leonov quitte la Cité des Etoiles au volant de sa Volga, pour aller faire un tour à Moscou, mais à 23 heures, il accroche avec sa voiture, un car de touristes italiens. Kamanine, le Directeur des Equipages, lui fait remarquer qu’à cette heure-là, il aurait du se trouver dans son lit, comme l’exige le règlement pour tout cosmonaute retenu pour un vol.

En juillet, Leonov postule pour le poste de Commandant des cosmonautes, mais Kamanine refuse sa candidature, en lui rappelant son infraction aux consignes. En septembre, Zond 5 (Soyouz inhabité) effectue le remarquable premier aller-retour Terre-Lune, avec survol du satellite. Le même mois, la Commission de sélection constitue les équipages du programme L1 : Bykovsky et Roukavichnikov, Leonov et Makarov, Popovitch et Sevastianov, tous retenus aussi pour les atterrissages sur la Lune (Programme L3). D’entrée, Michine, le Chef du programme spatial, souvent critiqué par Leonov, avertit le cosmonaute qu’il ne le soutiendra pas pour faire partie du premier vol vers la Lune et Kamanine de son côté, lui précise que l’équipage de Bykovsky, est favori. Le choix définitif de la Commission doit cependant intervenir peu avant le lancement.

A la fin du mois, Leonov heurte à nouveau un bus, avec sa Volga. Kamanine lui interdit alors de conduire pendant six mois et lui dit avec ironie qu’il doute de sa compétence comme pilote spatial, vu qu’il est un mauvais conducteur sur terre. En octobre, Soyouz 3, le 1er vaisseau modifié après le vol tragique de Soyouz 1, est mis en orbite, avec Beregovoï. Leonov et d’autres cosmonautes demandent alors que le 1er survol lunaire ait lieu le mois suivant, avant le départ d’Apollo 8 en décembre. Mais Michine veut deux succès consécutifs de Zond, en novembre et en décembre, avant le vol habité prévu en février-mars 1969.

En novembre, Zond 6 part effectuer un second aller-retour Terre-Lune, mais le vaisseau se dépressurise, entraînant l’ouverture prématurée des parachutes de la cabine qui se pose si durement qu’un équipage à bord, aurait été tué. Le lancement du 6 décembre d’un Zond, est donc reporté et Apollo 8 s’envole avec succès vers la Lune, le 21 décembre. On décide néanmoins de préparer un autre survol lunaire. Le 20 janvier 1969, la fusée Proton porteuse du Zond décolle et se désintègre devant Bykovsky qui assistait au départ.

Deux jours après, Leonov manque de perdre la vie. Parti pour assister au Kremlin à la cérémonie de réception des cosmonautes de Soyouz 4 et 5, la voiture officielle, à bord de laquelle ont pris place également Valentina Terechkova et Beregovoï, est criblée de balles par un homme déguisé en policier. Il pensait que c’était le véhicule du dirigeant politique Brejnev, se dirigeant vers le Kremlin, mais celui-ci avait pris un autre trajet au dernier moment. Après l'échec du dernier tir d'un Zond, les autorités politiques décident l’arrêt du programme L1. Leonov va alors intervenir en haut lieu, pour que le programme se termine avec honneur, en utilisant les deux derniers Zond disponibles. On lui promet d’autoriser le lancement d’un dernier Zond inhabité, avant l’envoi d’un Zond piloté par lui-même et Makarov.

Mais après l’atterrissage sur la Lune d’Apollo 11 le 20 juillet 1969, le programme L1 de survol lunaire est définitivement abandonné, à la grande déception de Leonov (Zond 7 et Zond 8 sont lancés en août 69 et octobre 1970, sans cosmonaute à bord). Il espère malgré tout pouvoir se poser sur la Lune. Mais le programme L3 débute par deux échecs. Le 21 février 69 et le 3 juillet 69, les fusées géantes N-1 explosent lors du départ. Dans l’attente de la résolution des problèmes, il est transféré en mai 1970 sur le programme de stations orbitales Saliout. Il ne va pas reprendre l’entraînement sur les vols lunaires, car le programme L3 est annulé, après les nouveaux échecs en juin 1971 et en novembre 1972 de la N-1 et la fin du programme Apollo en décembre 1972. C’est la deuxième grande déception du cosmonaute qui a " passé les meilleures années de sa vie sur le programme lunaire ".

Leonov est alors nommé commandant de Soyouz 11 pour la 2ème occupation de la station Saliout 1, mais lors d’un examen médical, Koubassov, atteint d’une infection pulmonaire, est exclu de son équipage et Volkov prend sa place. Finalement, Leonov et le 3ème membre Kolodin sont eux aussi remplacés, les médecins craignant une contagion. Les doublures Dobrovolsky, Volkov et Patsaïev décollent donc le 6 juin 1971 pour séjourner pour la première fois à bord d'une station, car l'équipage de Soyouz 10 n'a pas pu pénétrer dans Saliout 1. Ils reviennent sans scaphandre le 30 juin, malheureusement décédés à bord de leur Soyouz 11, dépressurisé au cours de la rentrée.

 Le lancement de Soyouz 12, occupé par Leonov et son équipage en bonne santé, est reporté (Koubassov souffrait en réalité d’une infection causée par la respiration d’un insecticide répandu sur les arbres de Baïkonour). Un an après, Leonov et Koubassov revêtus maintenant d’une combinaison spatiale, se préparent à rejoindre une autre station Saliout. Mais elle se désintègre lors de l’échec au lancement de la fusée Proton, le 29 juillet 1972. Près d’une autre année s’écoule et, pour la quatrième fois, Leonov et Koubassov s’apprêtent à décoller pour s’amarrer à une station Saliout, mise en orbite le 11 mai 1973. Elle va porter le nom de Cosmos 557 et rentrer dans l’atmosphère onze jours plus tard, après une perte de carburant et du contrôle d’attitude.

Si le destin ne veut pas que Leonov parte vers la Lune et occupe une station orbitale, du moins il est d’accord pour qu’il participe à une mission historique, celle de la rencontre entre un vaisseau soviétique et un vaisseau américain, concrétisation des réunions entre les deux pays depuis octobre 1970. Leonov et Koubassov sont nommés deux jours après l'échec de Cosmos 557, pilotes du Soyouz 19. " Mais je ne parle pas anglais " rappelle Leonov à Chatalov, le nouveau Directeur des équipages, qui lui répond : " Tu as deux ans et deux mois pour l’apprendre ". De leur côté, les astronautes américains vont étudier le russe et chaque équipage va s’entraîner à plusieurs reprises, dans l’autre pays. Auparavant, le 25 mai 1973, Leonov et ses collègues Koubassov, Chatalov, Elisseïev, Filiptchenko rencontrent au Salon Aéronautique et Spatial du Bourget les astronautes américains Stafford, Cernan, Schmitt et Evans.

Du 15 au 21 juillet 1975, Leonov réalise à bord de Soyouz 19 (6,18 tonnes/7,48 mètres), sa 2° et dernière mission d’une durée de 5 j 22 h 30 en orbite terrestre, en compagnie de Koubassov, pour le premier amarrage avec une cabine Apollo occupée par Stafford, Slayton et Brand, dans le cadre du programme ASTP (Apollo Soyuz Test Project). La rencontre a lieu le 17 juillet. " Bien joué Tom, c’est du beau travail ! " lance Leonov à Stafford qui dirige l’opération. Les écoutilles entre les deux engins et le module de jonction fixé sur Apollo, s’ouvrent et les quatre transferts d’équipages peuvent avoir lieu.

 Leonov va passer ainsi un total de 5 h 43 mn, côté américain. Un collègue sur Terre lui fait part d’un message : " Ta femme Natacha s’inquiète pour toi ". Il la rassure : " Ce n’est vraiment pas la peine, je suis très bien ici  ". Des expériences scientifiques communes se déroulent ainsi que des repas collectifs. Lors d’une conférence de presse, un journaliste demande à Leonov ce qu’il pense de la nourriture américaine. " Comme l'a dit un philosophe, l’important, ce n’est pas ce que vous mangez, mais avec qui vous mangez " lui répond le cosmonaute.

Il va faire une surprise à ses collègues américains, particulièrement à Slayton à qui il a promis, dix ans plus tôt au congrès d'astronautique d’Athènes, de trinquer un jour avec lui à bord d’un vaisseau international. Il leur présente des tubes qui portent l’étiquette " Vodka " que les Américains ne veulent pas prendre, car l’alcool est interdit. Devant l’insistance de Leonov pour qui la tradition russe doit être respectée, ils les ouvrent et se rendent compte que l’intérieur contient …de la soupe.

Pendant la cohabitation, l’artiste cosmonaute offre à chaque astronaute, son portrait crayonné pendant les séances d'entraînement. La première séparation intervient le 19 juillet après un amarrage de 43 h 53 mn. Les deux cabines volent en formation pendant 30 mn, à 50 m l’une de l’autre, puis un second amarrage a lieu sous la conduite de Leonov qui éprouve des difficultés pour aligner son Soyouz sur le module d’accostage d’Apollo. Lors de l’opération, le vaisseau soviétique se met à tanguer pendant une quarantaine de secondes, puis se sépare du vaisseau américain après 3 h 54 mn. Le Soyouz 19 se pose et Leonov va écrire à la craie le mot " merci " sur sa coque.

En mars 1976, Leonov est nommé Commandant des cosmonautes. Arrivés en septembre 1980 à la Cité des étoiles pour s'entraîner au premier vol d'un Français, Jean-Loup Chrétien et Patrick Baudry vont beaucoup apprécier les visites amicales de Leonov dans leur appartement. Il est, pour eux, un homme sur qui on peut compter pour régler les problèmes du quotidien. En janvier 1982, il devient Directeur-adjoint de la Cité des Etoiles, chargé de la formation des occupants des stations Saliout 7 et Mir.

En septembre 1991, Leonov est obligé de quitter ses fonctions, atteint par la limite d’âge fixée par la nouvelle administration russe. Il prend la présidence de l’American Alpha Capital Investment Corporation de Moscou et continue à se passionner pour la peinture. Membre de l’Union des Artistes, ses œuvres sont exposées ou reproduites sur des timbres et il va écrire des livres d’art, en collaboration avec le peintre Sokolov. 
Leonov va se réjouir de voir la reprise de la coopération entre la Russie et les Etats-Unis, vingt ans après son vol Apollo-Soyouz. Neuf amarrages des navettes américaines à la station russe Mir sont effectués entre juin 1995 et juin 1998 avec des séjours prolongés d'astronautes américains à son bord. En décembre 2000, il est heureux d'assister à une troisième étape : le début de l'occupation permanente de la station internationale Iss par des équipages russo-américains.

Publié dans cosmonautes

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